Numa Hambursin livre un passionnant « Journal d’un curateur de campagne »

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Numa Hambursin et Robert Combas au Carré Saint-Anne en juin 2015 ©HJE2015 D Croci

Le directeur artistique du Carré Sainte-Anne à Montpellier vient de publier, aux éditions La Chienne, un recueil de ses textes d'expositions, agrémenté d'une introduction captivante qui se distingue par sa sincérité et son franc-parler, inhabituels pour un directeur artistique. Son "Journal d'un curateur de campagne" passionnera à l'évidence tous les amateurs d'art qui ont suivi ses expositions au fil du temps, depuis ses débuts en tant que galeriste et fils de galeriste, jusqu'à sa situation actuelle de commissaire d'expositions ou curateur.

Dans son dernier ouvrage détournant le titre du fameux Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos, Numa Hambursin livre une truculente vision de sa vie de commissaire d’expositions et directeur artistique du Carré Sainte-Anne et de l’espace Bagouet, à Montpellier. On pourrait objecter que Montpellier est loin d’être une bourgade de campagne, mais on reconnaît à Numa Hambursin sa pointe d’humour ou de cynisme bien senti sur la position de Montpellier parmi les villes culturelles. « La culture desnuda permet de rendre la vie moins disgracieuse. » Evoquant la tâche qui lui a été confiée, Numa Hambursin, qui fut adoubé dès son élection par Philippe Saurel, indique en préambule : « Un directeur artistique un peu sincère est soumis continuellement au dilemme de Cicéron, agir ou méditer, peut-être se tenir en équilibre entre les deux tentations » […] « il peut à l’occasion, c’est l’avantage de ce job, épouser la cause d’une femme ou d’un homme de pouvoir qui lui plaît et porter une idée qui, dans le cas parfait, changera la chair d’un territoire ou l’inclinaison d’une ville ». Art, artistes et critiques d’art Le directeur artistique évoque ensuite sa devise, tirée d’une conversation avec « [son] vieux maître [le peintre] Kijno » : « L’art, c’est le témoignage du temps ralenti ». Car, écrit-il, « L’artiste doit s’extraire de l’anecdote et embrasser les thèmes fondateurs. L’amour, la mort, le sacré, la transcendance. C’est ainsi qu’il sublime les conflits du monde et leur offre une portée universelle ». Numa Hambursin s’emporte : « Les artistes m’épuisent ». Il poursuit, sans langue de bois :  » Ils sont trop nombreux à se réclamer de ce titre étendard. Quant aux meilleurs, combien ont tendance à verser dans une forme contemporaine d’aristocratie dédaigneuse ? Ils seraient les derniers seigneurs, les derniers hommes libres d’une société prisonnière de son aveuglement. Misère que l’indignation poussive comme rite de passage obligé, ce conformisme étalé dans...

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