Art / Super ERRO au Mac Lyon ! Plus qu’un mois !

Par |

Après la rétrospective consacrée à Robert Combas en 2012, le directeur du Mac Lyon, Thierry Raspail, réédite l’exploit en organisant une rétrospective de l’œuvre du peintre islandais Erró (né Gudmundur Gudmunsson en 1932) en tant que commissaire général. Il est secondé par Danielle Kvaran, conservatrice du fonds Erró au musée d’art de la ville de Reykjavik. Sur les trois étages du musée et près de 3 000 m2, les visiteurs peuvent découvrir plus de 400 œuvres (collages, aquarelles, dessins, peintures, vidéos de performances et films) datant de 1955 à 2013, issues de collections privées et publiques internationales. La richesse de l’accrochage répond à la profusion qui est à l’œuvre au sein des tableaux de ce peintre « pop baroque ». Attention, cette rétrospective à ne pas manquer se termine fin février 2015…

 

> Retrouvez l’article dans son intégralité, sur 8 pages, dans l’Hérault Juridique & Economique du 1er janvier 2014.

Inspiration populaire

Inspiré par les revues scientifiques et techniques, dans ses premières œuvres datant du milieu des années cinquante, l’Islandais Gudmundur Gudmunsson (qui se fait alors appeler Ferro, et sera ensuite contraint d’adopter le pseudonyme Erró pour cause d’homo-nymie) peint des Carcasses et des Sub-Atomes, sortes de créatures dont le visage n’est qu’un cri de douleur rappelant Le Cri d’Edvard Munch. Erró effectue ses premiers collages en noir et blanc dès 1958. Ils reflètent à la fois l’héritage des surréalistes et l’intérêt de l’artiste pour le flux d’images qui se présente à lui. Dès 1964, Erró peint d’après ses collages, inventant le « collage peint ». Il trouve rapidement son écriture artistique. Ses compositions, très riches, mettent en regard différents plans : les premier-plan et arrière-plan se heurtent pour mieux marquer l’incongruité de diverses situations.

Un peintre engagé

Si l’on sent que certains tableaux sont la résultante d’un pur jeu esthétique voire humoristique de la part d’Erró, d’autres reflètent les nombreuses tensions mondiales et font d’Erró un peintre extrêmement engagé. Critiquant les guerres qui ont ravagé et ravagent encore la planète, ainsi que la folie des hommes, Erró ne fait pas dans la dentelle. Une grande partie de la production picturale de ce peintre engagé reflète son horreur de la guerre et des conflits. Autre sujet de révolte, le système économique, qui crée de la pollution et entretient les guerres. En désespoir de cause, dès 1963-1964, Erró finit par faire intervenir dans ses toiles des super héros, seuls à même de sauver le monde, dans l’imaginaire collectif.

Des thématiques récurrentes

Au début des années soixante, utilisant toujours ses collages comme modèles, Erró entreprend un travail pictural considéré comme fondamental par la critique : les Scapes (paysages). Représentant dans des tableaux monumentaux (souvent de 200 x 300 cm) des milliers d’images relatives à un même thème (nourriture, voitures, bandes dessinées…), il établit des sortes d’inventaires documentés ou de catalogues sur toiles. Œuvres de patience, très impressionnants par leur format et la saturation des images, les Scapes témoignent tout à la fois du talent du peintre, de l’universalité de son propos et de son horreur du vide. Erró rend aussi de nombreux hommages aux artistes, qu’ils soient poètes (Apollinaire), acteurs (Orson Welles), compositeurs (Verdi, Arnold Schönberg…), écrivains (William Somerset Maugham…) ou peintres (Pollock, Bosch, Fernand Léger, Dali, Van Gogh, Diego Rivera et Frida Kahlo, Magritte [voir ci-dessous], Kandinsky…). Nombreuses sont les allusions aux bandes dessinées de divers pays (France et Espagne notamment), aux comics américains et aux caricatures dans les tableaux d’Erró. Ses polyptyques semblent évoquer les cases des bandes dessinées. Le peintre va parfois jusqu’à intégrer des bulles de dialogue dans ces « cases ». Généralement, dans ses toiles, les super héros se portent au secours des peuples opprimés. Les derniers tableaux d’Erró, rassemblés dans la dernière salle d’exposition du MacLyon, montrent qu’à 82 ans, le peintre n’a rien perdu de son esprit critique vis-à-vis des pouvoirs autoritaires. L’art, autre thématique récurrente, resurgit dans ses œuvres les plus récentes.

Virginie MOREAU

> MacLyon – Cité internationale – 81, quai Charles-de-Gaulle – 69006 Lyon – Tel. : 04 72 69 17 17.

> Expo visible jusqu’au 22 février 2015 du mercredi au vendredi : 11h-18h, le samedi et le dimanche : 10h-19h.

© photo : Daniel Croci

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.

En renseignant votre adresse email, vous accepter de recevoir nos derniers articles par email et vous prenez connaissance de notre Politique de confidentialité