22e Festival de musiques du monde Fiest’A Sète, du 21 juillet au 7 août : extase en vue

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Rythmes chaloupés ou effrénés, rencontres magiques, presque mystiques… chaque année, le festival Fiest'A Sète ravit les spectateurs par la qualité et la convivialité de ses concerts. Découvrez la programmation de ce festival haut en couleurs et en sonorités…

Les artistes s’invitent souvent mutuellement à partager la scène dans des soirées estivales, créant des rendez-vous mythiques. Des concerts des années précédentes, on se souvient « du grand moment de complicité entre Taj Mahal et Bassekou Kouyaté, Manu Dibango invitant Hugh Masekela, Lili Boniche et Idir, la nuit Ethiopiques avec Mahmoud Ahmed et Alémayèhu Eshèté, Yael Naim et Ibeyi, Omara Portuondo & Diego el Cigala rejoints par Yilian Cañizares, Oumou Sangare par Fatoumata Diawara & Hindi Zahra ou encore Eliades Ochoa et Roberto Fonseca », rappelle José Bel, directeur artistique du festival…

Quant au cru 2018, l’organisation Métisète affirme : « Combinaison savante de valeurs sûres (Toto la Momposina, Dee Dee Bridgewater), de trésors exhumés (Las Maravillas de Mali, Mahmoud Ahmed) et d’affriolantes promesses (Delgrès, Mélanie de Biasio, Meridian Brothers, Gili Yalo), cette 22e édition de Fiest’A Sète maintient le cap de l’exigence et de la découverte pour une croisière farouchement éclectique, avec pour seul passeport la passion de la fête partagée et de toutes les altérités. Tout cela dans le cadre idyllique du Théâtre de la Mer à Sète, et des communes bordant l’étang de Thau. Alors, n’hésitez pas : embarquez avec nous ! Vous ne le regretterez pas… »


Quant à la formule, elle ne change pas : des concerts gratuits organisés dans les villes du bassin de Thau en juillet céderont ensuite la place aux concerts payants, qui se tiendront tous au Théâtre de la Mer, à Sète. Pensez à vous procurer dès à présent vos billets pour les concerts payants !

Notez que l’Hérault Juridique & Economique est partenaire presse de ce festival depuis de nombreuses années.

Voici la programmation commentée par l’équipe de Métisète, qui organise le festival… 

Concerts payants programmés au Théâtre de la Mer, à Sète

Mercredi 1er août : Noche de Colombia

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Meridian Brothers © Juan Camilo Montanez

Meridian Brothers. Eblis Alvarez et ses Meridian Brothers ouvrent le champ de leurs explorations à la nueva cancion argentine, à la tropicalia brésilienne, au huayno péruvien, au boogaloo caribéen. Les cavalcades rythmiques zébrées de synthés vintage, de guitares fuzz et de voix trafiquées cohabitent désormais avec des chansons aux accents plus lyriques, enrobées de cordes somptueuses.

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Toto la Momposina © Josh Pulman.

Totó la Momposina. Vibrante, la cumbia demeure profondément enracinée dans le rivage Caraïbe de la Colombie. Toto incarne mieux que quiconque cette musique séculaire, métisse, aux influences africaines et amérindiennes. Dépouillement orchestral, dimension sociale et rapport au corps et au sacré, tel est le credo de la diva depuis qu’elle a entrepris, dans les années 60, de préserver et diffuser cette riche tradition. Une voix (et quelle voix !), des tambours, des flûtes gaïtas, quelques cuivres, à l’occasion, et surtout, des histoires à raconter et à danser, comme elle l’a appris, petite fille. Evocation de la dure condition des pêcheurs et des paysans ou transe rituelle destinée à accueillir la lune et l’offrir au soleil : c’est toujours la vie que célèbre avec ardeur la cantadora de Mompos.

Jeudi 2 août : 20 ans d’Ethiopiques

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Gili Yalo © Michael Topyol.

Gili Yalo. Israélien d’origine éthiopienne, Gili Yalo a été découvert lors des dernières Transmusicales de Rennes. Sa famille et lui ont fui la famine éthiopienne à travers le désert soudanais, avant d’être secourus et évacués en Israël. Les Yalo appartiennent en effet à la communauté Beta Israël, ces juifs africains stigmatisés jusqu’en terre promise, comme l’ont démontré de récentes tensions sociales. Celles là-même qui ont éveillé en lui le désir de renouer avec une identité culturelle longtemps reniée, par souci d’intégration. Ce sera d’abord la langue, l’amharique, greffée sur ses chansons reggae. Suivra la redécouverte de l’éthio-jazz et de son âge d’or, aujourd’hui prisé et adopté par toute une génération de jeunes musiciens du monde entier. Il s’approprie désormais cette musique, en adopte les codes et les structures, tout en lui injectant sa fougue et son vécu. Épaulé par le producteur et guitariste Uri Brauner Kinrot, artisan d’un son chaud, vintage et délicieusement psyché, Yalo présente un premier album gorgé de soul, qui propulse définitivement l’éthio-jazz dans le XXIe siècle.

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Eténèsh Wassié © Christophe Mevel.

Mahmoud Ahmed, Eténèsh Wassié, Girma Bèyènè & Akalé Wubé. Fiest’A Sète célébrera cette année le vingtième anniversaire de ce qui demeure une (re)découverte majeure : celle des trésors éthiopiens des années 60 et 70. Impossible aussi de se passer pour l’occasion de l’emblématique Mahmoud Ahmed, incroyable vocaliste à l’énergie débordante dont les mélopées envoûtantes ont converti des centaines de jeunes musiciens, de Tel-Aviv à L.A. via Londres et Genève. Akalé Wubé (« beauté de l’âme » en amharique) est de ceux-là. Les cinq jazzmen parisiens officieront en backing band de la soirée, comme ils l’ont fait l’an dernier en studio avec Girma Bèyènè pour l’enregistrement du trentième volume (le dernier en date) de la collection. Ce discret pianiste a jadis largement contribué à forger le son originel du « Swinging Addis », tantôt comme compositeur, arrangeur ou sideman, mais toujours dans l’ombre… Éténèsh Wassié appartient à la génération suivante et perpétue quant à elle la tradition azmari, art vocal séculaire (proche de celui de nos troubadours) où les femmes ont toujours eu toute leur place. Autant dire que cette soirée devrait s’avérer riche en émotions, en dépaysement, et en découvertes enchanteresses.

Vendredi 3 août :  Divas du monde

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Zara McFarlane © Adama Jalloh.

Zara McFarlane. S’il fallait donner un visage au jazz vocal du XXIe  siècle, celui de Zara McFarlane conviendrait à merveille. La jeune Londonienne d’ascendance jamaïcaine, fortement imprégnée de « musiques urbaines », diplômée des meilleures écoles, est pareillement attachée au patrimoine américain, à ses racines caribéennes et au son de son époque. Dès ses débuts discographiques en 2010, elle s’est montrée aussi à l’aise dans l’interprétation de standards que dans l’écriture de ses propres compositions. Entourée de musiciens issus comme elle du collectif-école Tomorrow’s Warriors (émanation des Jazz Warriors des années 80/90), Zara combine un vocabulaire jazz parfaitement maîtrisé avec les rythmes jamaïcains (reggae, mento, nyabinghi) de ses aïeux. Le tout servi par une voix d’une étincelante clarté et une sensibilité très soulful que sollicitent régulièrement les DJ britanniques et la scène électro européenne.

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Melanie de Biasio © Jerome Witz.

Melanie de Biasio. (Elle est la surprise de ce festival, NDLR).  « No Deal », annonce-t-elle d’emblée dans le titre d’un album qui en 2013, a subjugué le monde de la musique. Comment ne pas se sentir inspiré par ce refus exemplaire des compromis et des carcans ? Pour autant, une artiste sans connexion directe avec un quelconque « folklore » lointain a-t-elle sa place dans notre programmation ? Mille fois oui. Et la raison du cœur suffirait amplement, s’il en fallait une. La présence scénique habitée de Mélanie fait battre le nôtre à tout rompre. Elle pratique une musique de nulle part, de partout, hors du temps, capable de suggérer subtilement mille ailleurs, sans jamais donner l’impression (c’est rare) de piocher dans les rayons d’un magasin de produits exotiques. Une musique d’au-dessus du monde, toute en imprécations murmurées, en tourbillons intimes, en vertiges silencieux, en nuées orageuses, en craquements secs ; un chant de l’éther et des gouffres, sans apprêt ni fioritures ; un chant d’après le rêve, âpre et minimaliste. Et puisqu’il faut bien quelques repères plus tangibles, lâchons les mots jazz, blues, working songs…

Samedi 4 août :  Memphis soul & blues

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Free River © Grégoire Edouard.

Free River.  Tout le monde connaît les standards du Negro Spiritual que sont Amazing Grace ou Nobody knows the trouble I’ve seen. Mais l’interprétation qu’en livre Free River est proprement sidérante de classe et d’inventivité. Ce projet est né de la rencontre entre la chanteuse Emma Lamadji (qui s’est illustrée au sein de nombreuses formations gospel, soul et afro-funk ou aux côtés d’Eric Bibb et Oumou Sangaré) et le guitariste et arrangeur Matia Levréro, partisan d’une ouverture tous azimuts qui lui permet de piétiner joyeusement les frontières musicales. Les délicats entrelacs de guitare et de vibraphone (Samuel Mastorakis) et le groove basse batterie tout en retenue (Joan Eche Puig et Maxime Rouayroux) font à la voix d’Emma une parure légère, diaphane. Le quartet tisse un canevas contemplatif, une matière sonore aux ondulations rêveuses qui épouse les modulations vibrantes de la chanteuse et accompagne subtilement ses variations d’intensité. Les musiciens expriment une sensibilité rare, laissant poindre leurs influences jazz, pop, afrobeat, blues. Le résultat s’apparente à un crossover plein de fraîcheur et d’originalité qui séduira les puristes autant que les amateurs de musiques du monde et les fans de Radiohead.

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Dee Dee Bridgewater.

Dee Dee Bridgewater. On ne présente plus la diva jazz héritière d’Ella et Billie, ses scats spectaculaires, son tropisme africain (l’album Red Earth, hommage à la musique de ses ancêtres maliens), son compagnonnage artistique avec les légendes Sonny Rollins, Dizzy Gillespie, Horace Silver, Dexter Gordon ou Max Roach, sa collection de Grammy, sa francophilie… Il est temps de redécouvrir la soul sista que Dee Dee n’a jamais cessé d’être. La chanteuse native de Memphis a décidé de renouer avec la Deep Soul de son enfance, celle que jouait son DJ de père à la radio, celle qui a intronisé Memphis capitale de la Great Black Music, grâce notamment au mythique label Stax. C’est dans ces lieux chargés d’histoire et d’intenses vibrations qu’elle a souhaité revisiter les tubes de BB King, Otis Redding, Al Green, Staple Singers, Ann Peebles ou Gladys Knight. Bridgewater nous offre ainsi un paquet de madeleines à la saveur incomparable, un bouquet de fleurs au charme vénéneux ; un précipité de R&B ouaté et de blues tempétueux, nimbé d’orgues onctueux brassant l’air comme des pales de ventilateur, de trémolos de guitare faisant surgir des mirages de l’asphalte, servi par une voix plus soulful que jamais. Le son est aussi rond, chaud et enveloppant qu’on pouvait le rêver (grâce à la production signée Kirk Whalum, originaire de la ville lui aussi), le swing tombe la veste et se change en groove torride. À la veille de célébrer cinquante ans de carrière, Dee Dee adresse ainsi une lettre d’amour à sa ville natale.

Dimanche 5 août : Fiesta afro-cubaine

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Pedrito Martinez au Detroit Jazz Festival.

The Pedrito Martinez Group.   L’histoire de Pedro « Pedrito » Martinez débute il y a quarante-cinq ans à Cayo Hueso, quartier populaire de la Havane. Le Palacio de la Rumba y accueille en permanence des musiciens attachés à la préservation d’une des formes les plus « africaines » de la musique cubaine. Spectateur assidu de ces répétitions, le jeune Pedrito entrevoit là une vocation. Refoulé aux portes des prestigieuses écoles de musique, faute de relations, il apprend dans la rue « ce qu’on ne peut apprendre ailleurs » et devient un as des congas et des tambours batá. Une tournée avec la jazzwoman canadienne Jane Bunnett lui offre en 1998 l’opportunité de se soustraire à la précarité et à la routine. Il s’installe à New York, où il se consacre avec acharnement à l’apprentissage des rythmes impairs et de la composition, intègre le groupe cosmopolite Yerba Buena et devient résident du club Guantanamera que fréquente le gratin musical de la Grosse Pomme. Martinez s’y impose rapidement comme LE percussionniste cubain qu’on s’arrache pour les sessions studio. Quincy Jones, Wynton Marsalis, Paul Simon ne tarissent pas d’éloges, la presse est à l’unisson, les récompenses pleuvent. Il est donc temps pour lui de faire entendre sa propre voix (veloutée à souhait) et sa musique : un latin jazz singulier aux brisures rythmiques vivifiantes, aux accents guaguanco, blues, flamenco, pop ou timba, servi par un jeune quartet d’instrumentistes-vocalistes aux allures de street gang ; une musique urbaine débordante de chaleur, d’intensité et de feeling, taillée pour mettre les corps en mouvement. Caliente !

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Maravillas de Mali

Las Maravillas de Mali ft. Mory Kante. Voilà le genre d’histoire qui, depuis Buena Vista Social Club, ne cesse de nous émouvoir. En 1964, dix étudiants sont envoyés à Cuba par la toute jeune république du Mali, en vertu de l’exemple que constitue à tous égards le régime castriste. Objectif : former une élite nationale de musiciens. Les indépendances sont en effet célébrées sur les rythmes afro-cubains que reproduisent les orchestres locaux. Ainsi naissent à la Havane Las Maravillas de Mali. Un nom programmatique que ne tardent pas à honorer les jeunes Maliens, de l’avis même de leurs enseignants et de tous ceux qu’ils font danser aux quatre coins de l’île. De retour à Bamako sept ans plus tard, les voilà déchus et condamnés à l‘anonymat par le nouveau gouvernement autoritaire, alors que leur tube Rendez-vous chez Fatimata a fait d’eux des vedettes internationales. Il doit bien exister un proverbe africain qui illustre la dangerosité des liens entre art et pouvoir. Le leader Boncana Maïga devient en Côte d’Ivoire un musicien et producteur influent (Alpha Blondy, Africando) tandis que ses anciens partenaires poursuivent tant bien que mal l’aventure quelques années de plus. Le producteur Richard Minier entreprend dès 1999 de réunir les survivants pour un documentaire dans lequel Salif Keita, Toumani Diabaté ou encore Mory Kanté (aujourd’hui chanteur lead du groupe) payent leur tribut à la légende. Mais seul Boncana Maïga vit encore au moment de retourner dans les fameux studios Egrem de la Havane pour faire renaître un orchestre littéralement afro-cubain, désormais. Celui-là même qui ressuscitera avec émotion l’âge d’or de ces Merveilles du Mali…

Lundi 6 août : Funk, mambo, cha-cha et noix de coco

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Horndogz

Horndogz. Il fallait une bonne dose de flamboyance et de panache pour partager la scène, ce soir-là, avec l’énergumène Kid Creole. Aucune inquiétude avec ces chiens fous aux aboiements cuivrés ; un coup d’œil à leur pédigree suffit pour s’en convaincre : Eric « Shrizzadelic » Rohner (sax), Gilles « C-Freak » Garin (trompette) et Rico « Adiko » Kerridge (guitare) ont fait leurs armes chez la Malka Family, groupe pionnier du funk hexagonal, et se sont également illustrés au sein des Gréements de Fortune, formation en charge des intermèdes funky sur le plateau TV d’Ardisson. Ajoutons que la sonnerie de leur smartphone retentit chaque fois que Tony Allen, Juan Rozoff, Alpha Blondy ou Bibi Tanga ont besoin de faire groover une session studio. Et si ça ne suffisait pas, précisons que le trio tient son nom de baptême du bassiste Lige Curry avec qui ils ont partagé la scène pour une tournée au sein du backing band de George Clinton. Ce qui, de fait, les adoube comme membres de la galaxie Parliament/Funkadelic. Pas étonnant, donc, qu’au moment où ils ont entrepris d’élaborer leur propre projet musical, des invités de la trempe de Fred Wesley, Blitz the Ambassador, Michael « Clip » Payne ou le rappeur anglais Breis (parfois présent sur scène à leurs côtés) ne se soient pas fait prier. Du P.Funk pur jus aux détours vers le hip hop et l’afrobeat, nos trois cadors, soutenus par une redoutable section rythmique, soufflent sur scène une tornade irrésistible capable de transformer n’importe quels gradins en piste de danse survoltée.

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Kid Creole and the Coconuts.

Kid Creole & The Coconuts. Stylé ! Drôle d’entrée en matière, mais pour Kid Creole, le style est bien au cœur d’une démarche qui englobe, sans hiérarchie, musique, danse et visuel. Comme chez les orchestres de salsa et les big bands de jazz. En 1980, le distingué August Darnell adopte donc le look de Cab Calloway et des zoot suiters (cousins chicanos des zazous) pour réhabiliter ces trucs rétro que sont le calypso et le merengue et les badigeonner de funk, salsoul, reggae, disco, avec une sérieuse dose d’humour, d’esprit punk et de glamour. De Prince aux Belle Stars, la leçon sera retenue. Darnell concrétise cette idée folle avec sa compagne Adriana Kaegi et Coati Mundi, clown, arrangeur et directeur artistique. Deux choristes se joignent pour compléter The Coconuts, trio de blondes délurées en bikini pailletés. Hors de leur ville (NYC), l’Amérique goûte modérément ce cocktail tropical inclassable. Trop latino, ou trop ceci, ou pas assez cela, mais surtout trop éclectique pour une époque où les chapelles communautaires se dressent encore avec arrogance. Ça ne les empêchera pas d’aligner une salve de tubes planétaires et de conquérir l’Europe. Paris, capitale d’une sono mondiale balbutiante, s’enthousiasme pour ces hurluberlus francophiles (un de leurs premiers hits s’intitule Maladie d’amour, un autre, Dancing at the Bains-Douches). Accueilli ici en 2008, il nous avait subjugué. Gageons que la magie de la musique, du groove et du style, vrai credo du Kid, opérera cette fois encore.

Mardi 7 août :  De la Nouvelle-Orléans aux Caraïbes

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Delgres © Remy Solomon.

Delgres. Louis Delgrès demeure assez largement méconnu. N’allez pas chercher au sein du trio Delgrès ce Che Guevara antillais du XVIIIe siècle qui a combattu les royalistes, les Anglais et enfin, les troupes napoléoniennes venues rétablir l’esclavage dans les îles françaises de la Caraïbe. Mais pour Pascal Danaë, leader de Delgrès, il était important de se référer à cette figure héroïque inspirante, à ce jeune officier métis épris de justice et de liberté. Les libertés, Danaë en prend quelques-unes avec les traditions musicales de l’île de la Guadeloupe dont sont originaires ses parents. C’était le cas, déjà, avec Rivière Noire, précédent projet qui épousait les méandres du fleuve Niger et les volutes Songhaï. Avec Delgrès, impressionnant power trio de blues aride et caracolant où subsistent des traces de la transe électrique touarègue, il s’agit de connecter différents aspects de la créolité. Chacune des nombreuses communautés de « déracinés » peuplant aujourd’hui les Caraïbes et le continent américain a développé ses propres particularismes culturels et linguistiques qui n’ont pas effacé une histoire commune et un héritage africain indélébile. C’est ce que s’attache à démontrer Delgrès en joignant la langue créole et les pulsations telluriques du sousaphone (instrument emblématique des marching bands de Louisiane) au jeu de guitare slide du Mississippi blues, en un esperanto musical proche de celui que parlent les rues de la Nouvelle-Orléans. Cette mixture relevée comme un gombo réserve son lot de frissons enfiévrés et recharge le corps et l’esprit d’une énergie des plus positives.

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Dirty Dozen Brass Band © Chris Monaghan.

Dirty Dozen Brass Band. Leyla McCalla nous l’a rappelé l’an dernier encore : la Nouvelle-Orléans (NOLA) est, plus que toute autre, LA ville où la musique s’épanouit dans la rue. Né il y a 40 ans dans le populaire Faubourg Tremé, le Dirty Dozen tire son nom d’un Social and Pleasure Club. Ces institutions avaient jadis pour mission d’aider les familles les plus démunies, prenant en charge, par exemple, l’organisation d’obsèques où les fanfares jouaient des marches funèbres. Après la cérémonie, les musiciens restaient généralement dans la rue pour interpréter un répertoire plus gai, vif et dansant, car à NOLA, vie et mort sont célébrées dans un même élan. Ainsi est né le jazz, dit-on. Mais à la fin des années 70, cette tradition est sur le déclin, et le jazz s’est déjà diffracté en une multitude de formes modernes et inventives. Les fanfares n’ont alors de raison d’être que la joie pure d’une expression dont la popularité décroit, elle aussi. Un défi pour DDBB qui élabore son répertoire avec l’idée que funk, rock et R&B ont fait des cuivres les plus sûrs alliés du groove.Rapidement, DDBB incarne donc le renouveau des brass  bands. Et puis le choc post-Katrina impulse un élan vital décuplé. Après une épreuve – enterrement ou ouragan – la ville réclame toujours plus de force et de joie, sachant queseul le son de la rue peut les lui apporter. Et la formation emmenée par les pionniers Roger Lewis et Gregory Davis porte comme peu d’autres ce souffle et cette formidable énergie qui ont séduit des artistes de la trempe de Bowie, Rihanna, Dr John ou Norah Jones, excusez du peu…

Billet à l’unité / pass 3 ou 7 soirs en ligne sur www.fiestasete.com et dans les points de vente habituels

Concerts gratuits programmés dans les communes du bassin de Thau et à Sète

21 juillet à Poussan

Ethioda
Bamba Wassoulou Groove

22 juillet à Marseillan

Maa NGala
African Salsa Orchestra

26 juillet à Sète

Derya Yildirim & Grup Simsek

27 juillet à Sète

Tropical discoteq :
Emile Omar + guests

28 juillet à Balaruc-les-Bains

Who’s the cuban
Koko Dembele

29 juillet à Sète

Elektropik mix par le Radio Nova Crew

 

 

Billetterie

• Billet à l’unité : 28 € à 37 € (25 à 34 €*) selon les concerts
• Pass 3 soirs : 79 € (74 €*) : uniquement disponible auprès du festival, sur place ou au 04 67 74 48 44.
• Pass 7 soirs : 170 € (160 €*)
Pass dans la limite des quotas disponibles
Gratuité pour les enfants de moins de 10 ans accompagnés d’un adulte, un enfant par adulte.

* Tarifs adhérents à l’association Métisète

En ligne

www.fiestasete.com

Par téléphone

• Bureau du festival : 04 67 74 48 44
Paiement par CB
• Office de tourisme de Sète : 04 99 04 71 71

Sur place

• Bureau du festival : 2 quai Général Durand – Sète
• Office de Tourisme de Sète : 60 grand rue Mario Roustan – Sète
• Partout en France : FNAC, Carrefour, Géant et points de vente habituels

Plus d’infos et playlist sur : www.fiestasete.com

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