La magie ésotérique de Miró exposée à Sète cet été 2014 !

Par |

Le musée Paul-Valéry de Sète propose actuellement à ses cimaises une importante exposition consacrée à Miró, riche de 70 œuvres, qui couvre une période allant des années 20 à la mort du peintre, en 1983. Les peintures et sculptures retracent, dans une véritable célébration du signe et de la couleur, la mythologie céleste propre au peintre catalan, et illustrent sa grande liberté picturale. Au fil de l’exposition, les visiteurs peuvent également découvrir son engagement politique en faveur des républicains espagnols et contre le fascisme, et l’influence de ses opinions sur son œuvre. Le langage particulier de Miró et son intérêt pour les femmes, le vide et l’espace, l’astrologie et les planètes s’expriment aux cimaises. Ses femmes, oiseaux et personnages dansent sur les toiles comme un majestueux ballet cosmique et poétique.

Cet article a été publié, dans une version plus complète, dans « L’Hérault Juridique & Economique » du 31 juillet 2014.

Le parcours muséographique montre le parcours stylistique de Miró : sa période fauve, influencée par Van Gogh et Cézanne ; la naissance de son univers onirique proche des surréalistes, mais vis-à-vis desquels il gardera son indépendance ; ses œuvres sombres, au goudron et à la terre sur masonite, au moment de la révolte des républicains espagnols ; sans oublier ses Constellations de 1939-41 et ses cartographies du ciel réalisées dans les années 70.

Liberté picturale et symboles

C’est à sa découverte de la liberté picturale de Paul Klee que le peintre catalan dit devoir sa propre liberté en peinture. A mi-chemin entre figuration et abstraction, le langage pictural de Miró, élaboré à partir du milieu des années 1920, est fortement symbolique. Ses formes simples et dépouillées ont toutes une signification. Ainsi, selon Michel Leiris, « Une ligne droite représente un être humain, l’oiseau est représenté par une plume, la flèche de son vol ou la marque de ses talons ». Savoir que le mot oiseau signifie sexe masculin en catalan permet d’éclairer un peu plus encore l’utilisation récurrente de ce motif dans l’œuvre de Miró. De même, pour lui, l’insecte est un avatar du sexe féminin. Ainsi, l’union érotique et poétique de l’homme et de la femme est évoquée par le peintre dans de grandes envolées chromatiques, mais avec une simplicité extrême des formes. Nombreux sont les symboles célestes qui parsèment l’œuvre de Miró. En effet, disait-il : « je me promène souvent en pleine nuit, je rêve de ciels étoilés et de constellations, cela m’impressionne. Et cette échelle de l’évasion qui est très souvent mise en valeur dans mon œuvre représente une envolée vers l’infini, vers le ciel en quittant la terre ». Le peintre introduisait donc « de toutes petites formes dans de grands espaces vides » afin de retranscrire sa fascination pour l’infiniment grand. Toute sa vie, Miró (1893-1983) n’a eu de cesse de découvrir et révéler « le sens magique des choses » et d’explorer « toutes les étincelles d’or de [son] âme ».

Un catalogue accompagne cette exposition.

Légende de la photo : Joan Miró. Personnages, oiseaux, 28 mars 1976. Huile sur toile, 162,5 x 316,5 cm. Collection particulière, Suisse. © Succession Miró 2014 / ADAGP, Paris 2014.

Virginie MOREAU

> « Miró, vers l’infiniment libre, vers l’infiniment grand »Musée Paul-Valéry – 148, rue François-Desnoyer – Sète – Tel. : 04 99 04 76 16.

> Exposition visible tous les jours de 9h30 à 19, jusqu’au 9 novembre 2014.

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.

En renseignant votre adresse email, vous accepter de recevoir nos derniers articles par email et vous prenez connaissance de notre Politique de confidentialité