La CPME 34 mise sur les webinaires adhérents et prépare une assemblée générale virtuelle

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Grégory Blanvillain, président de la CPME 34, et ses collaborateurs-adhérents sont restés mobilisés durant toute la période du confinement et poursuivent leur mission d’aide, d’écoute et de relais auprès des pouvoirs publics. Le nouvel usage de la visioconférence et des webinaires a pris une part importante dans la politique d’information et de formation du syndicat patronal. Un webinaire est prévu ce jeudi à 15h avec le service de santé au travail AMETRA. Les explications de Grégory Blanvillain*.

Comment continuez-vous à être au contact de vos adhérents en période de confinement ?

« Nous le savons, jusqu’à fin juin, les rassemblements de plus de quelques dizaines de personnes ne seront sans doute pas autorisés. Nous misons sur la communication à distance et avons d’ailleurs beaucoup appris durant cette période de confinement. Nous mettons en place une série de webinaires [séminaires sur Internet, NDLR]. Durant le mois de mai, ces workshops à distance et en visio nous permettent de former et d’informer les chefs d’entreprise. De plus importants sont également prévus, à l’image de celui que nous avons tout récemment organisé avec plusieurs décideurs, dont la députée Coralie Dubosc, André Deljarry, la Banque de France, la DDFIP… Ils porteront sur la formation et comment former ses salariés pendant la période de chômage partiel. Un webinaire est organisé ce jeudi avec le service de santé au travail AMETRA** et des coachs pour gérer la reprise du travail et l’impact psychologique sur les salariés et les chefs d’entreprise ; un autre concernera le management psychologique lié au télétravail. » 

« Nous avons la volonté d’élargir ces soirées de visiorencontres à d’autres départements, notamment le Gard et l’Aude. »

La communication numérique occupe désormais une très large place dans vos actions…

« En effet, sur ce plan, la transition numérique est bien en marche. Nous avons mis en place, par exemple, des soirées de rencontre en visio où, pendant 45 minutes, on peut passer de room en room d’une dizaine de personnes à chaque fois. On peut présenter son activité mais également aller plus en détail pour le développement de son business. Deux à trois fois par mois, ce concept permet d’aller plus loin que le simple échange de cartes de visite. Chacun a vraiment du temps pour présenter ce qu’il fait, et l’on peut croiser les avis des participants. Cela nous permet aussi d’étendre le rayon géographique. Pour dépasser notre territorialité héraultaise, nous avons la volonté d’élargir ces soirées de visiorencontres à d’autres départements, notamment le Gard et l’Aude. Cela résout aussi les problèmes de distance, de temps de trajet et de sécurité en limitant les déplacements. Elles sont ouvertes à nos adhérents et à nos réseaux partenaires. »

Comment préparez-vous l’assemblée générale du 28 mai ?

« Nous devions la faire le 31 mars, mais les événements ont quelque peu perturbé notre planning. Elle aura lieu le 28 mai prochain sous un format sans doute inédit pour notre syndicat. Certainement en visioconférence, avec peut-être, si les choses évoluent, en partie un accueil physique avec le bureau dans une salle et les participants dans une autre salle, mais je n’y crois pas trop. En juin, nous organisons la soirée sur la transmission d’entreprise qui était prévue initialement avec l’AG du 31 mars. Les cessions d’entreprises et les offres de cédants n’ont pas faibli durant le confinement et, malheureusement pour certains, les choses pourraient même s’accélérer après le confinement. C’est un thème important qui prend une résonance particulière aujourd’hui. »

« Nous réfléchissons à la création d’une plateforme héraultaise en ligne, une sorte d’Amazon local. »

Pour l’après 11 mai, quel accompagnement prévoyez-vous ?

« Tout au long du confinement, nous avons mis en place des cellules d’information et de renseignement pour nos adhérents. Pour l’après Covid, nous lançons 3 cellules de réflexion autour d’une action que nous appelons “Et demain”. Notre club des jeunes entrepreneurs – plein de fougue et d’idées – réfléchit sur ce sujet et sur des mesures très concrètes pour redémarrer très rapidement l’activité. Nous pensons par exemple à demander aux collectivités une utilisation temporaire plus large et gracieuse de l’espace public, notamment pour la restauration, en permettant d’agrandir par exemple les terrasses, pour que les établissements soumis à une nécessaire distanciation physique – distance entre les tables – puissent disposer d’une surface d’exploitation plus importante et avoir un ratio de rentabilité plus adapté. Nous réfléchissons aussi à la création d’une plateforme en ligne – une sorte d’Amazon local où toutes les entreprises de l’Hérault pourraient se faire référencer – doublée d’une grande plateforme logistique pour pouvoir livrer efficacement tous les produits locaux frais ou manufacturés made in Hérault. La CPME 34 publiera un livre blanc regroupant toutes ces propositions en juin. Pour les entreprises du tourisme, nous demanderons des exemptions de cotisations, comme par exemple pour celle du Bureau des congrès de Montpellier. Cela représente souvent plusieurs centaines voire milliers d’euros pour l’année. Si l’on pouvait faire l’impasse cette année, ce serait évidemment un plus salutaire. Pour mon entreprise*, cela représente près de 2 000 euros par an. »

« L’annonce récente d’annulation de charges doit notamment concerner la filière du tourisme événementiel et la CHR, si l’on veut éviter une véritable hécatombe économique et de l’emploi. »

Justement, comment relancer la filière du tourisme événementiel ?

« Au sein de la CPME 34, en partenariat avec la CCI Hérault et la préfecture, j’ai la mission de gérer une cellule de réflexion importante sur la filière du tourisme événementiel prise au sens large, alliant les mondes du tourisme d’affaires et des congrès, de la culture, du sport, des traiteurs, des sous-traitants techniques, des loueurs, des taxis, des sites de réception et de loisirs… Cette filière fait vivre énormément de monde toute l’année, pas seulement en période estivale. Elle sera impactée à long terme. Nous ne connaissons pas la date de reprise potentielle de ces activités. Dès cette date connue, il y aura un effet de latence de six mois à un an avant de retrouver une activité pérenne. On ne reprogramme pas du jour au lendemain un salon, un congrès, une assemblée générale importante ou une foire… Il faudra aussi du temps pour résorber l’impact psychologique de la crise sur les gens et les organisations. De gros donneurs d’ordre ont d’ores et déjà décidé de décaler sine die leurs événements. La peur de regrouper leurs effectifs dans une même salle, par exemple lors d’une AG, est bien sûr compréhensible. Tout le monde pense que tant qu’un vaccin n’aura pas été mis au point et accessible au plus grand nombre, les choses évolueront lentement. Je pense aussi que l’annonce récente d’annulation de charges doit notamment concerner ces secteurs d’activité et la CHR [cafés, hôtels, restaurants, NDLR], si l’on veut éviter une véritable hécatombe économique et de l’emploi. L’Etat, et ses services en local, ont vraiment bien fait le boulot en étant à l’écoute avec une belle réactivité, même si quelques points restent à régler. Il serait dommage que ces efforts consentis aboutissent à une casse à moyen terme, faute de marchés et d’une demande suffisante. Les reports de loyers et de charges, les emprunts, les salaires… il faudra bien les payer à un moment. Sans activité, cela tient de l’impossible. On ne pourra plus ajouter de la dette à la dette. »

Propos recueillis par Daniel CROCI

* Grégory Blanvillain a créé et dirige une société spécialisée dans l’organisation d’événements.


** Les webinaires à venir de la CPME 34

• Avec l’AMETRA, ce jeudi 7 mai à 15h : Bien préparer sa reprise avec ses collaborateurs / santé du dirigeant : https://forms.gle/64JXs57bjXwFMteg8

Plusieurs webinaires en replay sont d’ores et déjà disponibles sur le site du syndicat, https://www.cpmeherault.fr/ :

  • Se former plutôt que licencier (6 mai)
  • Gestion de crise et négociation pour rebondir (6 mai)
  • Impact économique du Covid-19 sur les entreprises du territoire (23 avril).

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