Michaël Delafosse : « Je veux être le premier maire écologiste de Montpellier »

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© Facebook Delafosse2020

A quelques jours du scrutin, le candidat tête de liste de Montpellier Unie (liste « solidaire, écologiste, laïque, innovante » - PS EELV PCF et divers gauche) a accepté de répondre à l’HJE sur le volet économie-urbanisme de son programme. Il précise ses projets pour le développement de l’emploi, du commerce de centre-ville, et sa vision de l’urbanisme au filtre sensible de l’engouement écologiste. Interview…

HJE : Vous insistez, dans votre programme, sur l’esprit de coopération.

M. D. : « Il y a un avant et un après Covid. J’ai observé durant cette crise que les acteurs économiques – la CCI, la CPME, le Medef, la CMA, tous les consulaires et syndicats – ont fait preuve d’un esprit de coopération qui a permis de tenir. C’est cet esprit de coopération que je veux mettre en place dès mon élection, parce que la priorité absolue, c’est de sauver les entreprises et les emplois. Nous allons monter une task-force avec l’ensemble des acteurs. Avec une réunion quasiment hebdo­madaire pour faire le point sur chacun des secteurs, chacune des entreprises, pour leur apporter des solutions et des réponses, afin de conserver notre tissu d’entreprise sur le territoire. Dans ce contexte de crise, la priorité absolue est de protéger les entreprises. Pour cela, il faut un esprit de coopération, une gouvernance apaisée qui fédère, qui mobilise. »

Certains secteurs d’activité vous semblent-ils prioritaires ?

M. D. : « Parmi les mesures que nous allons rapidement prendre, il y a celles qui concernent le secteur du tourisme et de l’événementiel, et notamment de l’activité des congrès. Nous allons créer un fonds de garantie pour tous les organisateurs qui veulent programmer des événements à Montpellier. L’idée est de leur dire : « Allez-y, programmez, et si vous deviez annuler, nous prendrions en charge les frais ». Il faut que l’on commence à retrouver une programmation pour l’année qui vient, parce qu’il est important de donner des signaux d’espoir et de reprise. »

Et de manière plus globale ?

M. D. : « C’est simple, je veux enterrer les conflits stériles qui paralysent les entrepreneurs dans leurs projets et qui stérilisent l’action publique. J’appelle une nouvelle fois à une gouvernance apaisée. La Métropole est aujourd’hui balkanisée. Des maires ont été démis de leur vice-présidence, parce qu’ils ne faisaient pas allégeance au président en place ! Je veux aussi un partenariat de coopération avec
le Département et, bien sûr, la Région, qui porte – comme la Métropole –  la compétence développement économique. Nous sommes dans l’obligation et le devoir de faire ensemble. Je m’engage à ce que toutes les trois semaines, avec Mme Delga et M. Mesquida, nous ayons des réunions de travail à Montpellier.
Là encore, je veux une gouvernance apaisée pour porter des projets. Nous créerons une agence de développement économique pour penser le projet au delà de la métropole, au niveau des 113 communes qui forment notre Bassin de vie.  Sa présidence sera confiée à une personnalité de la société civile, connue et reconnue. Avec le projet Med Vallée, nous voulons fédérer l’ensemble des acteurs de la santé, du bien-être, de l’alimentation et de l’environnement, pour développer un réel écosystème au nord de la ville en s’inspirant du concept Sophia Antipolis. Une déclaration d’intention sera signée le 17 août 2020 autour de ce que j’appelle le pacte Hippocrate. A Toulouse, il y a les avions, à Montpellier nous avons la Santé. »

Que prévoyez-vous pour le commerce du centre-ville ?

M. D. : « Il faut sauver le cœur de ville de Montpellier. C’est un enjeu d’autorité républicaine, de lutte contre l’insécurité,  sur lequel le maire en place – qui a pourtant un pouvoir de police – affiche un bilan catastrophique. Nous lancerons une mobilisation pour l’Ecusson – d’abord la propreté, la sécurité – mais aussi la redynamisation avec le lancement d’un grand projet d’urbanisme, la ZAC Pagézy, qui connectera l’esplanade du Corum au quartier d’Antigone, avec une locomotive commerciale autour du Polygone, des bureaux et du logement pour conforter  la dynamique du centre-ville. Plutôt que d’envoyer les entreprises au Millénaire  se perdre dans les embouteillages, il faut les localiser dans la centralité de la ville  ou au nord, avec le projet Med Vallée,  et rééquilibrer ainsi notre territoire.  Nous voulons également accompagner  le commerce par la création d’un office dédié, parfaitement lisible, qui agira avec tous ceux qui veulent entreprendre et créer dans l’Ecusson afin de participer à  son attractivité. Je suis très défavorable aux modèles de commerces en périphérie. Mes positions sont connues. »

Justement, Ode à la Mer  est un sujet tendance…

M. D. : « La meilleure garantie pour l’arrêt du centre commercial Ode à la Mer, c’est de voter Michaël Delafosse. Sur Ode, il y a une déclaration du maire sortant, volte-face de circonstance, qui vise à dire ce que nous défendons depuis deux ans avec Europe Ecologie Les Verts. Il faut savoir que l’argent public a été dépensé par la Métropole pour défendre Ode à la Mer devant le Conseil d’Etat ! Qu’en tant que président de la SA3M, M. Saurel n’a jamais inscrit cette affaire à l’ordre du jour du 3 juin dernier ! Et qu’il n’existe pas, dans la promesse de vente du 15 décembre 2014, de clause de revoyure. Une lecture attentive du contrat le montre très bien. Et j’entends que la dénonciation du contrat pourrait coûter 50 millions d’euros aux contribuables métropolitains ! Nous sommes très clairs et depuis longtemps sur ce sujet. Ode à la Mer ne se fera pas, parce qu’il ne faut pas deux Odysseum aux portes de Montpellier. Il faudra bien sûr accompagner les commerces du Fenouillet pour leur proposer des relocalisations commerciales notamment sur notre projet de Zac Pagézy permettant de redynamiser le centre-ville et son commerce, ou bien l’avenue Raymond-Dugrand et, potentiellement, le futur stade de football sur le site d’Ode à la Mer, si la famille Nicollin juge opportun d’investir sur cet emplacement. »

L’urbanisation en zone diffuse suscite beaucoup de contestations…

M. D. : « Je vais être très clair ! Pour les promoteurs, Montpellier ce n’est pas le Far-West. Si je deviens maire, on va poser des règles. D’abord retrouver la maîtrise des prix dans un marché aujourd’hui ­complètement dérégulé. Nous allons remettre de la régulation foncière. Je sais que la promotion immobilière est demandeuse de cela. Et puis l’urbanisation à la parcelle qui déstabilise le cadre de vie des Montpelliérains et qui, d’autre part, conduit à intensifier les problèmes d’écoles pleines à craquer ou de congestion automobile dans de nombreux quartiers – les exemples sont, hélas, multiples – nous allons dire que ça s’arrête. Nous allons mettre un stop ! Nous devons dire aux acteurs de l’acte de bâtir qu’avec les territoires de projet sur les ZAC République, EAI, Pompignane, François-Delmas et Zac du Coteau, l’urbanisme à Montpellier, ce n’est pas l’urbanisme à la parcelle mais un urbanisme de projets. Les règles du jeu seront lisibles et connues de tous. Je sais que l’on peut compter sur une mobilisation des acteurs de la construction pour être innovants sur le plan de l’écologie, de la qualité de l’habitat. Qu’ils sachent qu’ils auront, avec moi, un maire qui sera extrêmement attentif à la régulation des prix du foncier. Et puis, Montpellier ne peut plus absorber à elle seule la croissance démographique. C’est pour cela qu’il nous faut avoir d’excellentes relations avec le Département, pour procéder au rééquilibrage de la croissance démographique et en particulier vers le Nord Hérault, qui a un très fort potentiel. Je le dis aux acteurs du BTP d’une manière inlassable : à Montpellier, nous avons encore des chantiers colossaux de réinvestissement urbain. Et dans les zones d’aménagement concerté, Il faut que la norme écologique soit la norme de l’acte de bâtir. Si nous relevons ce défi à Montpellier, nos  entreprises pourront s’exporter ailleurs grâce à leur savoir-faire.»

Quelle place pour l’environnement et l’écologie dans votre programme ?

M. D. : « C’est l’autre enjeu essentiel. Je veux être le premier maire écologiste de Montpellier. Je suis très « habité »  par ce qui se passe dans le monde, par ces jeunes qui ne votent pas mais qui marchent pour le climat, qui nous interpellent face à notre responsabilité pour l’avenir. Et je veux être l’écho de cette génération qui tire la sonnette d’alarme. Je veux être ce maire qui fait entrer Montpellier dans la transition écologique en proposant un Green New Deal. C’est-à-dire une mobilisation de l’argent public sur tous les enjeux liés à la transition écologique. Nous lancerons un emprunt, nous mobiliserons nos structures comme Energies du Sud, filiale de la SERM, qui sera notre acteur public pour engager un vaste plan de rénovation thermique de l’habitat dont la ville et dont les acteurs du bâtiment ont besoin, tout en préservant le pouvoir d’achat des Montpelliérains. Je préfère que nos concitoyens aillent au café, au restaurant, à un spectacle plutôt que d’alourdir leur facture d’électricité. »

Propos recueillis par Daniel CROCI

• Liste Montpellier unie conduite par Michael Delafosse : toutes les infos, ses projets et son programme sont répertoriés sur www.delafosse-2020.fr/


Les programmes des autres candidats à Montpellier

Pour être exhaustif dans votre information politique sur ces municipales montpelliéraines, nous vous invitons à suivre l’actualité et les programmes des autres listes en lice.

• Liste “Montpellier la Citoyenne” conduite par Philippe Saurel : consulter le programme, ses engagements pour Montpellier et suivre son actualité : www.philippesaurel2020.fr.

• Liste «Cœur, Ecologie, Démocratie» conduite par Mohed Altrad : informations, programme, profession de foi à découvrir sur https://mohedaltrad2020.fr/

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