Un nouveau musée de Lodève pour juillet 2018

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© Musée de Lodève - Agence Projectiles

Après quatre ans de travaux d'extension, le nouveau Musée de Lodève ouvrira ses portes en juillet 2018. Connu pour ses expositions d’envergure nationale, le nouvel espace proposera à sa réouverture un voyage de 540 millions d’années à travers ses collections permanentes pour retrouver l'empreinte de l'Homme. L'exposition d'été sera consacrée aux faunes de Picasso et Dardé.

Une transformation profonde

La renommée du musée de Lodève auprès du grand public s’est construite surtout grâce aux expositions temporaires de grande qualité, développées depuis 1997 sous l’impulsion du maire d’alors, Robert Lecou, et de la conservatrice en chef et directrice du musée de l’époque, Maïté Vallès-Bled, puis d’Ivonne Papin-Drastik, qui lui a succédé à ce poste. Mais ce serait oublier les collections scientifiques de cet espace fondé en 1957 pour réunir de riches collections en sciences de la terre et en archéologie, prélevées sur le territoire. S’y est ajouté en 1972 le fonds d’atelier du sculpteur Paul Dardé, surnommé de son vivant « le second Rodin ». C’est pour rendre hommage et promouvoir ces collections que Marie-Christine Bousquet, maire de la commune récemment décédée, a engagé un vaste projet d’extension avec les partenaires territoriaux que sont notamment la Région Occitanie et le Département. Ainsi, après 4 ans de travaux, le musée va rouvrir cet été avec un projet inédit pour valoriser pleinement ses collections permanentes tout en poursuivant une politique ambitieuse d’expositions temporaires.

 

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Façade du Musée de Lodève © Projectiles

 

Trois collections, un récit

Loin d’un savoir encyclopédique, le musée a fait le choix de présenter les objets les plus emblématiques et les plus importants sur les plans scientifique et esthétique. Il s’agit de raconter des instants de vie à partir d’empreintes, de traces laissées dans la matière. Traces de gouttes de pluie tombées il y a 285 millions d’années, traces de pas d’une famille qui explore une grotte il y a 9 000 ans, traces du burin dans la pierre qui donnent naissance à une sculpture de Paul Dardé… Chaque œuvre, chaque objet présenté, sont l’occasion d’un récit, d’une « tranche de vie ». Les 3 expositions permanentes ont pour noms : Traces du vivant, Empreintes de l’Homme, et Mémoires de pierre.

Le parcours Traces du vivant sera une invitation à la balade. Une carte animée située en fin d’exposition proposera des photographies des paysages d’où proviennent les fossiles, autant d’invitations à aller découvrir le territoire. Des visites couplées avec les guides-conférencières de Ville et Pays d’Art et d’Histoire proposeront des lectures de ces paysages.

Le parcours Empreintes de l’Homme mènera vers les dolmens et les carrières. Les pratiques des premiers agriculteurs du néolithique renvoient directement à l’agropastoralisme, encore présent sur le causse. Une section consacrée à la relation à la mort renverra vers les grottes sépulcrales et les dolmens présents en grande quantité sur le territoire. L’histoire des premières exploitations minières invitera à la découverte des mines de la région.

Enfin, le parcours Mémoires de pierre sera une occasion de découvrir ou redécouvrir Lodève et ses environs. Et les œuvres de Paul Dardé visibles à Lodève ou dans les villages environnants, comme Saint-Maurice-de-Navacelles, où l’on peut voir son atelier de sculpture, qu’il avait lui-même conçu. Ou encore ses monuments aux morts, qui échappent aux conventions du genre.

 

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Salle du passage © Projectiles

 

Traverser le temps, emporter l’instant

L’entrée générale au nouveau musée de Lodève se fera par la salle du Passage, vaste puits de lumière dont les murs rappelleront les strates de la géologie et de l’archéologie. Le Grand faune de Paul Dardé, sculpture en taille directe de 4 mètres de haut, y accueillera les visiteurs. C’est là que commencera un grand voyage dans l’immensité du temps grâce aux trois expositions permanentes. Une muséographie immersive soulignera l’aménagement des lieux, conçu par l’agence Projectiles*. Interactive et poétique, elle invitera le visiteur à découvrir les traces du vivant sur Terre depuis 540 millions d’années, les témoins de la présence de l’Homme à la préhistoire et l’empreinte laissée par Paul Dardé (1888-1963) dans l’histoire de la sculpture.

 

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Salle du parcours « Traces du vivant » © Projectiles

 

Des animations multimédia imaginatives créées par Les Fées spéciales

A travers ces récits, c’est tout le territoire autour de Lodève qui prendra sens sur 700 m² d’immersion dans l’histoire de la Terre et en 700 objets exposés et 10 animations multimédia, dont la salle du Temps. Les visiteurs pourront découvrir la dalle du Permien, qui présentera sur 40 m² les empreintes de pattes d’animaux disparus. Puis, les 12 dispositifs multimédia réalisés par Les Fées spéciales pour le parcours Empreinte de l’Homme se vivront comme une série. Une grotte a même été reconstituée pour conter deux histoires humaines : le parcours Préhistoire comprendra en effet une reconstitution partielle de la grotte d’Aldène, située dans l’Hérault. Le parcours Empreintes de l’Homme proposera, sur 200 m2, environ 2 000 objets exposés, 12 dispositifs multimédia et 3 présentations de grottes mettant en scène des découvertes exceptionnelles. Enfin, le parcours Mémoires de pierres, consacré à l’œuvre de Paul Dardé, sera une invitation à plonger dans le processus créatif du sculpteur. La présentation sera conçue dans un esprit d’atelier. Des matériaux bruts, de grands établis mêlant bois massif et acier créeront une proximité entre les œuvres et le public. Il proposera sur 250 m2, 100 sculptures et 40 dessins exposés par roulement, 1 dispositif multimédia inédit sur la vie du sculpteur réalisé à partir de plaques photographiques du début du XIXe siècle, et toutes les techniques et les grands thèmes de son œuvre.

* Polygraphik et Lebleu Denastas Design Studio sont associés à la conception de la signalétique et le graphisme des expositions. Avec Les Fées Spéciales, jeune société qui renouvelle totalement le genre du film muséographique.

 

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Paul Dardé, Grand Faune, 1920. Musée de Lodève, dépôt du CNAP ©DR
Pablo Picasso, Buste de faune, 6 septembre 1946. Musée Picasso Antibes – Photo © ImageArt, Claude Germain © Succession Picasso 2017

 

Images du faune de l’Antiquité à Picasso

De juillet à octobre 2018, l’exposition de réouverture du musée de Lodève sera la première grande exposition. Consacrée à ce personnage mythique, l’exposition Faune, fais-moi peur fera écho au Grand Faune, œuvre monumentale et emblématique de Paul Dardé introduisant le parcours permanent consacré au sculpteur. Riche de 170 œuvres – peintures, sculptures, dessins et céramiques – datant du Ve siècle avant J.-C. au XXe siècle, l’exposition sera rythmée par les représentations facétieuses, tendres ou enfantines du faune que réalisa Picasso, lorsqu’il séjourna à Antibes en 1946. L’exposition Faune fais moi peur ! Images du faune de l’Antiquité à Picasso s’inscrira dans le réseau Picasso Méditerranée 2017-2019, une initiative du Musée national Picasso-Paris.

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