Exposition à l’Espace Bagouet Montpellier : Pierre Fournel, le sable comme chemin de vie

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Souvent qualifié de « peintre des sables » du fait de sa technique d’emprisonnement du sable dans la résine, le Castelnauvien Pierre Fournel crée avec du sable des paysages existants et des écritures imaginaires, de civilisations plus ou moins mythologiques. Au travers d’une trentaine d’œuvres, l’exposition organisée à l’espace Bagouet jusqu’au 1er avril 2018 livre un panorama des diverses « périodes » de cet artiste, seul survivant des sept membres du groupe Montpellier-Sète, créé en 1954 et bien connu dans la région.

Des paysages ensablés

Deux natures mortes (dont une appartenant au Musée Fabre) réalisées au début des années cinquante montrent ses débuts figuratifs, à l’huile. La facture et les sujets sont des plus classiques. Et cèdent vite à la place à des gravures et aquarelles de villages, puis à des tableaux-sculptures tout en matière, aux coloris naturels, représentant souvent des paysages régionaux typiques : les chemins sauniers,
les plages et rivages languedociens, les Alpilles…

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Chez Pierre Fournel, le sable est à la fois le sujet et l’objet. Le peintre représente le sable au moyen de sable figé par de la résine. Cet usage du sable résulte d’un coup de cœur, né dans les années cinquante, lorsque le Ruthénois devient Castelnauvien d’adoption après sa nomination en tant qu’enseignant en arts plastiques. Ses longues promenades en bord de mer lui font alors découvrir ce matériau à la fois plaisant sur le plan sensoriel et intéressant à explorer en tant que matière. « Le sable est pour moi le meilleur compagnon. Il est soyeux, voluptueux, sensuel. C’est de la poussière de soleil… Il réfléchit la lumière de l’instant », assure-t-il. Du sable il tire des effets mats, veloutés. Dans les années soixante, l’apparition de la résine sur le marché l’incite à mener diverses expérimentations. Pierre Fournel remplace alors la peinture par du sable, qu’il pétrifie en le capturant dans et sous la résine. Au cours des années, collectant toutes les sortes de sables qu’il trouve sur son chemin lors de ses voyages autour de la Méditerranée, il mesure leurs différents grains, la variété de leur palette chromatique. Il possédera jusqu’à trois cents échantillons. Pour Pierre Fournel, le naturel revêt une importance particulière ; voilà pourquoi il colore rarement le sable. Ses paysages en camaïeux, tout en harmonie, incitent à la rêverie.

L’écriture pour credo

Outre les paysages, un autre pan de son œuvre est constitué d’un rapport à des écritures imaginaires. Le peintre emplit ses tableaux d’écritures en bas-relief qui pourraient avoir être découvertes par des archéologues lors de fouilles…

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