Bientôt une nouvelle librairie à Montpellier ! « Fiers de lettres » en plein crowdfunding

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A l’issue d’une formation de libraire qu’elles ont toutes les deux suivie, Wissam Mimouni, diplômée d’une école de commerce, et Chloé Bellue, diplômée de sciences sociales, s’apprêtent à ouvrir en juin prochain la librairie Fiers de Lettres au 1, rue du Bras-de-Fer, à Montpellier. Les deux jeunes femmes détaillent leur projet pour les lecteurs de l’Hérault Juridique & Economique. Interview…

En cette ère du « tout Amazon », pourquoi ouvrir une librairie de l’ESS ?

« Nous avons toutes les deux grandi dans des familles attachées aux livres. Selon nous, le livre est un symbole d’engagement, de réflexion sur la société, un vecteur très puissant en matière d’alternatives durables. L’une de nous a été bénévole dans l’économie sociale et solidaire (ESS), l’autre a travaillé de façon professionnelle dans ce domaine. Nous avons voulu nous engager de manière entrepreneuriale, avec les valeurs que nous portons, en ouvrant une librairie. Etre entrepreneuses dans le domaine de l’économie sociale et solidaire a du sens pour nous. Cela passera notamment par un projet ancré sur le territoire. L’organisation de la librairie sera gérée selon le mode de la gouvernance participative avec les parties prenantes que seront nos clients, nos fournisseurs, notamment… »

Quel type de librairie sera Fiers de Lettres ?

« Il s’agira d’une librairie-salon de thé généraliste, engagée dans la promotion des alternatives durables (solidarité, écologie, innovation sociale, enjeux mondiaux…). Elle s’adressera aux enfants comme aux adultes, proposant aussi bien des livres jeunesse, des bandes dessinées, des fictions, des essais ou des livres sur l’entreprise. Tous ces ouvrages présenteront le point de vue des alternatives durables : transitions écologique, sociale, citoyenne… La librairie se doublera d’un salon de thé proposant des produits bio, locaux et équitables, et des pâtisseries fournies par Les Gourmandises de Baba, une entreprise montpelliéraine zéro déchet. »

Pourquoi cette double activité ?

« A la fois pour rentabiliser notre modèle économique (la marge sera plus confortable) et pour apporter une vraie cohérence à notre démarche en mettant en avant, dans le salon de thé, des produits issus des alternatives durables. »

Quelles seront les caractéristiques de Fiers de Lettres ?

« Il s’agira d’une librairie à taille humaine, qui proposera 5 000 références d’ouvrages sur 60 m2, pour débuter. Nous l’avons pensée pour qu’elle soit le plus modulable possible, afin de pouvoir y organiser des événements et des animations de façon régulière. »

Comment votre engagement pour l’ESS se concrétisera-t-il au sein de cette librairie ?

« Nous souhaitons faire de la librairie Fiers de Lettres un vrai lieu de vie. Bien sûr, nous proposerons des signatures avec des auteurs engagés dans les alternatives durables. Notre souhait est de rendre accessibles les ouvrages sur les alternatives durables, et de susciter la réflexion. Nous mènerons donc une démarche globale dans ce sens. Nous organiserons aussi des ateliers pratiques de type Do it yourself (« faites-le vous-mêmes »). Les participants pourront y apprendre comment mettre en place des démarches alternatives dans leur vie quotidienne. Nous planifierons des conférences-débats avec des entrepreneurs sociaux pour rapprocher ce milieu du grand public. Car à Montpellier et plus largement en Occitanie, il existe une multitude d’initiatives formidables qui ne demandent qu’à être mises en valeur. Nous sommes proches des associations actives dans le même domaine que le nôtre, membres du Mouves (mouvement des entrepreneurs sociaux) Occitanie, proches du réseau Transitions et souhaitons rejoindre Alternatiba. »

Comment votre librairie s’inscrira-t-elle au sein du quartier du Bras-de-Fer ?

« Nous avons souhaité installer notre librairie dans cette rue car elle abrite déjà des commerces dont nous nous sentons proches par l’esprit. Il y a notamment une épicerie bio, Le Marché local, qui vend du vrac ; et le restaurant-salon de thé Le Citron, qui propose des produits du marché… Nous nous sentons en phase avec les commerçants de la rue ; les premiers contacts avec eux sont très positifs. »

Pour quelles raisons avez-vous engagé une campagne de crowdfunding ?

« Nous avons débuté une campagne de crowdfunding qui se terminera le 30 avril. Elle comporte trois paliers. Le premier palier, à 4 000 euros, qui était déjà franchi au bout de deux semaines, visait à financer, pour la librairie, du mobilier réalisé par
un chantier d’insertion (Passerelle, à Montpellier). Le deuxième, de 6 000 euros, qui n’est pas loin d’être franchi, couvre le coût d’une machine à café professionnelle. En effet, la librairie sera également un salon de thé, et proposera des produits bio équitables et locaux. Mettre de l’excellent café dans une machine à café de base n’aurait pas de sens. Voilà pourquoi l’acquisition d’une machine à café professionnelle s’impose. Le troisième palier du financement participatif, qui s’élève à 9 000 euros, permettra de financer la construction et l’achat d’un comptoir en bois issu de forêt française, réalisé de façon responsable par le menuisier-charpentier Philippe Vernier. »

Quels livres conseillez-vous aux lecteurs de l’HJE ?

« Tout d‘abord Bakhita, de Véronique Olmi, qui décrit le parcours de vie d’une Soudanaise kidnappée dans son enfance et devenue esclave ; sa libération… Un livre sur la résilience, la tolérance, la diversité. Autre ouvrage, Et soudain la liberté, écrit par Evelyne Pisier et son éditrice Caroline Laurent au décès de celle-ci, portant sur les vies d’Evelyne Pisier – féministe, engagée pour la littérature, le droit – et de sa mère. Un livre sur l’appropriation de la liberté par les femmes. »

 

 

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