L’interview : Clément Saad, nouveau président de la French Tech Méditerranée

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Clément Saad, 36 ans, fondateur et président de Pradeo (solutions de sécurité mobile, 30 salariés, Montpellier) en 2010, prend la présidence de la French Tech Méditerranée. Le cluster regroupe les entreprises innovantes et des grands comptes de l’Hérault, du Gard et du Sud Aveyron. Clément Saad, seul candidat, succède à Frédéric Salles, dont la société (Matooma) a été rachetée cet été par le Britannique Wireless Group, et qui devient vice-président.

Propos recueillis par Hubert VIALATTE

En quoi le label Capitale French Tech, attribué le 3 avril dernier, est-il déterminant pour le territoire ?

C.S. : « Avec ce label, Montpellier et les territoires existent sur la carte nationale de l’innovation et des start-up. C’est très important en termes de communication et d’image. On aurait pu passer à côté. Il manquait le côté utile pour les entrepreneurs. C’est ce que Frédéric Salles a défendu, aux côtés de start-up, de collectivités territoriales, de banques, de grands groupes, de fonds d’investissement…, lors de la candidature de la French Tech Méditerranée. Je souhaite poursuivre cette action avec le nouveau bureau [composition ci-dessous, NDLR]. Avec le label French Tech, Paris impose une feuille de route, qui doit permettre aux start-up de passer à l’échelle supérieure, et d’assumer une ambition. Nous y ajoutons un certain nombre d’actions, en nous adaptant aux spécificités régionales. »

Quelle première action programmez-vous ?

« Je prévois un déplacement d’une délégation d’une dizaine de start-up dans la Silicon Valley, pour rencontrer, entre autres, des géants du numérique. J’ai une filiale là-bas, je connais très bien l’écosystème. Des start-up ont de l’ambition mais ne savent pas comment faire pour se développer, d’autres ont un potentiel énorme et les dirigeants n’en sont pas conscients. Il faut percer le plafond de verre que les entreprises innovantes régionales se mettent elles-mêmes, et qui handicapent leur action. Or, collaborer avec un géant mondial, ce n’est pas si loin que cela, si l’on a quelque chose à leur proposer. Les choses évoluent : on commence à voir des levées de fonds à deux chiffres.»

Des grands groupes font partie des adhérents. Quel rôle nouveau peuvent-ils jouer auprès des start-up ?

« Face à un grand groupe, les start-up se retrouvent face à des organigrammes gigantesques. Il est difficile d’identifier le bon interlocuteur. Elles perdent beaucoup de temps pour enclencher une collaboration. Je souhaite créer un système de parrainage, avec des représentants locaux de grands groupes. Ils apporteront cette grille de lecture qui manque aux start-up. De manière générale, il faut que l’action de la French Tech Méditerranée soit très concrète. »

Quel est l’objectif en termes de nombre d’adhérents ?

« Une centaine d’ici à la fin de l’année. Nous allons recruter un-e chargé-e de communication et un animateur-trice territorial-e, afin d’offrir des services à toutes les start-up du territoire. »

Votre société, Pradeo, a créé cet été un observatoire des menaces mobiles. Pourquoi ?

« Les menaces mobiles sont en train de se déplacer de l’ordinateur portable vers le smartphone, par rapport aux usages numériques. Cela fait évoluer nos technologies et les types de menaces.»

Les élections municipales ont lieu dans six mois. Un message aux futur-e-s candidat-e-s ?

« C’est encore un peu tôt. Mais une chose est certaine, nous serons très attentifs à la place de l’innovation dans leurs programmes ! »

Des liens vont-ils être tissés avec les autres French Tech régionales ?

« Bien sûr. Nous participerons courant septembre à une réunion avec Cédric O, secrétaire d’Etat au Numérique, Kat Borlogan, directrice de la Mission French Tech, ses services et les autres capitales French Tech. Cette rencontre sera l’occasion de présenter notre écosystème, et d’échanger sur les bonnes pratiques des 12 autres capitales French Tech. Des synergies seront développées.»

Propos recueillis par Hubert VIALATTE


Quatre vice-présidents pour la French Tech Méditerranée

Laurent Biasetti, qui était DG de la French Tech Montpellier, est nommé DG de la French Tech Méditerranée. Dans l’ADN de la French Tech Méditerranée : le développement à l’international des entreprises, la favorisation de l’accès à la commande publique, la simplification des collaborations techniques et commerciales, les interactions entre les start-up les centres de recherche… La nouvelle gouvernance compte quatre vice-présidents : Frédéric Salles, Sabine Breton (Sud Corner), Fabien Ramperez (Appliserv) et Laure Vidal (Il était un Fruit). Philippe Nahoum (Choosit) est nommé trésorier de l’association.


 

 

 

 

 

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