Ouverture de l’Atelier-Musée Fernand-Michel d’arts brut, singulier & autres à Montpellier

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A force de volonté, de persévérance et d’acharnement, Patrick et Denys Michel ouvriront, le samedi 9 avril prochain, à Montpellier, leur musée privé, dédié à l’art brut et aux arts singuliers, Folk Art, Mail Art et autres, en lieu et place de leur maison natale… Ce musée a pour particularité de jouxter l’atelier de leur père, le regretté Fernand Michel, éditeur d’art et artiste zingueur, catalogué en son temps comme relevant de l’art brut par Jean Dubuffet lui-même. La création de cette collection d’art brut en sept années, avec l’aide de mécènes regroupés au sein de l’association ADABS, relève de la « prouesse », selon Françoise Monnin, historienne d’art et rédactrice en chef du magazine spécialisé Artension, et Laurent Danchin, critique d’art et essayiste, grand spécialiste d’arts brut, outsider et singulier.

Composée d’échanges entre Fernand Michel et ses amis, de dons d’artistes, de collectionneurs et de mécènes, et de prêts effectués par la famille ou des amis, la collection de l’Atelier-Musée rassemble des sculptures, dessins, gouaches, peintures, compositions mixtes, installations et objets divers. Pour la constituer, Patrick Michel a dû se déplacer à travers l’Europe afin de rencontrer les familles, les légataires et les ayants-droits des artistes décédés, et de rendre visite aux galeristes et aux collectionneurs. L’Atelier-Musée présente 750 œuvres datant de 1920 à nos jours, reflétant le travail de 250 créateurs « non-savants mais incroyablement inspirés, parfois dérangeants car proches de la folie ou du mysticisme. Des artistes-artisans autodidactes en matière d’art, cultivés ou analphabètes, s’exprimant avec des moyens simples et ayant souvent un petit vélo dans la tête », selon Laurent Danchin. Ce dernier recense trois types d’art brut : l’art brut asilaire (du style Aloïse Corbaz, aujourd’hui très rare), l’art médiumnique (à l’instar de Mad Gill) et l’art des excentriques (dont Jaber). C’est Jean Dubuffet qui, le premier, s’est intéressé aux créations débridées des pensionnaires des asiles, les qualifiant d’art brut dès 1945. Avant 1952 et l’introduction des neuroleptiques dans les hôpitaux psychiatriques, l’art était souvent le seul moyen d’expression des personnes internées. Certains brodaient, dessinaient, créaient des objets qui, à l’époque, n’avaient aucune valeur marchande. Ce n’est plus le cas : l’intérêt pour cet art est grandissant de par le monde, et la cote des œuvres est montée en flèche. «Un réseau de musées spécialisés s’est construit au fil du temps, dans lequel l’Atelier-Musée Fernand-Michel s’inscrit indéniablement, au vu de sa qualité», selon Laurent Danchin, qui admire «le passage des artistes historiques de l’art brut aux actuels, au sein du musée». «Pour constituer son extraordinaire collection, Patrick Michel a été conseillé par de grands spécialistes de l’art brut et des arts singuliers. Sa collection – constituée en un temps record alors que d’autres y ont consacré toute une vie – est très complète, et propose certaines pièces majeures, et même des œuvres inédites. Je suis stupéfait par le travail colossal mené pour réunir des œuvres d’une telle qualité, au vu de la rareté de certaines», s’émerveille Laurent Danchin.

Des sommités de l’art brut

Les cimaises de l’Atelier-Musée permettent de découvrir des œuvres parfois inédites et majeures de «pointures» de l’art brut, comme Aloïse Corbaz, Adolf Wölfli, Mad Gill, Augustin Lesage, Oswald Tschirtner, August Walla, Carlo Zinelli, Gaston Chaissac, Fleury Joseph Crépin, Scottie Wilson, Simone Le Carré Gallimard, Janko Domsic, Emile Ratier, Alexandre Lobanov, Michel Nedjar, Chaïba, Stani, Michel Macreau, André Robillard… « De quoi faire pâlir d’envie les collectionneurs », selon Françoise Monnin.

Au-delà de l’art brut

Au-delà des œuvres relevant typiquement de l’art brut, l’Atelier-Musée Fernand-Michel propose de nombreuses œuvres de l’art singulier (Yvon Taillandier, Jaber, Jano Pesset, Jospeh Kurt Haas), du Folk Art – Outsider Art (autodidactes américains comme James Harold Jennings, Jimmy Lee Sudduth, Eddy Mumma) et du Mail Art (art postal).

Un double hommage à Fernand Michel (1913-1999)

L’exposition temporaire inaugurale, installée jusqu’en septembre 2016 dans la salle des expos temporaires, est une rétrospective dédiée à l’œuvre « zinguifère » de Fernand Michel. Les visiteurs peuvent également visiter l’atelier de l’artiste, conservé en l’état par sa famille. On peut y découvrir ses machines et ses outils d’édition d’art, ainsi que son atelier de création sur zinc, orné de plusieurs de ses œuvres.

« Cet atelier donne toute son âme à ce nouveau musée, qui devrait très vite se faire sa place dans le réseau des amateurs et collectionneurs d’art brut », selon Laurent Danchin.

Virginie MOREAU

vm.culture@gmail.com

Atelier-musée Fernand-Michel d’arts brut, singulier et autres – 1, rue Beau Séjour – 34000 Montpellier – France – Tel. : 04 67 79 62 22 – www.atelier-musee.com

Ouverture du mardi au dimanche, de 10h à 13h et de 14h à 18h.

Plein tarif : 8 euros – Tarif réduit : 6 euros.

 

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