« La Rencontre » de Gustave Courbet, un chef-d’œuvre inspirant

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A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet, le Musée Fabre met à l’honneur l’un de ses tableaux les plus reconnus de par le monde : La Rencontre. Cette toile fit scandale et acquit le surnom de Bonjour monsieur Courbet lors de sa présentation à l’Exposition universelle de Paris en 1855. Ce chef-d’œuvre représente la rencontre du peintre avec le collectionneur et mécène montpel­liérain Alfred Bruyas en mai 1854, lequel lui assura une autonomie financière qu’il n’avait pas auparavant. 

Aperçu de cette mini expo­sition à prolonger dans les salles dédiées au peintre de façon permanente.

Le sujet est simple : sur un chemin de garrigue, le mécène Alfred Bruyas, accompagné de son serviteur Calas et de son chien Breton, salue Gustave Courbet, qui se représente avec sa canne de marche et son sac à dos. En arrière-plan, on devine le pic Saint-Loup. Lors de l’Exposition universelle et bien après, les observateurs notent de l’arrogance dans ce tableau qui témoigne de la rencontre de deux ego. Le peintre convoque aussi des symboles en choisissant de se montrer en marcheur et non en tant que peintre. Il est l’artiste itinérant, celui qui incarne la bohème. Il peut aussi être assimilé à un pèlerin – l’exposition fait d’ailleurs référence à saint Roch. Peut-être s’est-il inspiré d’une gravure populaire représentant le mythe du juif errant. C’est en tout cas l’hypothèse de l’historienne de l’art Linda Nochlin. 

A droite, Gustave Courbet, « La Rencontre, Bonjour Monsieur Courbet », 1854.

Toujours est-il que le tableau La Rencontre frappe les esprits, lors de l’Exposition universelle de 1855, où il gagne son surnom de Bonjour Monsieur Courbet, mais aussi bien après. C’est ainsi qu’il est exposé à de multiples reprises. Il illustre un timbre en 1962. Le musée présente dans une vitrine des courriers de philatélistes demandant des renseignements à son sujet. Pour l’anecdote, le musée d’Ornans – ville de naissance de Gustave Courbet – a même acquis la canne du peintre, représentée dans La Rencontre.

Depuis, ce chef-d’œuvre a inspiré des générations d’artistes. Le plus récent est Yan Pei-Ming, qui a réalisé, spécialement pour cette exposition-événement, en 2019, le triptyque L’Impossible Rencontre. Il s’y représente au centre du couple Bruyas-Courbet. Cette œuvre fait écho à celles qu’il a créées pour le musée Courbet à Ornans, et le musée d’Orsay et celui du Petit Palais à Paris, dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet. C’est une grande chance pour le public montpelliérain que de pouvoir admirer ces tableaux.

Yan Pei-Ming, « L’Impossible Rencontre », 2019.

A voir aussi, Fortune, une œuvre numérique et sonore d’Ei Arakawa datant de 2019 également, avec des éclairages Led, acquise par la fondation d’entreprises du musée Fabre. Une mise en lumière et en sons du tableau initial. Pour sa part, en 1995, Alain Jacquet a représenté cette rencontre dans l’espace, « à l’échelle du système solaire : le serviteur Calas devient Saturne ; Alfred Bruyas, Neptune ; le chien, Mars ; et Gustave Courbet, la Terre », selon Jean-Baptiste Delorme. Etrangeté, le père de l’acteur Robert de Niro a signé lui aussi un hommage à ce tableau en 1965.

A gauche, Filip Francis, « Copie de « La Rencontre » de Courbet dans le champ de la vision périphérique », 1994. Au centre : Alain Jacquet, « Bonjour Monsieur Courbet », 1995 – A droite, Robert de Niro senior, « Three figures after Courbet », 1965.
A gauche, François Morellet, « Etude pour la Défiguration n° 12, Gustave Courbet, La Rencontre », 1988. A droite, Noël Dolla, « Bonjour Monsieur Dolla », 2008.

 

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Informations pratiques

> Musée Fabre (niveau 2)
39, boulevard Bonne Nouvelle.
34000 Montpellier – 04 67 14 83 00.
> Exposition Bonjour monsieur Courbet visible jusqu’au 19 janvier 2020

 

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