Jean-François SOTO : Gignac retrouve sa place

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Un lycée en 2020, les succès de la ZAC La Croix et de l’espace commercial Cosmo, la future ZAC Passide, l’autonomie en eau potable grâce à la Combe Salinière… sous la houlette de Jean-François Soto, maire de Gignac depuis 2014, l’équipe municipale entend redonner de la confiance et oeuvre à la structuration des potentialités de cette commune du Coeur d’Hérault qui accueille 200 nouveaux arrivants chaque année. « Gignac est de retour, mais il faut rester vigilant » dit-il. Cette ville de 6 300 âmes veille à la maîtrise de sa croissance.

Vous êtes le nouveau conseiller départemental du canton. C’est un nouvel angle de vue sur l’aménagement territorial ?

J.-F. SOTO : « Je veux d’abord remercier Louis Villaret, qui a souhaité se mettre en retrait de cette fonction pour se consacrer pleinement à la présidence de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault et celle du Pays Coeur d’Hérault. De nombreux enjeux attendent ces structures territoriales, et je suis fier que M. Villaret ait pensé à moi. Cette succession s’accomplira en binôme avec Mme Morère, adjointe au maire d’Aniane. Ce qui est intéressant, c’est que le périmètre du canton correspond à celui de l’intercommunalité, qui vient de passer à 28 communes. Cela conforte ce que j’appelle le « bloc intercommunal et communal » et met en réelle cohérence les décisions prises par l’une et l’autre des entités. »

 

Qu’est-ce qui est le plus important dans le premier mandat d’un maire ?

« Obtenir la crédibilité nécessaire pour instaurer de la confiance. Et ce qui est important, c’est ce que nous avons fait depuis trois ans pour y parvenir : la mise en place d’une organisation municipale interne, sans chasse aux sorcières. Nous avons conservé à un cas près l’ensemble du personnel. Un pacte de confiance a été engagé. L’adhésion au projet a été totale. Ensuite, malgré la baisse de dotations, nous avons renégocié avec les partenaires bancaires pour rétablir la confiance financière. L’Etat nous a également entendus. Depuis mon arrivée en 2014, en trois ans, l’amputation des dotations sur le budget communal atteint 350 000 euros par an. Parallèlement, nous remboursons aujourd’hui grâce à l’autofinancement, le capital de la dette à hauteur de 100 %, contre 60 % lorsque je suis entré en fonction. Et malgré cet effet de cisaille, nous avons construit un solide programme d’investissements par étapes. Nous préparons le quatrième budget avec prudence, mais avec une ambition raisonnée. Nous respectons depuis le début du mandat notre engagement de ne pas augmenter les impôts au-delà du niveau de l’inflation. »

 

Quelles sont les priorités dans les investissements ?

« Nous sommes tournés vers l’avenir. Et il faut qu’on réalise avec les marges de manoeuvre qui sont celles de Gignac. Nous avons débuté le renouvellement urbain du centre-ville, son réseau d’eau, la place de Verdun… En parallèle, l’ouverture de la Combe Salinière en juin dernier nous apporte – ainsi qu’aux communes limitrophes qui le souhaiteront – une autonomie nouvelle pour
la ressource en eau potable naturelle. C’est historique ! Nous ne puisons plus dans le fleuve Hérault. C’est un des grands événements pour la commune, comme la construction de l’école
primaire juste après la guerre, la reconstruction du barrage hydraulique inaugurée par François Mitterrand, la création du collège, et bientôt le lycée que la Région va réaliser sur la ZAC Passide.

Un pôle pédo-psychiatrique

Nous phasons nos projets, dont certains sont interdépendants. Le départ de Mr Bricolage vers de nouveaux locaux sur Cosmo va permettre de déplacer la gare routière du centreville vers le nouvel espace commercial. La réhabilitation de l’axe principal vers le centre historique pourra alors être engagée. Le nouvel Ehpad nous permet d’envisager la création d’un pôle pédo-psychiatrique dans les anciens locaux. L’intercommunalité, l’Etat, le Département, l’ARS et la Communauté du Clermontais sont parties prenantes. Plus de 400 mètres carrés ont déjà été réaménagés. Ce pôle sera plutôt tourné vers l’enfance. Le CHU de Montpellier et différentes structures sont sollicitées dans ce projet. Une association intervenant dans le secteur de l’enfance souhaite s’installer dans l’aile gauche du bâtiment et créer une vingtaine d’emplois. Avec le docteur Guy Lassalvy, qui a été maire jusqu’en 2003, nous souhaitons faire venir de nouvelles disciplines à Gignac. Prochaine cible : les pédiatres. Il faut savoir que l’on enregistre entre 75 et 80 naissances par an sur la commune. L’intercommunalité va également rénover la crèche. Une étude de maîtrise d’oeuvre est en cours. Une extension de 100 m2 est programmée.

120 associations, 350 événements sportifs, culturels, économiques et institutionnels

Toujours sur le volet social, nous pouvons envisager la réalisation de 30 à 40 logements aidés par an. Une centaine en ajoutant l’habitat privé. Ce n’est pas si mal pour une commune de 6 300 habitants. Je peux aussi évoquer l’extension du restaurant scolaire, la création de deux classes
de primaire, d’une en maternelle… Des structures ont été mises en place pour répondre aux exigences des nouveaux rythmes scolaires. Gignac a aussi la chance d’avoir un tissu associatif fort et dense, dont il ne faut pas éluder la portée sociale et sociétale. La commune a vu émerger au fil
des années quelque 120 associations. Nous sommes passés de 250 manifestations par an en début de mandat à 350 événements sportifs, culturels, économiques et institutionnels aujourd’hui. La musique, entre autres, avec la création du Festival de cuivres Or Note bénéficiant du soutien actif de la famille Lair ; la salle Le Sonambule, dont nous avons réorienté la fonction et qui dispose d’un nouveau directeur [Lire l’interview ]

L’Académie a proposé une classe foot 6es et 5es. Les 4es et 3es suivront l’an prochain

Le sport également. Tous les clubs de Gignac ont une dynamique réelle. La création d’un stade synthétique, inauguré le 25 mars dernier, peut paraître accessoire, mais elle est symbolique de cette implication municipale pour créer du lien social et éducatif. Nous avons aujourd’hui les outils pour faire cela. Le stade est destiné à tous. Le rectorat a décidé de créer cette année – je l’en remercie vivement – une classe foot pour les 6es et 5es. L’an prochain, elle sera étendue aux 4es et 3es. Pour moi, c’est énorme de voir ces jeunes s’investir, avec un comportement exemplaire
et dans une parfaite mixité. »

 

Avec les ZAC La Croix (Cosmo) et Passide, Gignac a véritablement pris une nouvelle dimension…

« C’est avec ce type de projets que je peux dire que Gignac retrouve sa place. Ces deux opérations d’envergure peuvent voir le jour avec le soutien de l’intercommunalité. Et pour Cosmo, grâce à la présence d’un investisseur privé, Pitch Promotion, qui s’est résolument engagé dans une opération de métamorphose et de dynamisation de l’entrée nord-ouest de la ville par l’apport d’activités économiques. La nouvelle ZAC Passide est sans doute le point d’orgue de la transformation de Gignac, avec l’implantation du futur lycée sous l’impulsion de la Région, ce que certains pensaient impossible. J’ai fait mon job. J’ai créé le buzz en m’appuyant sur les médias. J’ai argumenté auprès de Mme Le Pellec, recteur de l’académie, et auprès de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, que je remercie sincèrement toutes les deux pour leur écoute et leur décision.

Le futur lycée : une « petite ville » de 2000 usagers

Avec cette implantation, nous nous apprêtons à accueillir une « petite ville » de 2000 usagers, et la construction de nouveaux équipements publics qui vont générer de l’activité culturelle et de l’économie pour l’ensemble du territoire. Ces deux ZAC résonnent en cohérence avec l’écoparc lancé par le Département de l’Hérault à Saint-André-de-Sangonis. »

Où en est le projet d’excellence gastronomique et hôtelière ?

« Les chefs étoilés sont rares. Gignac a la chance d’avoir Matthieu de Lauzun. En réhabilitant l’Hôtel de Laures par un investissement public-privé, l’idée est de l’aider à disposer d’un écrin adapté à son génie culinaire, pour qu’il aille chercher la deuxième étoile. La deuxième étoile, il l’a d’ailleurs déjà dans l’assiette. Le nouvel établissement sera en phase avec cette volonté. Ce sera une véritable vitrine d’excellence, et Matthieu est un formidable ambassadeur pour Gignac. Le contrat de ruralité signé le 5 janvier dernier entre le Coeur d’Hérault et l’État va concourir financièrement à la faisabilité de ce projet. »

Propos recueillis par Daniel CROCI

Le 13 mars 2017, Jean-François Soto a pris officiellement ses fonctions de conseiller départemental, après le retrait de Louis Villaret, président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault et du Pays Coeur d’Hérault.

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