Sylvain Corentin, l’homme qui imagine des abris de rêve

Par |
sylvain-corentin-couv
Sylvain Corentin devant l'une de ses créations. © Virginie Moreau.

Rencontré à la foire méditerranéenne des arts contemporains Art Montpellier, sur le stand du Musée d’art brut de Montpellier, Sylvain Corentin est un artiste intraverti, qui vit dans son monde. Mais cela n’a pas empêché son talent d’être repéré au niveau international. Il est représenté par une galerie new-yorkaise et une galerie italienne, expose à l’étranger, et l’American Folk Art Museum de New York possède deux de ses œuvres. La chanteuse islandaise Björk et le regretté Lou Reed ont eu l’occasion d’apprécier son travail.

Il est aussi présent localement, en permanence dans la collection du musée d’art brut de Montpellier en tant qu’artiste singulier, et à Sète, où Pascal Saumade exposera plusieurs de ses pièces en avril 2020. IL OUVRIRA EXCEPTIONNELLEMENT LES PORTES DE SON ATELIER A PRADES-LE-LEZ CE DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019. Portrait…

sylvain-corentin-un

Montpelliérain de troisième génération, Sylvain Corentin s’est d’abord réfugié dans l’art pour écarter l’ennui, notamment durant sa scolarité : « Dans mon enfance, je me suis créé des mondes de dessin dans lesquels j’habitais, pour échapper à ma scolarité ennuyeuse ». Il a ensuite enseigné les arts plastiques pendant plusieurs années tout en développant sa pratique artistique. A l’âge de 20 ans, il a participé à une exposition collective au Grand Palais. Il dit s’être vite rendu compte que la sculpture lui offrait plus de possibilités que la peinture. Véritablement artiste depuis trente ans, il crée des assemblages en bois naturel et cagettes assortis de modelages en terre qu’il peint ensuite en blanc. Des branches d’arbres récupérées dans le Lez qui coule derrière chez lui donnent la forme principale de la sculpture, son squelette. Puis viennent les petits ajouts qui ajoutent la part de rêve.

Des refuges inhabités

« Quand je crée, je me raconte de petites histoires. En fait, je compose des sortes de refuges, comme des maisons. Des abris dépositaires des rêves des gens mais aussi des miens ; des boîtes un peu sacrées, merveilleuses, dans lesquelles il se passe quelque chose qui incite à l’émerveil­lement », indique Sylvain Corentin. 

Quand on lui demande dans quel état d’esprit il se trouve lorsqu’il est en cours de création, l’artiste indique : « Je me fais mon cinéma. Quand je crée, je rêve, c’est onirique, je crée des mondes merveilleux. Je ressens pleinement le privilège d’avoir le temps de faire ces lieux de protection, ces cocons. J’ai conscience d’être un être décalé. C’est souvent cela, être un artiste. Sans mes refuges, je n’aurais aucun moyen de m’intégrer dans la société… »

sylvain-corentin-deux

« Les lignes du haut des sculptures sont réalisées en silicone, comme de la dentelle. Comme quand Picasso dessine avec de la lumière. J’aime qu’elles soient les plus hautes possibles. On dirait des dessins dans l’espace à la Calder. La blancheur de mes sculptures me rappelle celle des feuilles de papier », explique Sylvain Corentin. D’ailleurs, on croit savoir qu’il a repris le dessin parallèlement à la sculpture. « C’est pour apaiser ma création », justifie-t-il. Quant aux reliefs sous verre qu’il réalise actuellement, chacun d’entre eux est semblable à « un cocon dans un cocon, sans notion d’enfermement ».

Et pourquoi ses sculptures n’abritent-elles aucun personnage ? « Tout simplement parce que quand je les crée, j’imagine que j’habite dedans. Et je souhaite que les personnes qui regarderont mes structures puissent faire fonctionner leur imaginaire. Et c’est le cas :  il n’est pas rare qu’à la fin d’une exposition, je retrouve un Playmobil® dissimulé dans l’une d’elles ! » s’amuse Sylvain Corentin. Les adultes aussi sont souvent très sensibles à ses œuvres, qui renvoient à l’enfance.

Une instabilité voulue

L’apparente fragilité de ses œuvres séduit autant qu’elle peut désorienter les collectionneurs, mais quand on voit Sylvain Corentin s’appuyer dessus, on comprend qu’elles ne sont pas aussi délicates que l’on pourrait le croire. Pourquoi une telle apparence de fragilité, d’ailleurs ? « J’ai souhaité qu’elles n’aient quasiment pas de socle ni de base, qu’elles dégagent une impression de légèreté, de déséquilibre apparent. Que l’on pense qu’elles volent, qu’elles dansent, pour que l’on puisse mieux rêver. » Autre raison : « Je pratique l’archéo­logie, j’ai travaillé sur les traces et je veux ne pas en laisser ; il y a un aspect écolo dans tout cela. Je crée autour du concept d’éphémère. J’ai pensé mes structures comme intégrées à la nature. »

sylvain-corentin-portrait
© Virginie Moreau.

Ouverture d’atelier ce dimanche 17 novembre 2019

Ce dimanche 17 novembre, de 14h à 18h30, Sylvain Corentin propose d’ouvrir les portes de son atelier au public. Il recevra les visiteurs au 76 rue du Puech-Marty, à Prades-le-Lez.

Sa prochaine exposition dans la région

Le public pourra apprécier des créations récentes de Sylvain Corentin en avril 2020 à Sète, à la Pop Galerie de Pascal Saumade, à l’occasion d’une exposition collective présentant également des tableaux d’autres artistes, dont Marc Duran.

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Œuvres présentées en permanence dans la collection du Musée d’arts brut, singulier et autres
1, rue Beau Séjour – 34090 Montpellier (Quartier Beaux-Arts) – Tel : 04 67 79 62 22.
> Ouvert du mercredi au dimanche, de 10h à 13h et de 14h à 18h.
> Plein tarif : 8 euros, tarif réduit : 6 euros.
> L’entrée donne accès à la collection permanente et à l’exposition temporaire actuelle de Rebecca Campeau (lire l’article ICI).

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.

En renseignant votre adresse email, vous accepter de recevoir nos derniers articles par email et vous prenez connaissance de notre Politique de confidentialité