Soulages : un tableau de 1960 adjugé 9,6 millions d’euros par Tajan pour son centenaire

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Pierre Soulages, Peinture 200 x 162 cm, 14 mars 1960, huile sur toile (détail) © Tajan.

« Peinture 200 x 162 cm, 14 mars 1960 » de Pierre Soulages  a été adjugée mercredi 27 novembre pour la somme record de 9,6 millions d’euros chez Tajan à Paris, alors que l’estimation de départ était de 4 à 6 millions d’euros. Une belle façon de célébrer le centenaire du peintre, fêté au Musée Fabre par un nouvel accrochage et de nombreuses animations, et surtout au Musée du Louvre, à l’occasion d’une exposition qui sera inaugurée le 10 décembre prochain.

Le précédent record pour une toile de Pierre Soulages était de 9,2 millions d’euros, pour une toile datant de 1959. Elle avait été vendue il y a un an à New York.

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Pierre Soulages, « Peinture 200 x 162 cm, 14 mars 1960 », huile sur toile. © Tajan.

Selon la maison de vente aux enchères, Peinture 200 x 162 cm, 14 mars 1960 « illustre de façon saisissante le changement qui s’opère dans l’œuvre de Pierre Soulages à l’aube des années 60, alors qu’il s’impose comme l’une des figures majeures de sa génération. Elle est un superbe exemple de la technique de raclage initiée par l’artiste à la fin des années 50. Sur la toile enduite d’un apprêt blanc, de larges bandes de peinture noire viennent recouvrir une partie de la surface. Et c’est à l’aide de brosses que Soulages découvre ensuite une partie du fond, laissant apparaître la couche ocre sous-jacente dans un jeu de transparences offrant ainsi une infinie variation de couleurs aux luminosités inattendues. »

Cette œuvre magistrale a été exposée à de nombreuses reprises, dès sa création. En 1960, à la Galerie de France tout d’abord puis dans la rétrospective itinérante, capitale dans la diffusion de l’œuvre de Pierre Soulages en Europe, organisée par Werner Schmalenbach. Plus récemment, elle a été dévoilée lors de l’exposition consacrée à Soulages au Musée national d’art moderne/Centre Pompidou, Soulages en 2009-2010.

Peinture, 200 x 162 cm, 14 mars 1960 est également exceptionnelle par sa provenance prestigieuse. En effet, elle a été acquise par James Johnson Sweeney, ancien conservateur au MoMA et alors directeur du Guggenheim à New York, dès son année de création et est depuis lors restée dans la même famille. Depuis leur  rencontre à Paris en 1948, les deux hommes ont lié de forts liens d’amitié et Sweeney a largement contribué à la reconnaissance de Pierre Soulages outre-Atlantique.

Au premier abord, indique la maison de vente, l’œuvre de Pierre Soulages s’impose sur un mode frontal. L’idée est importante dans ce contexte artistique qui voit l’émergence de l’abstraction gestuelle : sa peinture n’a rien de lyrique. Elle se distingue des démarches adoptées par ses collègues et amis de l’abstraction française, Hans Hartung, Georges Mathieu, Gérard Schneider, des premiers travaux de Jean Degottex ou de l’expressionnisme abstrait américainJames Johnson Sweeney emploie cette heureuse formule à son sujet : « une peinture de Soulages, ça n’est pas une mélodie, c’est l’accord plaqué sur le clavier et tenu ». En effet, Soulages cherche à « ôter à la ligne le signe de mouvement ».

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