Numa Hambursin : une fondation réconciliant art contemporain et patrimoine

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Numa Hambursin © Virginie Moreau.

Directeur du Pôle Art Moderne et Contemporain de Cannes (PAMoCC), auteur, commissaire d’expositions, directeur artistique de la Fondation GGL-Helenis, prix AICA France de la critique d’art 2018 pour sa présentation de l’œuvre de Marlène Mocquet, Numa Hambursin – ex-directeur artistique du Carré Sainte-Anne et de l’Espace Bagouet à Montpellier – a reçu la rédaction chez lui, à Clapiers. L’occasion d’évoquer l’ouverture cet automne de la Fondation GGL-Helenis…

A quand l’ouverture au public de la Fondation ?

Numa Hambursin : « L’ouverture de la Fondation GGL Helenis, sur la place de la Canourgue, est programmée pour la fin de l’automne 2020, en novembre probablement. Le chantier a pris du retard, notamment du fait de la pandémie de Covid-19. Il aura fallu trois ans pour mener à bien ce projet. »

Quelle politique d’acquisitions menez-vous pour la fondation ?

« Ma volonté est d’acquérir des œuvres pérennes qui resteront dans le bâtiment. Nous avons passé et allons passer des commandes d’œuvres majeures in situ. Notre souhait n’est pas d’acquérir ni de présenter de nombreuses œuvres de qualité moyenne, mais quelques œuvres importantes. Nous voulons travailler sur le bâtiment, le faire vivre, l’améliorer pour les générations futures. La tendance actuelle des musées et fondations est de travailler sur le court terme, de courir après l’événement ; nous nous inscrivons à rebours de cette conception. Il s’agit de valoriser un bâtiment intégré à la ville, qui représente ses racines. »



Quelle est votre vision de l’art contemporain ?

« Mon obsession est de participer à la réalisation d’un chef-d’œuvre, d’une œuvre qui dira quelque chose de notre époque dans un ou deux siècles. Le plafond que Jim Dine a créé pour la fondation, composé de 105 cœurs, a été réalisé grâce au savoir-faire de la Manufacture de Sèvres. C’est l’œuvre la plus importante qu’il ait faite !

« Faire danser le plafond » (détail) par Jim Dine, 2020 © Alois Aurelle.

Idem pour les 9 sculptures en céramique de la plasticienne Marlène Mocquet, sous la voûte de l’escalier. Dans l’ancienne salle des mariages, les blasons de Jan Fabre sont une splendeur… Sans parler de la fresque de Benchamma ! Ces œuvres, qui s’inscrivent dans le long terme, seront vues par nos arrière-arrière-petits-enfants… Dans l’art contemporain, je recherche le sublime, la beauté qui emporte la parole. Seul le sublime peut réconcilier le public avec l’art contemporain. »



Vous militez pour inscrire l’art contemporain dans l’histoire du palais Richer de Belleval

« Ce lieu datant du Moyen Age est un millefeuille qui synthétise l’histoire de Montpellier. Il a servi successivement d’hôtel particulier, de mairie jusqu’en 1975, avec sa salle des mariages, et d’annexe pour le palais de justice jusqu’en 2010. Mon but est de traiter ce palais comme un bijou ; que les œuvres d’artistes majeurs qui y resteront contribuent à sa postérité et à celle des artistes. Les œuvres in situ réalisées sont très construites, réfléchies. Elles s’inscrivent dans la continuité avec les décors anciens du XVIIsiècle qui ont été découverts lors du chantier de rénovation. Ce sont des œuvres subtiles, pleines de charme, de poésie. »

« Hommage à un esprit libre » (détail), par Jan Fabre, 2019 © Fondation Helenis GGL.

Souhaitez-vous disposer également des œuvres sur la place de la Canourgue ?

« Tout dépendra de la volonté du nouveau maire, Michaël Delafosse. La Fondation sera en mesure de faire venir des œuvres contemporaines dans ce lieu privilégié, dans le respect des amateurs de patrimoine, si le maire le souhaite. L’idée n’est évidemment pas de braquer le public par des œuvres trop radicales. »

Quelle sera la teneur de l’exposition inaugurale ?

« La Fondation présentera 16 dessins préparatoires au plafond de Jan Fabre qui sont autant de petits chefs-d’œuvre, des œuvres de Marlène Mocquet près de l’escalier, de grands dessins préparatoires à la fresque d’Abdelkader Benchamma, ainsi qu’une exposition consacrée à Jim Dine sur 100 m2. »

« Longue Vue » par Marlène Mocquet © Alois Aurelle.

Comment ce lieu sera-t-il animé ?

« Nous y ferons deux à trois expositions par an et y organiserons des rencontres avec de grands artistes, des curateurs, des écrivains, des architectes… »

Propos recueillis par Virginie MOREAU
vmoreau.hje@gmail.com

L’actualité arty de Numa Hambursin

Louis Cane, sculptures à La Malmaison à Cannes jusqu’au 27 septembre.
Kehinde Wiley, peintre de l’épopée à La Malmaison à Cannes jusqu’au 1er novembre 2020.
• Exposition Max Leenhardt à l’espace culturel Lawrence-Durrell de Sommières jusqu’au 10 octobre 2020.



 

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