DIMONE, chanteur-acteur total soulève le théâtre Jean-Vilar

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C’est dans un Théâtre Jean-Vilar de Montpellier bondé que le 24 janvier 2013, Dimoné sous forme de Carte Noire, a une nouvelle fois tout donné en revisitant ses chansons avec trois musiciens d’origine africaine : Séga SECK à la batterie, Benilde FOKO à la basse et Messo Messo aux percussions. Son compagnon de toujours, Jean-Christophe SIRVEN, a assuré sa part de claviers funambules. Dimoné revendique en effet une grande fraternité avec les musiques africaines. Il souhaitait insuffler des rythmes différents à ses chansons, sans pour autant en faire des caricatures. Chanteur-acteur total à la poésie et à l’autodérision immenses, DIMONE a réussi subtilement son pari avec talent, humour, justesse et générosité… Il trace plutôt bien sa route sur les pas des grands de la scène française… Carte Noire en tournée ? A voir absolument…

Article de Virginie MOREAU à lire dans son intégralité dans l’Hérault Juridique du jeudi 3 janvier 2013 (nos 2922-2923).

 

DIMONE, chanteur-enchanteur montpelliérain, lauréat du prix Charles-Cros

Ce n’est que justice. Le chanteur-compositeur-mucisien DIMONÉ – “ Démon ” en catalan – s’est vu décerner fin 2012 le Grand prix révélation scène de l’académie Charles-Cros pour sa tournée Madame Blanche. Au même moment étaient récompensés les chanteurs Arthur H et Camille, excusez du peu… Une consécration donc, pour notre « enfant du pays », bien connu des Montpelliérains pour sa voix fascinante et ses textes oscillant entre fragilité et force.

Arrivé à la musique vers 18-19 ans pour y trouver une échappatoire à l’école, Dimoné rappelle qu’il s’est d’abord « adonné à la contre-culture » comme bassiste du groupe punk Les Sulfateurs espagnols. Il a ensuite traversé une période de rock alternatif. Petit à petit a cheminé en lui le besoin de mener une carrière solo, de se colleter à la solitude pour écrire des paroles de chansons exprimant son ressenti, ses sentiments. « Pour me raconter, je devais payer un prix : celui d’écrire seul, de ne plus appartenir à un groupe… » se souvient-il. L’écriture est pour lui « un alibi pour pouvoir faire des chansons, une façon de compenser l’échec scolaire, qui a longtemps été un complexe ».

Etant donné la qualité de ses écrits, on a du mal à croire qu’il n’a pas suivi d’études. Justement, quelle est la signification de la distinction qu’il a reçue de la part de l’académie Charles-Cros ? « J’en ressens un plaisir profond ; j’ai presque l’impression de ne pas la mériter ; et surtout je crains d’être attendu au tournant… » avoue-t- il, avant d’ajouter : « Lorsque j’ai appris que le groupe Pink Floyd avait reçu ce prix il y a plusieurs années, j’ai mesuré toute son importance ».

Pour Dimoné, « écrire permet d’exister quand on ne fait pas de concerts ». « Je ne me sens jamais plus vivant qu’en concert » ajoute-t-il. Car abonné aux concerts, il l’est devenu, lui qui s’est produit sur scène une bonne trentaine de fois par an ces trois dernières années. Pourquoi aime-t-il tant la scène ? « Les concerts me permettent de rendre lumineux mes moments de mineur, dans ma petite caverne, lorsque j’écris du fond de ma solitude » explique-t-il.

Interrogé sur les messages éventuels qu’il véhicule dans ses chansons, il dit s’utiliser pour communiquer, mais ne pas vouloir être un porte-parole. La thématique principale de ses chansons est « la complexité universelle d’être, d’exister les uns parmi les autres ». Il ajoute : « Mes chansons se situent souvent au seuil d’un sentiment naissant ou finissant. Je suis le gardien de ce qui me pénètre et me quitte ». Pour définir son style, il dit avoir « l’impression de faire du rock, mais que c’est peut-être de la chanson française ».

« M’exposer (avec ma moustache de Zorro) me protège »…

On aurait plutôt tendance à ranger son travail dans les chansons à texte. Car pour Dimoné, « La réflexion est quelque chose d’assez noir. L’écriture est de l’ordre de la médecine. Cette introspection est une sorte de soin. Le concert est un exutoire : on brûle le roi carnaval ». Etre sur scène lui permet de s’oublier, de « faire sortir des choses ». « M’exposer me protège », estime-t-il. Et pourquoi ce pseudo de Dimoné ? « Parce que je suis dans un rôle. J’ai identifié en moi un ami imaginaire, mon compagnon de route, une sorte de capitaine Haddock que je porte sur mon épaule. Avec lui, j’ai rendez-vous avec mes états d’âme. Lorsque j’écris, c’est comme si je nourrissais cette personne-là. Chaque matin, lorsque je me regarde dans la glace, avec ma moustache, je me fais penser à Zorro, ça me fait sourire. J’aime cultiver une part d’enfance. Et puis, ma moustache est en quelque sorte une charte graphique » confie-t-il.
Après ses albums Effets pervers (1999), Je n’ai pas sommeil (2004) et Madame Blanche (2009), Dimoné termine actuellement l’enregistrement de son quatrième opus, qui s’intitulera Bien hommé, mal femmé. Pourquoi ce titre ? “ Par sens de la formule, d’abord…

VISUEL : Madame Blanche, le dernier album de Dimoné (Jaquette, photo Marc GINOT©)

• Ecouter DIMONE : www.dimonelesite.com/

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