Magnifique Dali au Centre Pompidou, jusqu’au 25 mars 2013

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On croyait tout connaître depuis longtemps des peintures du génie espagnol Salvador DALI (1904-1989). D’abord grâce aux reproductions, puis grâce aux oeuvres vues au Musée Dali à Paris et à celui de Figueres en Espagne. Mais l’exposition qui se tient actuellement à Paris, au Centre Pompidou, permet une approche encore plus fine de ses oeuvres. 

Reportage de Virginie MOREAU à lire dans son intégralité dans l’Hérault Juridique du jeudi 3 janvier 2013 (n° groupé 2922-2923). 

De Dali, l’expo laisse à voir le génie, les excès, les obsessions, les récurrences, les jeux, les fantômes. Populaire, apprécié ou détesté pour ses peintures et ses partis pris politiques (pour Franco notamment), connu pour sa soif de célébrité et son avidité pour l’argent, le peintre avait une personnalité charismatique très affirmée, voire débordante.

Un parcours chronologique présente plus de deux cents de ses oeuvres (peintures, sculptures, dessins…), articulées autour de plusieurs thématiques : le dialogue entre l’oeil et le cerveau du peintre et du spectateur ; les performances, oeuvres éphémères et interventions médiatiques de DALI, qui considérait l’art comme un fait global de communication ; et l’interrogation de la figure (persona) de l’artiste face à la tradition. DALI invite ou oblige le spectateur à passer constamment de l’infiniment petit à l’infiniment grand pour admirer ses tableaux. Car chez lui, contraction et dilatation se polarisent : la précision minutieuse à la VERMEER dont il fait preuve en peignant les détails le dispute au baroque spectaculaire des tableaux vus dans leur ensemble. Et un paysage bien défini prend un sens différent quand il est vu à distance.

Des visages humains ou des têtes de chiens surgissent de ses toiles. Dans ses oeuvres, DALI semble questionner son identité. Il est confronté sans cesse à un autre Salvador DALI : son frère, décédé avant sa propre naissance, et dont il porte le prénom. Très axé sur le couple qu’il forme avec son épouse Gala, il peint inlassablement sa muse et son idée du couple, entre rêve et réalité. La sexualité n’en est pas exclue. L’artiste est également confronté à la guerre, qu’il interroge en peinture de façon magistrale dans des oeuvres comme Le Visage de la guerre (1940). Ici, la guerre est dotée d’un visage dont les yeux et la bouche, horribles orifices, abritent eux-mêmes d’autres visages de la guerre comme autant de vanités (crânes humains). Le comestible est également un de ses thèmes de prédilection, et via ses célèbres montres molles, dans Persistance de la mémoire, il transforme en camemberts coulants ces symboles du temps qui passe. Créateur de son propre mythe, ce surréaliste, inventeur de la « méthode paranoïaque-critique », s’inspire des évolutions scientifiques de son temps pour faire évoluer son style vers ce qu’il nomme « mysticisme corpusculaire ».

DALI est aussi fortement attiré par la religion catholique, au point de se peindre en Jésus rejoignant la déesse Gala et de représenter un superbe Christ de saint Jean de la Croix. Il crée aussi des oeuvres plastiques, comme le Téléphone aphrodisiaque (surmonté d’un homard) et le Veston aphrodisiaque. Ses sculptures, comme la fameuse Vénus de Milo aux tiroirs, semblent tout droit sorties de ses toiles. Excentrique et mégalomane, DALI affiche son aura dans différentes publicités retransmises alors à la télévision et montrées dans le cadre de l’exposition. Ses diverses performances (happenings) sont également diffusées sur des écrans géants, faisant résonner sa voix dans les salles.

Les photos de lui prises par Philippe HALSMAN et restées dans l’histoire le montrent dans diverses compositions plus incongrues et extravagantes les unes que les autres. Enfin, la reconstitution de son célèbre Salon de Mae West offre l’occasion aux visiteurs de s’asseoir sur son fameux canapé-bouche – passé pour toujours à la postérité – après avoir admiré ses plus belles oeuvres.

En pratique

• Centre Pompidou – Galerie 1, niveau 6 – 75191 Paris cedex 04 Tel. : 01 44 78 12 33
Accessible par les stations de métro « Hôtel de Ville » et « Rambuteau ».

Voir le site : www.centrepompidou.fr/
VISUEL : SALVADOR DALÍ – Le spectre du sexappeal, vers 1934
Huile sur bois – 17,9 x 13,9 cm. Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2012.

 

 

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