Alexandre Hollan, un homme et des arbres en harmonie au Musée Fabre > prolongation jusqu’au 31 mars

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"Chênes près du mas de Bonniol", détail. 2010, acrylique sur toile. 80 x 140 cm.

Le Musée Fabre de Montpellier présente jusqu'au 31 mars dans sa collection permanente la donation de l’artiste d’origine hongroise Alexandre Hollan. Via 80 œuvres, l’exposition "L’invisible est le visible" explore la relation entre la nature et l’homme, principale préoccupation de ce peintre, dessinateur et poète né en 1933, qui a choisi le musée Fabre pour abriter une bonne partie de ses créations…

La finesse du ressenti

Depuis soixante-dix ans, Alexandre Hollan restitue sur papier et sur toile ses sensations au contact des paysages, et plus particulièrement des arbres. Le mystère propre à la nature vivante. A force d’observation et de patience, presque de méditation, il a su capter la vie secrète des arbres, bien avant que l’Allemand Peter Wohlleben ne la formule dans son ouvrage éponyme. Cette respiration de la nature qui fait que certaines personnes pratiquent désormais la sylvothérapie – thérapie par la forêt. En cela, la rétrospective porte merveilleusement son nom : L’invisible est le visible. 

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Alexandre Hollan. « Le Déchêné », grand chêne. 2015, acrylique sur papier. 57 x 76 cm.

Contemplation et pratique artistique

Quoi de plus simple et basique qu’un arbre ? C’est sans doute une des premières choses qu’un enfant apprend à dessiner. Et pourtant, Hollan ne s’est jamais lassé de les admirer. Il passe des heures entières à les scruter, les dessiner et les peindre, avec des techniques diverses. Ce fut le cas durant ses nombreux voyages passés à sillonner les forêts européennes à bord de sa voiture-atelier. Et chaque été, en garrique, près de son mazet héraultais, il s’installe à leurs pieds pour mieux les ressentir, attentif, à l’écoute du moindre de leurs craquements. Il les représente à la merci des vents et des orages, ou majestueux, calmes, et leur donne parfois des surnoms, riche de la relation intime qu’il a nouée avec eux, proche d’une relation fusionnelle, à force de les côtoyer.

Parcours de l’exposition

L’exposition met l’accent sur les 4 phases cruciales de la carrière du peintre. Sa première période artistique, que Michel Hilaire, directeur du musée, a appelée « La quête du sujet », est une recherche d’inspiration. Lors d’un voyage en Italie en 1962, Hollan découvre des œuvres de Giotto, Fra Angelico et Piero della Francesca dont il se sent proche. Suivent, pendant vingt ans, de nombreux voyages en Europe, notamment en France, pour se rapprocher des paysages naturels et percer leurs mystères. L’artiste désire déjà reproduire au mieux les sensations naturelles dans sa peinture.

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Collines dans le Rouergue (développement de la perception du même paysage pendant deux jours). 26 août 1975, aquarelle sur papier. 32,5 x 50 cm.

Une seconde période – appelée pour les besoins de l’expo­sition « L’immanence du motif » – débute à l’achat, par Alexandre Hollan, d’un mazet près de Gignac, en 1984. Le peintre s’y établit chaque été et travaille dans son atelier en plein-air, entre vignes et garrigues. Là, il entreprend de créer ses Vies silencieuses (natures mortes) à partir d’objets trouvés dans la nature. Il leur attribue un nouveau sens, dans une juxtaposition de couleurs primaires. Par un exercice de contemplation profonde, il ressent ce qu’il nomme leur « mystérieuse présence », et la retranscrit. Installé « Dans le motif », au pied de ses arbres favoris, auxquels il donne des surnoms, en pleine symbiose avec eux, il s’attache à représenter, dans ses peintures et dessins au fusain, leur essence profonde ou leurs attitudes, mouvements et rythmes, au calme ou lorsqu’ils sont confrontés aux éléments. Il réserve son atelier d’Ivry à la création de grands formats plus abstraits, à partir de 2005. La quatrième section – « Le motif des couleurs » – est consacrée à l’usage de la couleur par Hollan, « une vibration colorée et lumineuse ».

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Alexandre Hollan. « Dans l’arbre ». 2011, acrylique sur toile. 180 x 180 cm

On apprécie le lumineux portrait filmé d’Alexandre Hollan, tourné par Marnie Production pour les Films d’Ici Méditerranée. Il a été produit par le musée Fabre sous le titre L’invisible est le visible.

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

 

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Alexandre Hollan. « Chênes près du mas de Bonniol ». 2010, acrylique sur toile. 80 x 140 cm.

Déjà près de 20 000 visiteurs

Devant le succès de l’exposition, le musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole prolonge l’exposition rétrospective d’Alexandre Hollan jusqu’à la fin du mois. L’exposition est donc visible jusqu’au 31 mars.

L’accrochage se déroule dans les espaces de la collection contemporaine (salles 49 à 52) et rassemble les 80 œuvres qu’Alexandre Hollan a offertes au musée en 2017. Ce don fait suite aux deux précédents datant de 2012 et 2015, faisant du musée le premier musée de France à détenir autant d’œuvres de l’artiste.


Informations pratiques

Entrée sur présentation du billet d’entrée aux collections permanentes.
Musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle – Montpellier.
Lignes 1, 2 et 3 de tramway, arrêt Corum ou Comédie.
Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche de 10h à 18h.
www.museefabre.montpellier3m.fr


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