Basquiat, l’expressionnisme underground contre le racisme (Paris, fondation Louis-Vuitton)

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Jean-Michel Basquiat "Riding with Death" (détail), 1988. Acrylique et crayon gras sur toile 248,9 x 289,5 cm. Collection particulière © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. Photo : Private collection, all rights reserved.

A la Fondation Louis-Vuitton, une rétros­pective dédiée au peintre new-yorkais Jean-Michel Basquiat balaie la courte carrière de ce peintre majeur, de 1980 à 1988. Elle présente plus de 120 œuvres marquantes sur 4 étages.

Parcours artistique

Né en 1960 à New York dans un milieu portoricain et haïtien ouvert à l’art, Jean-Michel Basquiat est victime dans son enfance d’un accident de voiture qui nécessite l’ablation de sa rate. Passionné dès lors par l’anatomie, il lit pendant des heures l’ouvrage Anatomy of the Human Body d’Henry Gray’s (Gray’s Anatomy), qui a une forte influence sur sa peinture plus tard, comme en témoignent les nombreux corps mutilés qui parsèment ses tableaux. Très vite en rupture avec sa famille, il fréquente le milieu du graffiti new-yorkais et fonde le groupe SAMO. De cette période, il garde le plaisir du texte, qu’il inclut ensuite sur ses toiles. Sa rencontre avec Andy Warhol, qu’il admire, s’avère cruciale, et conduit les deux artistes à créer de nombreuses œuvres ensemble. Il décède à 28 ans d’une overdose d’héroïne et de cocaïne, laissant une œuvre de plus de 800 tableaux et 1 500 dessins 

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Jean-Michel Basquiat. Untitled, 1981. Acrylique et crayon gras sur toile. 205,7 x 175,9 cm. Collection Eli et Edythe L. Broad. © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. Photo : © Douglas M. Parker Studio, Los Angeles.

Colère et revendications

Basquiat a très tôt ressenti le besoin d’exprimer sa colère sur la toile. Fureur face au sort réservé aux Africains réduits en esclavage par le passé, colère liée aux répressions policières contre les Afro-Américains dans son quotidien, exaspération face au racisme omniprésent aux Etats-Unis. «Basquiat s’est donné pour mission de faire exister la Figure noire», selon Dieter Buchhart, commissaire invité. Boxeurs, musiciens de jazz ont une identité dans ses œuvres. Mais les corps qu’il représente sont souvent désarticulés ou amputés, victimes de la brutalité policière ou du racisme. Le peintre légende souvent les parties du corps comme dans les ouvrages anatomiques.

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Jean-Michel Basquiat. « Irony of a Negro Policeman », 1981. Acrylique, crayon gras sur bois. 183 x 122 cm. Collection AMA © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. Photo : Courtesy of AMA Collection.

Scénographie

Sur près de 2 500 m2, la scénographie de l’exposition est à la fois chronologique et thématique. Dieter Buchhart, commissaire invité, analyse : «L’exposition suit sa création, depuis ses premiers dessins et travaux monumentaux jusqu’aux sérigraphies, collages et assemblages plus tardifs, mettant en lumière son inimitable touche, son utilisation de mots, de locutions et d’énumérations et son recours à la poésie hip-hop concrète. À l’existence de l’homme afro-américain menacée par le racisme, l’exclusion, l’oppression et le capitalisme, il oppose ses guerriers et héros». Il voit dans l’œuvre de Jean-Michel Basquiat une technique du copier-coller. «À l’image des Heads de 1981-1982, pour la première fois réunies ici, ou de la présentation de plusieurs collaborations entre Basquiat et Warhol, l’exposition compte des ensembles inédits en Europe, des travaux essentiels tels que Obnoxious Liberals (1982), In Italian (1983) ou encore Riding with Death (1988), et des toiles rarement vues depuis leurs premières présentations du vivant de l’artiste, telles que Offensive Orange (1982), Untitled (Boxer -1982), et Untitled (Yellow Tar and Feathers –1982)», souligne la directrice artistique de la Fondation Louis-Vuitton, Suzanne Pagé.

On ne saurait faire l’impasse sur cette rétrospective !

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Jean-Michel Basquiat « In Italian », 1983. Acrylique et crayon gras sur toile avec supports en bois, et cinq plus petites toiles peintes au feutre. 224,8 × 203,2 cm. Courtesy The Brant Foundation, Greenwich, Connecticut, Etats-Unis.© Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. Photo : © Robert McKeever.

Informations pratiques

Fondation Louis Vuitton
8, avenue du Mahatma Gandhi
Bois de Boulogne
75116 Paris
Tel. : 01 40 69 96 00.

Entrée plein tarif : 16 euros.

Exposition visible jusqu’au 14 janvier 2019

>> A voir absolument avec l’exposition consacrée à Egon Schiele par la fondation Louis-Vuitton : lire ICI notre article.

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Jean-Michel Basquiat, « Riding with Death », 1988. Acrylique et crayon gras sur toile. 248,9 x 289,5 cm. Collection particulière. © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. Photo : Private collection, all rights reserved.

 

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