Au FRAC OM, « Casa », de Jimmy Richer, science-fiction de nos origines

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Jimmy Richer © Virginie Moreau.

Emmanuel Latreille, directeur du lieu, a invité Jimmy Richer à investir le Frac Occitanie Montpellier jusqu’au 24 octobre 2020, lui donnant carte blanche. Contrairement à ses habitudes, Jimmy Richer joue la carte du noir et blanc en créant des œuvres in situ déclinées sur les murs à partir de son roman graphique "Casa".

Fini durant le confinement, tout juste publié et en vente sur place, des planches de Casa figurent dans l’exposition. Des sculptures d’autres artistes que Jimmy Richer a voulu y associer amplifient l’immersion des visiteurs dans un ensemble cohérent.

Parcours

Féru de bandes dessinées, Métal Hurlant en tête, Jimmy Richer aurait pu se diriger vers la profession de dessinateur s’il n’avait pas fait l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Montpellier. Sa position d’artiste lui donne « toute liberté pour changer d’univers à chacune des expositions » qu’il met en place. On se souvient notamment de son île au trésor exposée au Musée Fabre, dans le cadre de son prix Félix-Sabatier. Et de sa participation à la ZAT 100 artistes dans la ville. Il a été lauréat en 2016 du dispositif Post-Production, d’accompagnement et de professionnalisation des artistes diplômés des écoles supérieures d’art.

Des thématiques nombreuses

Cette nouvelle exposition au Frac lui donne l’occasion d’évoquer pêle-mêle le big-bang, la naissance du langage, les origines de l’homme, les causes de notre éloignement vis-à-vis de la nature, la sexualité, le sacrifice, le mysticisme… Fortement liée au savoir, elle est l’aboutissement de la lecture d’une bonne trentaine d’ouvrages scientifiques, d’anthropologie, d’éthologie, de sciences du langage et autres. « J’aime englober les connaissances ; le monde est si complexe ! », explique-t-il.

« Casa », de Jimmy Richer © Virginie Moreau.

Un roman graphique menant à une exposition

Tout a commencé alors que Jimmy Richer était en résidence pour trois semaines à Casablanca, afin d’y mener une réflexion sur le manque de végétation. Il a voulu remonter le cours de l’histoire afin de comprendre pourquoi le lien entre l’être humain et la nature a été rompu, ou plutôt ici, comment les grands singes ont été en rupture avec leur environnement. Il en est résulté le livre d’artiste Casa, un roman graphique numéroté à 100 exemplaires proche de la science-fiction, ayant notamment pour inspiration le film L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. CASA est une analogie avec NASA, et indique également un retour à la maison. « Je me suis permis beaucoup de variations graphiques au fil des pages, avec tantôt des dessins au trait, tantôt des dessins plus simples », indique-t-il.

Des sculptures invitées

Un dialogue entre la fresque murale de Jimmy Richer et la sculpture d’Hubert Duprat © Virginie Moreau.

Un monolithe – symbolisant un habitat mais aussi un objet de croyance – apparaît de façon récurrente dans son ouvrage. Dans l’exposition, il est symbolisé par un monolithe d’Hubert Duprat qui semble surgi tout droit du big-bang, explosion qui s’étend en blanc sur noir sur le mur du fond. « Ce monolithe rappelle qu’à chaque nouvelle découverte archéologique (de grotte, d’outil…), nos connaissances sur l’humanité sont ébranlées. Bien que nous essayions de reconstituer l’histoire du Paléolithique, il restera toujours des zones d’ombre. Comme la naissance du ­langage », s’émerveille l’artiste. « A l’origine, les premiers gestes architecturaux ont accompagné la mort (tombes, pierres dressées) », souligne-t-il.

Une sculpture de Tjeerd Alkema devant une fresque murale de Jimmy Richer © Virginie Moreau.

Symbolisant un passage, « comme dans Stargate », une œuvre de Tjeerd Alkema fait écho à cette thématique. Dans ses projets artistiques, Jimmy Richer fait souvent intervenir la mémoire des lieux. D’où cette volonté d’intégrer des œuvres d’autres artistes au cœur de son exposition. « Mon identité est collective, je cite mes sources », se plaît-il à dire. Les sculptures modernistes se marient à merveille avec son propos et son graphisme.

Cette exposition immersive très graphique sera très appréciée aussi bien par les enfants que par les adultes.

Virginie MOREAU
vmoreau.hje@gmail.com

FRAC Occitanie Montpellier
4, rue Rambaud – Montpellier – Tel. : 04 99 74 20 35.

Horaires d’été jusqu’au 19 septembre : du mardi au samedi de 15h00 à 19h00. Fermé le samedi 15 août.
À partir du 22 septembre : du mardi au samedi de 14h00 à 18h00.
Entrée libre · Exposition accessible aux personnes à mobilité réduite.

Le livre d’artiste Casa est en vente sur place au prix de 30 euros.

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