Patrice Palacio, art fragmental et luminance à Montpellier

Par |

La nouvelle exposition qui se tient à l’Espace Bagouet, dédiée à Patrice Palacio, est une rétro­spective de quinze années de son travail. Pour l’occasion, le peintre et le commissaire d’expo­sition, Numa Hambursin, ont regroupé des œuvres autour du je et du jeu, entre ego et jeux divers.

 

« Au travers d’une sélection de tableaux, l’expo Je_X présente plusieurs de mes phases de recherche. Son titre oscille entre le moi et le jeu, et symbolise l’intervention du hasard dans nos vies. » La recherche du moi et de l’inconnu s’apparente à une quête philosophique.

Le Montpelliérain Patrice Palacio mène depuis longtemps un travail formel d’exploration du noir et du gris qui sous-tend chacun de ses tableaux, parfois à partir d’images issues de l’inconscient collectif. Lui qui envisage le tableau comme un simple écran travaille la nuance et explore le tableau en tant que luminance. Ses Nymphéas, par exemple, résultent de la soustraction de peinture pour en révéler la lumière intérieure. Pour lui, le gris appartient à l’esprit de l’Homme, tandis que les couleurs relèvent de la nature. Voilà pourquoi, dans ses œuvres, les seuls apports de couleurs proviennent de ses collages, et non de sa peinture. En effet, plusieurs tableaux exposés à -l’espace Bagouet comportent deux parties : un « objet » peint à l’huile dans des tons gris, entouré d’un collage coloré formant l’arrière-plan. Ainsi, un bouddha gris, peint en méditation, se détache sur un pan entier de vrais anxiolytiques rouges sous blisters ; et la monumentale main grise de l’artiste interroge les lignes de son avenir par-dessus un collage de jeux à gratter rouge et vert (non grattés). Acheter ce dernier tableau pourrait relever à la fois du coup de cœur, du placement et de l’irrationnelle croyance qu’un ticket gagnant se trouverait collé sur l’œuvre.

Dans Lotoportrait, Patrice Palacio réalise son autoportrait sur des grilles de Loto. De près, on voit une multitude de grilles semblant cochées de façon aléatoire, et de loin on découvre le portrait du peintre, qui développe ici un questionnement sur le rapport au temps, à la distance et au hasard. On le voit, Patrice Palacio n’est pas dénué d’humour ; cela lui « permet de faire passer des choses profondes ».

De nombreux tableaux-écrans reposent sur la fragmentation de l’image et la perception du réel. Ainsi, le peintre reproduit, en les pixellisant, des images récupérées sur Internet. Là encore, la notion de distance intervient. La pixellisation n’est visible que de près. De loin, les images sont fidèlement restituées.

Dans ses œuvres, au fil du temps, Patrice Palacio a rendu de nombreux hommages à l’histoire de l’art, depuis Malevitch jusqu’à l’urinoir de Duchamp, en passant par Gerhard Richter. L’exposition en donne un bon aperçu.

Au-delà de son travail pictural, spécialement pour l’expo, Patrice Palacio a créé avec son épouse Julia, porcelainiste, une installation en porcelaine représentant une boule de bowling et 38 quilles (symbolisant son âge). Cette œuvre aborde la notion de frustration. Les visiteurs aimeraient lancer la boule sur les quilles, mais les dommages seraient irrémédiables du fait de leur fragilité. Idem pour un chamboule-tout prônant l’espoir.

Virginie MOREAU

> Espace Dominique Bagouet, Esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier

> Exposition visible jusqu’au 19 avril 2015, du mardi au dimanche, de 10h à 13h et de 14h à 18h.

> Plus d’informations sur www.montpellier.fr ou par téléphone au 04 67 63 42 78.

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.

En renseignant votre adresse email, vous accepter de recevoir nos derniers articles par email et vous prenez connaissance de notre Politique de confidentialité