Fac de médecine de Montpellier : les manuscrits médiévaux de Clairvaux exposés à la bibliothèque

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Des trésors patrimoniaux sont actuellement présentés au public à la bibliothèque de la faculté de médecine. Quelques-uns des 72 manuscrits médiévaux de l’abbaye de Clairvaux, appartenant à l’université de médecine de Montpellier depuis le Consulat, sont en effet précieusement exposés dans des vitrines au degré d’hygrométrie surveillé.

> Article extrait de l’Hérault Juridique & Economique du 8 octobre 2015.

L’exposition L’Art du savoir, orchestrée par la bibliothèque universitaire de médecine, donne au public un aperçu de la prolifique collection de plus d’un millier de manuscrits moyenâgeux qui fut longtemps abritée à l’abbaye de Clairvaux (près de Troyes), avant d’être confisquée pendant la Révolution française. Elle fut en partie récupérée par Gabriel Prunelle au début du XIXe siècle, à la demande de Chaptal, ministre de l’Intérieur de Bonaparte pendant le Consulat, pour constituer le fonds de la bibliothèque de médecine de Montpellier. Bien que bibliothécaire de la faculté de médecine, Gabriel Prunelle choisit de ne pas donner une vision uniquement médicale de l’Homme, mais de réunir un savoir encyclopédique complet recouvrant une grande variété de disciplines. La religion, le droit, l’histoire, la médecine ou encore la philosophie font partie des domaines abordés dans ces écrits. Parmi le fonds de Clairvaux (constitué à l’origine de 1 750 ouvrages), il sélectionna 72 manuscrits donnant une vision magistrale du labeur des copistes au Moyen Âge. Chaque ouvrage est un trésor en lui-même et a nécessité entre six mois et un an de travail de la part du copiste, relayé par un enlumineur, un relieur, etc. Parmi ces trésors figure le célèbre Légendier – recueil de la vie des saints datant du XIIe siècle – de l’abbaye de Clairvaux, qui comprend plusieurs tomes. Celui-ci est particulièrement représentatif du style d’enluminure monochrome de Clairvaux, où seule la lettrine était mise en valeur, en une seule couleur en camaïeu, sans ajout de personnages ou de figures animales, mais avec un style emprunté à l’orfèvrerie. Parmi les autres joyaux figurent notamment la grande Bible de Clairvaux, un missel parisien ou encore des manuscrits carolingiens. Les vitrines donnent également un aperçu des matériaux et des méthodes de fabrication des manuscrits à la fin du Moyen-Âge, et notamment des minéraux utilisés comme pigments colorants pour les lettrines.

Virginie MOREAU

(vm.culture@gmail.com)

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