Edgar Morin s’associe à l’appel aux dons pour sauver les Indiens Guarani victimes du Covid-19

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© Christian Puech

50 000 Aty Guasu, Kunangue Aty Guasu, Raj et Aty Jeroky Guasu du Brésil appellent à l’aide l’association « Témoins au bout du monde* » présidée par Christian Puech. Impactés et sans défense face au virus Covid-19 que la mondialisation de notre système transmet partout, ils demandent d’urgence des masques, des produits d'hygiène et des graines pour les plantations. Edgar Morin soutient cette démarche…

L’appel a été lancé le 16 mai par Tekohas Guarani e Kaiowá. Les 50 000 Aty Guasu, Kunangue Aty Guasu, Raj et Aty Jeroky Guasu du Brésil appellent ainsi à l’aide l’association Témoins au bout du monde pour recevoir des « masques à trois couches de tissu de coton, des produits d’hygiène pour les communautés, des boîtes d’eau pour le stockage, des aliments et des graines pour la plantation dans nos rayures. Nous sommes solidaires de toutes les familles en deuil. Ce n’est pas seulement une crise sanitaire, c’est le génocide de notre peuple, c’est un traitement inhumain et raciste contre nos vies. C’est urgent ! Nous demandons de l’aide ! »

Christian Puech, ethno-photographe, président de l’association Témoins au bout du monde (accréditée par les Nations-Unis pour la 12e session des Droits des Peuples Autochtones), analyse ainsi la situation : « Les derniers peuples amérindiens chasseurs-cueilleurs et autres communautés traditionnelles avec lesquels j’ai vécu un temps, ont une culture et sagesse millénaire, de grandes connaissances et savoir-faire qui peuvent être un apport pour l’Occident. En marge des nations modernes, les survivants sont encore victimes d’un ethnocide génocidaire qui se perpétue depuis les conquêtes du XVIe siècle. Aujourd’hui, ces peuples risquent de disparaître à jamais, comme déjà des milliers d’autres ; ce serait une grande perte pour l’humanité. Ils restent pourtant les derniers gardiens naturels de la silva [forêt, NDLR] et des écosystèmes interconnectés qui participent à la régulation du climat de la planète ». Comme pour le climat, et de cause à effet, il y a aussi urgence à aider ces peuples dans leur acte de survie.

Pour faire un don, pour l’envoi des masques, graines… à l’association Témoins au bout du monde, il faut aller sur la plateforme sécurisée LEETCHI, à la rubrique Sauver les Guaranis c’est protéger préventivement nos poumons. Lien pour faire un don : https://www.leetchi.com/c/sauvons-les-indiens-guarani-kaiowa-damazonie-bresilienne

La lettre d’Edgar Morin

En soutien à l’appel de l’association, Edgar Morin a adressé un texte de soutien. Dans cet écrit, il dit (extrait) :  « ces êtres humains si insolites, apparemment relevant d’un autre univers que le nôtre, certains tout peinturlurés (…) ce sont nos pères, nos mères, nos ancêtres survivants d’un passé révolu, présents aujourd’hui parmi nous. Ces êtres sont étranges encore plus qu’étrangers, mais notre identité est incluse dans leur étrangeté. Ils nous disent qu’il y a quelque chose en nous qui ne relève pas du devenir historique, mais qui relève de l’arkhe humaine. Arkhe signifie à la fois le premier, le fondamental, le fondateur. Les archaïques ont une qualité humaine fondamentale. Ainsi, ce ne sont pas seulement nos pères, nos mères, mais en même temps nos frères, nos sœurs. Aujourd’hui, l’anéantissement de l’humanité archaïque ira-t-il à son terme ? (…) Comment sauvegarder cette humanité, si riche dans son dénuement, si pathétique, si innocente ? Faut-il l’enfermer dans des réserves, qui seraient ainsi de véritables zoos humains, et où ils seraient prisonniers plus que sauvés ? L’intégration alors ? Mais celle-ci désintègre. Par la remémoration de leur histoire, la connaissance des vertus de leur culture, l’accession à une conscience d’humanité planétaire… Le patrimoine culturel n’est pas seulement fait de monuments, d’architecture, d’art, de paysage ; il est aussi d’existence de sociétés humaines, existence qui est d’elle-même une résistance à la barbarie de la civilisation évoluée et à la cruauté du monde. Faire mieux connaître l’identité de ces peuples favorise le vivre ensemble, but suprême de la culture. C’est justement l’objet de l’association Témoins au bout du monde. Par avance merci pour ce peuple. »


Christian Puech chez les indiens Huarani d’Amazonie équatorienne. © Christian Puech

Christian Puech, ethno-photographe engagé

Christian Puech est né à Montpellier. Après plusieurs « exuvies » (comme il dit), il s’attache aujourd’hui, par la photographie et le reportage, à soutenir les peuples autochtones, dans une démarche ethnographique et respectueuse. Il préside l’association Témoins au bout du monde.

Pour joindre Christian Puech et l’association :
– page Facebook de Témoins au bout du monde
– e-mail : temoinsauboutdumonde@sfr.fr
– site Internet : http://christianpuech.wordpress.com


Les + de l’HJE

Lire notre article consacré aux expositions de Christian Puech, publié en ligne le 30 janvier dernier : Superbes clichés de Christian Puech « Peuples autochtones, odes à la nature »

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