Montpellier / Archéologie : statue, blason, caveaux et puits mis au jour

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Préalablement à l’extension de la ligne 4 de tramway, des fouilles archéologiques préventives sont menées depuis juillet 2014 sur la place Albert Ier par sept archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), dirigés par Samuel Longepierre (Inrap), sous le contrôle de la DRAC Languedoc-Roussillon. La première phase d’investigation avait mené à l’exhumation des vestiges de l’enceinte défensive (XIIIe-XVIIe siècles) et ceux du couvent des Carmes (XIIIe siècle), à l’extérieur de l’enceinte. La seconde phase (décembre 2014-janvier 2015) concerne le chœur du sanctuaire de l’église des Carmes (sur 650 m2). A ce jour, divers vestiges y ont été découverts, dont une partie de statue polychrome, un blason, des caveaux funéraires, un puits…

L’église des Carmes a eu un destin maintes fois contrarié. Bâtie durant la seconde moitié du XIIIe siècle à Montpellier près d’un couvent, l’église dépassait, par sa stature, la hauteur des remparts de la ville. Elle fut donc rasée en 1361 car sa hauteur constituait un risque pour la défense de la ville. A la fin du XIVe siècle, elle fut reconstruite sur ses anciennes fondations, avant d’être définitivement détruite par les Protestants en 1562 lors d’un incendie, durant les Guerres de Religions.

Parmi les découvertes notables figurent deux statues. La première, peinte en polychromie (rouge, bleu et noir), représente le drapé d’une tenue féminine. Il lui manque malheureusement la tête. Des recherches plus poussées permettront de déterminer s’il s’agit d’une statue de la Vierge Marie, à laquelle est dédiée cette église (dont le nom exact est « église Sainte-Marie du mont Carmel »). Autre sculpture, celle d’un homme barbu tenant un phylactère, qui pourrait être un prophète ou un évangéliste. Les deux sculptures datent du XIVe siècle et font partie des rares sculptures gothiques religieuses retrouvées à Montpellier, presque toutes les églises montpelliéraines ayant été détruites lors des Guerres de Religions.

Autres découvertes : le dallage du sanctuaire, et des caveaux dans lesquels furent inhumés des membres de l’aristocratie et de la bourgeoisie montpelliéraine, comme en témoigne un très beau blason découvert par les archéologues, qui représente les armoiries d’une famille aristocratique. Une trouvaille logique, puisque la grande bourgeoisie et l’aristocratie ont financé les Carmes.

 

Les fouilles archéologiques ont également pu établir que l’église (édifice somptueux d’une largeur estimée à 23 mètres) avait été reconstruite à l’emplacement de l’église précédente, qui avait elle-même été bâtie sur les ruines d’un habitat datant des XII-XIIIe siècles, lui-même positionné sur une ancienne carrière de sable astien induré, qui a pu servir pour l’architecture domestique.

 

Par ailleurs, les fouilles du puits situé dans le chœur de l’église devraient prochainement permettre de mettre au jour des éléments de mobilier préservés par l’eau.

Les fouilles vont encore s’étendre sur deux semaines. Une fois répertoriés et inventoriés par la Région, les objets archéologiques découverts seront notamment déposés au musée archéologique Lattara. Ils serviront à écrire la grande histoire médiévale de Montpellier.

Virginie MOREAU

© photos : Virginie MOREAU / HJE 2014.

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