Immobilier, le groupe Thélène mise sur le digital

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© Thélène

A chaud, Richard Thélène, PDG-fondateur du groupe montpelliérain éponyme, spécialiste de l’immobilier d’entreprise et commercial et de la location-vente résidentielle, analyse les premières tendances d’un marché qui ne demande qu’à rebondir.

L’immobilier est un secteur particulièrement scruté en ces temps de reprise d’activité. A chaud, Richard Thélène, PDG-fondateur du groupe montpelliérain éponyme, spécialiste de l’immobilier d’entreprise et commercial et de la location-vente résidentielle, analyse les premières tendances d’un marché qui ne demande qu’à rebondir. Seul bémol, le marché de bureaux semble rester atone.

Comment avez-vous vécu cette période de confinement ?

«Par chance, le Covid n’a impacté ni mes proches ni les collaborateurs du groupe, c’est l’essentiel. Depuis deux mois, l’activité était bien sûr à l’arrêt, même si nous avons assuré une permanence syndic. Mais face au mur, on escalade ! Une crise doit être aussi source de décisions et d’opportunités. Pour Thélène, ce sera un accélérateur de transition numérique. Nous avons mis en place la signature électronique pour les mandats et les baux, et systématisé la visite virtuelle pour notre activité logement. Avec la crise, ces moyens digitaux vont devenir des standards dans nos métiers.»

Depuis le 11 mai, percevez-vous un retour de la demande ?

«Oui, c’est net ! Et pas seulement pour l’immobilier. De par mon activité, je suis en relation avec de nombreux commerçants et gérants d’enseignes. Des magasins de chaussures de sport et d’articles de golf ont réalisé, dès le 11 mai, un chiffre d’affaires équivalent à un jour de fête de Noël ; un concessionnaire automobile haut de gamme m’a confirmé plusieurs ventes en quelques jours… Frénésie de consommation ou rattrapage ponctuel ? Nous verrons, mais c’est encourageant. Thélène est aussi membre du groupe REXIME, composé d’une quinzaine de conseils en immobilier significatifs répartis dans la France entière. Le feedback est pour l’instant partout le même : il y a un réel frémissement de la consommation et, pour certains types de biens, le consommateur a répondu présent.»



« 10 % des 30 000 agences immobilières recensées en France pourraient disparaître… »

Votre profession a connu un véritable trou d’air avec le confinement. Quel en sera l’impact économique ?

«Le président de la FNAIM, Jean-Marc Torrollion, a communiqué sur ce sujet. Les trois mois d’inactivité représentent la perte de 120 000 transactions, un chiffre à rapporter à 1,080 million de transactions réalisées en 2019. Ce sont des affaires que nous ne rattraperons pas. 2020 devrait donc se situer autour de 900 000 affaires conclues. C’est aussi l’équivalent de 3 000 agences de quartier qui vont être amenées à disparaître, soit 10 % des 30 000 agences immobilières recensées en France.»

Sur vos trois métiers, y en a-t-il un plus touché que les autres ?

«Il semblerait – le groupe REXIME le confirme – que l’attentisme soit de rigueur sur le secteur des bureaux. Les crises de 1991 et 2008 ont montré que les décideurs s’étaient alors réorientés vers le marché de seconde main, pour des surfaces plus petites. L’avènement du télétravail peut aussi influer sur les décisions, notamment en termes de surfaces de bureaux utilisables. On note une baisse significative de la demande sur ce marché spécifique.»



« La commercialité s’adapte, change. Les temps de crise accélèrent ce type d’évolution »

Qu’en est-il de la location-vente de logements et des locaux commerciaux ?

«Comme pour la demande en commerces, depuis le 11 mai, nous enregistrons un réel retour de la demande, et surtout de nouveaux prospects. Pour le logement, qui est un besoin récurrent, c’est compréhensible. En appels entrants, nous avons presque retrouvé le rythme d’avant le confinement. L’acquisition-vente devrait également reprendre, et l’on note un fort retour de la demande des investisseurs. Ce sont des acteurs importants du marché immobilier qui se posent sans doute des questions sur la future fiscalité de l’épargne et la fluctuation des cours boursiers. Ils préfèrent anticiper avec du placement dans la pierre. »

« Pour les commerces, on perçoit à nouveau un intérêt très fort, avec beaucoup de demandes, notamment de la part des enseignes et des franchises, mais aussi des investisseurs privés. La crise a reconnecté les consommateurs avec le commerce de proximité. Cela pourrait relancer l’implantation d’activités commerciales en centre-ville et en périphérie directe. De nouveaux modes de consommation se font jour, comme les drive paysans ou de nouveaux concepts comme le vide-greniers que nous avons aidé à s’implanter dans un premier temps à Béziers-Colombiers sur 1 300 m2. Devant le succès rencontré, l’enseigne a voulu s’installer près de Montpellier, à Pérols, toujours avec le même succès. De fait, le marché de la consommation éclate en plusieurs courants de consommation. Le monopole de la grande surface est concurrencé par des modes alternatifs de distribution. La commercialité s’adapte, change. Les temps de crise accélèrent ce type d’évolution et favorisent l’émergence des marchés de niche et des positionnements commerciaux atypiques. Je pense que cette mutation va s’inscrire dans la durée.»

Propos recueillis par Daniel CROCI



 

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