Tilby Vattard, toute l’ambiguïté de Bénarès en clair-obscur à l’Arpac (Castelnau-le-Lez)

Par |
tilby-vattard
© Virginie Moreau.

Installé à Saint-Gély-du-Fesc, remarqué notamment aux Boutographies il y a quelques années, le photographe d’art Tilby Vattard propose ce mois-ci à l’Arpac plusieurs séries en clair-obscur ramenées de ses différents voyages. Focus sur la série exposée dans la salle principale : "Kashi Station", réalisée en Inde à Bénarès.

Et dans la salle suivante « Black Bazar », faite à Istanbul, en Turquie, entre 2013 et 2015, et accompagnée d’un film d’Alexandre Liebert. Enfin, des clichés pris à Fès et Marseille complètent l’ensemble… Evocation de la série « Kashi Station »…

Tilby Vattard est allé sept fois en Inde, pays qui l’attire depuis toujours, et où il pratique le yoga notamment. « L’Inde a une forme de rapport au monde qui m’intéresse beaucoup par rapport à l’Occident », explique-t-il. 

Le clair-obscur révélateur

Fasciné par l’ouvrage photographique réalisé sur ce pays par le photographe américain Michael Ackerman, de l’agence Vu, il s’est demandé comment faire un vrai travail sensible et original sur l’Inde, pour que ses clichés ne ressemblent pas à tous ceux que l’on peut voir habituellement sur ce sujet. Il lui fallait pour cela trouver sa propre écriture. Il l’a trouvée dans le clair-obscur ; un clair-obscur tout en matière. « L’Inde est un pays où règne un rapport particulier entre les ténèbres et la lumière, entre la vie et la mort. Il y a à la fois beaucoup de dureté et de douceur, de poésie. C’est ce que j’essaie de retranscrire dans mon travail photo­graphique », souligne-t-il. 

Cultiver l’ambiguïté

« Selon moi, la photo est le seul médium permettant de faire transparaître une autre réalité », dit le photographe.

tilby-vattard-pendu
© Tilby Vattard

Par exemple, dans le cliché où on a l’impression qu’un enfant suffoque, étranglé par un fil qui lui entoure le cou, en fait, il s’agit d’un enfant portant un collier, en train de jouer au cerf-volant. Sur un autre cliché, une vache domestique aveugle est en plein sommeil, mais on pourrait la croire morte. Dans une autre photo, une personne dort, allongée sous un drap. On pourrait penser qu’il s’agit d’une personne décédée, mais ce n’est pas le cas. « Je cultive l’ambiguïté dans mes clichés. » « Varanasi [NDLR : Bénarès] est une ville qui éveille mon imaginaire. L’Inde me nourrit, me transforme. Elle est dure, sale, chaotique, décrépite, mais on y rencontre tant de gentillesse, ici ou là, on voit une fleur posée, on y respire partout l’odeur de l’encens, on croise la poésie des gens… » s’émerveille Tilby Vattard. 

Le photographe capte donc le réel comme l’irréel, entre rêve et cauchemar, avec une grande ouverture du cœur. Les animaux y sont parfois représentés comme mythologiques, les feux sont sacrés au bord du Gange et la réalité se dédouble. L’interprétation est toujours sur le fil du rasoir, incertaine… Et l’on succombe au charme. 

vache
© Tilby Vattard.

Informations pratiques

Arpac – Allée Marie-Banégas
511, route de la Pompignane – 34170 Castelnau-le-Lez.
Tel. : 04 67 79 41 11.
L’exposition Rue des lueurs de Tilby Vattard est visible jusqu’au 30 juin 2018, du mardi au dimanche, de 15h00 à 19h00. 

vue-exposition
Vue d’un angle de l’exposition © Virginie Moreau.

 

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.