André Cervera, trouver l’humain dans les voyages

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Focus sur le peintre sétois André Cervera, dans le cadre de l’exposition de la « Grande école sétoise » à la Galerie du Mas de Coulondres (dirigée par Sabine Von Tornhout), sous l’égide de Christian Jurand.

 

Trois œuvres inédites, plus colorées que d’habitude, et d’autres récentes d’André Cervera sont aux cimaises de la Galerie du Mas de Coulondres. Elles côtoient un travail sur papier « plus libre » et une estampe. Le peintre montre ainsi un panorama de son univers pictural.

 

Pékin

« Ma rencontre avec Pékin en 2011, grâce à la Galerie Dock Sud, a été importante pour moi. Dans cette expo, ma période chinoise est évoquée par trois natures mortes. Ces scènes d’atelier incluent des petits fantômes, esprits invisibles, sortes de muses qui, dans l’imaginaire chinois, animent la matière. Depuis ce voyage, je décline ces petites présences. Ces scènes d’atelier que je peins de façon récurrente sont pour moi comme un journal intime. Il y a aussi des correspondances avec la peinture victorienne ou le symbolisme français de Gustave Moreau, Gustave Doré. C’est de la poésie pure pour moi. Je projette d’ailleurs de présenter un jour en exposition un mur de 30 petites scènes d’atelier. Mais cela m’est difficile d’en garder trente ; elles sont très demandées. Je vais devoir faire de la rétention si je veux mener à bien ce projet ! »

Calcutta

« J’étais en Inde d’octobre 2015 à mars 2016 ; j’y ai travaillé pendant quatre mois avec une artiste traditionnelle indienne à quatre heures de Calcutta, dans une communauté de 50 familles réalisant des rouleaux (à l’origine en papyrus) racontant l’histoire des dieux hindous. Ils sont dépositaires de cette tradition depuis des temps immémoriaux. Cette culture était aussi orale et se transmettait par le chant et par le geste. Mariée et mère de 9 enfants, cette artiste a 45 ans. Elle a été maman à 13 ou 14 ans. Nous avons pu échanger grâce à l’aide d’un interprète, car elle ne parle que le Bengali. Sa communauté est musulmane et peint des icônes hindoues ; elle a donc été bannie de la communauté musulmane. Cette artiste et moi avons réalisé 26 toiles, et un documentaire a été tourné. Dans ce travail, nous avons abordé ensemble la mythologie hindoue, la mythologie occidentale (la Bible, l’Ancien Testament) et l’actualité (11 Septembre, attentats de Paris, noyades des migrants dans la Méditerranée…). Cette artiste voyage. Elle avait déjà travaillé sur les attentats de Paris car, ces dernières années, sa communauté s’est ouverte sur le monde. Je voudrais exposer notre série dans un musée français et dans un musée de Calcutta. Je suis en pourparlers avec deux musées, mais rien n’est encore décidé. Je porte en moi depuis dix ans ce projet, qui m’est très cher. Pour le mener à bien, j’ai dû rechercher des financements. J’ai été soutenu par la Ville de Sète, la Région, le ministère de la Culture et par des partenaires privés, ce qui m’a permis de produire le film documentaire de 26 minutes.   » 

Shanghai 

« Je repars à Shanghai en février 2017 exposer dans une nouvelle galerie avec laquelle je travaille. D’habitude, je peins en Chine. Cette fois-ci, j’amène en Chine l’histoire occidentale, que je vais présenter en galerie là-bas. Un pan de cette exposition proposera un tour du monde au travers de tableaux évoquant les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Afrique… L’autre pan proposera un voyage au cœur de l’histoire de l’art, à travers 7 ou 8 toiles emblématiques de l’histoire de l’art occidental, que j’ai revisitées : un Delacroix, un Van Gogh, un Jérôme Bosch, un Cézanne… De retour de voyages entre l’Inde et l’Afrique, j’ai récemment eu l’occasion de réaliser un arbre à vœux au Jardin antique méditerranéen. Nous projetons, le galeriste chinois et moi, de créer un arbre à vœux dans sa galerie de Shanghai. Le lieu s’y prête : c’est un endroit magnifique de 4 mètres de hauteur de plafond. »

Montpellier et le monde 

« Autre projet, je vais exposer à Montpellier, mi-mai 2017, à la Galerie Clémence-Boisanté, à laquelle je suis fidèle depuis longtemps. J’ai aussi d’autres beaux projets avec le Cercle des Arts à Londres, Stockholm, Miami… »

 

Informations pratiques

> Galerie du Mas de Coulondres – RD 613 – 41, route de Béziers – 34430 Saint-Jean-de-Védas.

> Cette exposition est visible du mardi au samedi de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 19h00.

> Pour en savoir plus sur le Cercle des Arts :  www.cercledesarts.fr

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