Patrick Martin : « Oxygénons le Medef »

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© Frédéric Vigier

Redéfinir la gouvernance du Medef, restaurer l’image de l’organisation patronale, défendre toutes les entreprises françaises, lutter contre la fiscalité galopante, valoriser la formation sous toutes ses formes… Lors de la campagne pour la succession de Pierre Gattaz à la tête du Medef, dans laquelle il entre avec détermination et envie, Patrick Martin, l’actuel président du Medef régional Auvergne-Rhône-Alpes, entend faire émerger toutes ces thématiques, voire problématiques.

« Il n’y a pas de sujet tabou », précise celui qui souhaite moderniser le Medef, qu’il juge en « danger ». Surfant sur la bonne dynamique de son ETI patrimoniale, Patrick Martin se dit prêt !

 

Vous avez déclaré votre candidature. Quels en sont les contours ? Quels sont vos soutiens ?

« Je dispose d’un socle solide de partenaires, dont six présidents de Medef de région avec lesquels je travaille depuis un an. Des chefs d’entreprise qui sont à la fois forces de propositions, d’action et d’union : Bretagne, Paca, Corse, Grand-Est, Normandie et Ile-de-France. Cette dernière région est importante car elle balaye le procès d’intention qui pourrait nous être fait, à savoir que ma candidature serait celle de la province contre Paris. Par ailleurs, depuis quelques semaines que l’on teste nos arguments, nous recevons un écho très favorable. Les analyses, les messages et les ébauches de solutions suscitent un réel intérêt. Autrement dit, la mayonnaise prend ; cela nous conforte dans notre engagement. Dernière preuve en date : la réunion que nous avons organisée à Paris le 14 novembre dernier, ciblée sur les Medef territoriaux, a rassemblé la quasi-totalité des territoires présents ce jour-là à Paris. Je ne dis pas que tous vont adhérer à notre démarche, mais cela témoigne d’un véritable intérêt. De la même manière, au niveau des branches professionnelles, nous avons d’ores et déjà des signaux d’engagement. »

La campagne doit-elle rompre avec ses vieux démons ?

« J’aime bien l’idée de casser les codes, pas pour le principe. Le mode de fonctionnement, un peu à huis clos, n’échappe à personne. Ni en interne auprès des adhérents, ni auprès de notre environnement. A terme, cela peut déboucher sur des décalages entre les choix opérés et les attentes des entrepreneurs. Un gros travail est réalisé par les entreprises pour « dédiaboliser » leur image auprès du grand public. J’ai la fierté de ce que je fais, la fierté du Medef, mais il y a un paradoxe troublant : l’image des chefs d’entreprise, des dirigeants de PME, est bonne et s’améliore dans l’opinion publique, alors que l’image des institutions en général – partis politiques, médias… – est dégradée, et le Medef n’y échappe pas. Le sondage de fin d’année dernière de l’Ifop questionnait sur les catégories les plus utiles à la France. A 88 %, les sondés ont répondu les dirigeants de PME ; et à 60 %, les dirigeants de grandes entreprises. Il ne faut pas fanfaronner, mais ce décalage interpelle. Il faut moderniser l’image et le fonctionnement du Medef qui, au fil du temps, ont dérivé et sont de plus en plus éloignés des préoccupations des chefs d’entreprise que nous représentons. »

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