Les nouvelles expositions au Mac Lyon jusqu’au 7 juillet 2019

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Le musée d'art contemporain présente jusqu'au 7 juillet quatre nouvelles expositions avec pour fil conducteur : le son. Une sélection consacrée à l’expérimentation sonore depuis les années 1960.

Une nouvelle programmation qui va « faire du bruit »

Le musée ouvre sa saison avec Rainforest de David Tudor tout récemment acquise,  une œuvre sonore et un choix d’œuvres d’artistes de la collection tels que La Monte Young, Terry Riley… dans l’exposition Sounding New.

Au 2e étage, Maxwell Alexandre, l’artiste montant de la jeune scène brésilienne, présente pour sa première exposition monographique hors du Brésil un ensemble de grandes peintures inspirées du rap, tandis qu’une exposition d’un nouveau genre, intitulée Storytelling, invite 6 jeunes artistes à intervenir dans le musée, successivement et en présence du public, à partir d’un indice sonore.

Au 3e étage, Tal Isaac Hadad conçoit un projet performatif qui mêle massage et chanteurs lyriques.

Et en parallèle se développera un ensemble d’événements autour de la danse, du hip hop, de la vidéo, etc.

David Tudor Rainforest

Autour de Rainforest de David Tudor, tout récemment acquise, un choix d’œuvres sonores d’artistes de la collection, tels que La Monte Young, Terry Riley, Alvin Lucier…
De 1968, date à laquelle David Tudor écrit la première partition, à 1996, date de sa mort, David Tudorn’a cessé d’en reprendre et d’en réinterpréter le projet. Une unique partition engendre ensuite de multiples interprétations. Rainforest IV et V date de 1973 à 2015. David Tudor décide de céder au groupe l’interprétation de cette œuvre jouée un peu partout dans le monde. Ils s’intitulent Composers Inside Electronics et assurent la transmission de Rainforest sous le titre de Rainforest IV, à partir de 1981, date à laquelle est fixée la numérotation des dfférentes versions précédentes et suivantes. Rainforest V et ses variations successives fixent en installations pérennes les interprétations qui s’en suivent et qui, depuis la mort de Tudor, sont « jouées » par les Composers Inside Electronics.

Sounding New  jusqu’au 7 juillet 2019.

David Tudor & Composers Inside Electronics, Rainforest V (Varia on 2), 2015.

Maxell Alexandre

Il s’inspire de sa vie dans la favela Rocinha à Rio de Janeiro pour créer une œuvre narrative, complexe et engagée, dans un Brésil en tension. Il construit un univers singulier à partir d’œuvres à la fois fragiles et puissantes.
Inspirées de la peinture murale, de la musique rap et de sa pratique du roller qui a profondément influencé sa perception de l’espace urbain, Maxwell Alexandre capte l’énergie de la ville. Ses œuvres représentent le collectif et soulèvent de nombreuses problématiques sociales, culturelles et politiques.

Sur différents supports comme du papier brun, des portes et des cadres de fenêtres en fer, se dessinent des situations de la vie quotidienne dans lesquelles des groupes d’individus anonymes aux visages à peine esquissés (femmes, enfants en uniforme, ouvriers des services urbains, policiers…) circulent dans les rues et les ruelles de Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro, où il vit et travaille.
En réalisant des fresques monumentales et populaires l’artiste, par sa peinture fluide et précise, célèbre le corps afro-brésilien dans une position assumée de pouvoir.

Maxwell Alexandre

Maxwell Alexandre. Série « Pardo é Papel », A lua quer ser preta, se pinta no eclipse (détail), 2018. Collection particulière, Majorque Courtesy Fortes D’Aloia & Gabriel et A Gentil Carioca.

Storytelling

Storytelling est une exposition d’un nouveau genre qui se propose de faire de la résidence, du temps de production et d’échanges entre les artistes, le cœur même du projet artistique en inversant le temps, les rôles et la dynamique habituelle d’une exposition muséale. Elle met en lumière le processus de production continue et invente une nouvelle manière de penser la relation avec le spectateur, l’artiste et le musée, avec un vernissage qui aurait lieu à la fin…

Inspirée du cadavre exquis des surréalistes (dessins successifs sur une feuille pliée, seule une fraction du dessin précédent se présente au dessinateur suivant), cette nouvelle régle du jeu bouleverse le principe du montage, de la présentation du travail des artistes, mais aussi la transmission et la narration, ainsi que son appropriation par le public.

Sept jeunes artistes (Chourouk Hriech, Lou Masduraud & Antoine Bellini, Sara Bichão, Celsian Langlois, Hannelore Van Dijck, Violaine Lochu) sont invités, lors d’une résidence courte allant d’une à trois semaines au Mac Lyon, à mettre en œuvre un projet évolutif avec l’équipe curatoriale, à l’aide d’indices laissés à chaque étape par l’artiste précédent.

Storytelling

Chourouk Hriech. Vue de l’exposition Le dessin, autrement (détail), Galerie de l’Étrave, espace d’art contemporain, Thonon-les-Bains, 2017 © photo : Annik Wetter. Courtesy de l’artiste et Galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris © Adagp, Paris, 2019.

Tal Isaac Hadad

L’art sonore de Tal Isaac Hadad se construit à partir d’une analyse des expériences de l’écoute et des objets musicaux. Son approche, qui part le plus souvent de l’observation de la scène musicale ou de la présence du son dans les espaces publics, peut rappeler celle d’un ethnomusicologue. Il s’intéresse à la dimension thérapeutique, sociale et artistique de la musique. Ses performances déclenchent chez le public des sensations auditives qui provoquent un large panel d’émotions.

L’exposition de Tal Isaac Hadad fait appel à une communauté de chanteurs, de choeurs et de thérapeutes. Ce détournement de fonctions thérapeutiques et musicales s’incarne de la même manière dans des instruments de musique, comme dans l’oeuvre Onze Pianos composée de pianos transformés par l’artiste avec la complicité de facteurs d’instruments. 

Cette exposition décompose les conditions de l’écoute et déplace l’expérience habituelle de la musique et de la salle de concert dans un environnement relevant du champ des arts plastiques. La scénographie volontairement minimaliste se veut avant tout une scénographie de l’instant et de l’écoute. Chaque « moment » présente des pièces emblématiques de Tal Isaac Hadad, sur le principe d’une rétrospective en 5 oeuvres. Tous les environnements et installations sont à tour de rôle activés par des performances les week-ends, ou visibles sous forme de vidéos dans l’exposition.
Jusqu’au 28 avril.

Tal Isaac Hadad

Tal Isaac Hadad, Récital pour un masseur, 2018. Avec Rafael Oliveira, Eder Augusto Marcos, Paola Ribeiro et Endo Lincoln.

Le Mac Lyon en vidéo


Informations pratiques

Musée d’art contemporain de Lyon, Cité internationale
81 quai Charles de Gaulle
69006 LYON
www.mac-lyon.com


A propos du Mac Lyon

Créé en 1984 dans une aile du Palais Saint-Pierre, le Musée d’art contemporain de Lyon s’installe en 1995 sur le site de la « Cité internationale », vaste ensemble architectural qui se déploiera ensuite sur plus d’un kilomètre en bordure du Parc de la tête d’or, dans le 6e arrondissement de Lyon. Confié à l’architecte Renzo Piano, qui conçoit la totalité du site, le musée conserve, côté Parc, la façade de l’atrium du Palais de la Foire, réalisé par Charles Meysson dans les années 20. L’édifice de 6.000 m2, entièrement modifié, présente, sur plusieurs niveaux, des espaces modulables en fonction des projets artistiques et parfaitement adaptés aux nouvelles formes d’expressions contemporaines. Le Mac LYON privilégie l’actualité artistique nationale et internationale, sous toutes ses formes, avec des expositions mais aussi un large programme d’événements transdisciplinaires. Compte tenu de son ampleur, sa collection, constituae dès 1984, compte plus de 1.400 œuvres. Elle est montrée partiellement et par roulement au mac Lyon mais aussi au musée des Beaux-Arts (MBA) et dans de nombreuses structures partenaires. Elle est constituée en grande partie d’œuvres monumentales ou d’ensembles d’œuvres, des années 40 à nos jours, créées par des artistes de tous les continents, pour la plupart à l’occasion d’expositions au musée ou encore lors des Biennales d’art contemporain de Lyon dont le musée assure la direction artistique. Réunies dans un Pôle art, avec le MBA en 2018, les 2 collections forment un ensemble exceptionnel en France et en Europe.

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