Peinture : le grand imaginarium de Philippe Loubat, à Saint-Jean-de-Védas

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Pour peindre l’automne aux couleurs de la joie, la Galerie Mas de Coulondres expose à ses cimaises, sous l’égide du Cercle des Arts, les tableaux les plus récents du peintre Philippe Loubat, tout juste sortis de son atelier, ainsi que d’autres plus anciens, donnant ainsi une idée de l’évolution stylistique importante de son œuvre, entamée depuis un an. L'exposition est visible jusqu'au 2 décembre 2017.

Le mouvement au cœur du trait

Auparavant très géométriques, les tableaux de Loubat laissent désormais une plus grande place au mouvement, à l’élan. Le peintre libère son trait. Les formes ondulantes sont renforcées par l’utilisation des couleurs pour marquer les plis des vêtements, accentuer les volumes ou les contours. Les rondeurs sont moins prononcées qu’auparavant ; les personnages s’allongent, s’affinent…

Sur le plan technique, on apprécie le recours – récent et inhabituel – du peintre à l’aquarellisation de ses couleurs pour traiter les fonds ou les tenues des personnages, dans des fusions de peinture et d’eau. Les villages, routes et maisonnettes réalisés en brun gratté contrastent avec le reste des matières et couleurs.

Amour, divinités, fantaisie et hommages

Dans les tableaux de Loubat, l’amour est toujours au rendez-vous. Au septième ciel, les amoureux se rejoignent en des danses aériennes, dans un clin d’œil assumé à Chagall. Souvent, leurs mains se cherchent pour mieux se trouver.

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Musicien qui joue la sérénade à l’élue de son cœur, homme papillon attiré par une dam’oiselle, chacun poursuit son chemin au-dessus des villages minuscules situés en contrebas. L’amour donnerait-il des ailes, ou aurions-nous là affaire aux dieux de l’Olympe, qui s’amusent et s’ébattent, bien loin des préoccupations humaines ?

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Toujours est-il que l’influence de Lewis Carroll se fait sentir quand un homme chevauche un « escargochat » géant, souriant de toutes ses dents comme le chat du Cheshire d’Alice au Pays des merveilles.

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D’ailleurs, le monde animalier imprègne plusieurs œuvres : singe, oiseaux, papillon… Autant de compagnons de route ou de vol pour des personnages fantaisistes en pleine action, poursuivant des destinées oniriques. Fusion et métamorphose sont à l’œuvre, pour créer des êtres hybrides.

Aux cimaises, on retrouve aussi l’univers circassien cher au peintre, avec des funambules qui s’élancent dans le ciel ou tanguent sur le fil des nuages. Le spectacle de rue n’est pas en reste, comme en témoigne un marionnettiste aux mains presque infinies qui actionne les âmes.

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Pendant ce temps, en pleine introspection, une dame au chapeau très klimtienne, version féminine du penseur de Rodin, semble observer cette sarabande avec une noble distinction.

A la Galerie Mas de Coulondres, on a plaisir à revoir des œuvres oubliées de Loubat, et à découvrir celles nouvellement sorties de son atelier. Onirisme, fantaisie et magie s’y côtoient en toute harmonie, comme une petite musique du cœur.

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Informations pratiques

> Galerie du Mas de Coulondres – 41, route de Béziers – 34430 Saint-Jean-de-Védas – Téléphone : 04 67 27 25 12.

> Exposition visible jusqu’au 2 décembre 2017, du mardi au samedi, de 9h30 à 12h et de 14h30 à 19h.

www.galerie-mas-coulondres.com 

www.loubatland.com 

www.cercledesarts.fr

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