Municipales à Montpellier : l’avènement de Michaël Delafosse

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© Facebook Delafosse2020

A 42 ans, le candidat PS-EELV veut modeler la métropole méditerranéenne à son image, en faisant de la mairie une instance de dialogue et de concertation apaisée, dans une vision globalement environnementale. Michaël Delafosse était d'ailleurs l'un des rares candidats têtes de liste à mettre son idéalisme en pratique. Adepte de la petite reine depuis toujours, il ne conçoit pas de se déplacer en ville autrement qu'à vélo.

Les observateurs politiques et économiques le pressentaient : les planètes venaient de s’aligner dans le ciel de Michaël Delafosse. Il ne restait que le passage aux urnes ce 28 juin pour confirmer un changement de braquet et de perspectives. Une confirmation en demi-teinte toutefois, due à l’ombre d’une abstention grandissante (65,5%*) qui démontre que l’on peut être élu magistrat suprême de la septième ville de France grâce au vote favorable de seulement 15,64 %*des électeurs inscrits. Les légitimités démocratique et représentative peuvent dès lors se poser… Pour l’heureux élu, l’heure est plus sûrement à la satisfaction, celle d’être désigné vainqueur d’une réelle rivalité avec le maire sortant, forgée à l’occasion de destins parallèles, et qui ne date pas du début de ces municipales.



De nombreux enjeux

Les enjeux sont multiples pour le nouvel édile, qui doit maintenant se tourner vers la présidence de la métropole. Le premier enjeu est sans doute d’aller vite dans la mise en place des mesures d’urgence annoncées durant sa campagne. Un autre sera d’éviter l’écueil d’une redite politique : on se souvient que la liste de Jean-Pierre Moure et du PS avait été blackboulée par les électeurs de 2014. Ils avaient semble-t-il davantage rejeté l’entre-soi patent, inhérent au fonctionnement systémique des ex-grands partis, que le programme d’une liste qui avait ses pertinences (comme la Cité du Corps humain, projet abandonné par Philippe Saurel) et ses faiblesses. L’erreur serait, bien sûr, de reprendre le chemin de ces travers qui conduisent à la désillusion. Outre la défense de l’emploi et de l’économie, l’insécurité et la propreté de la ville, un autre sujet reste cruellement d’actualité : celui du logement et de l’urbanisation. « Je suis pour une logique de projets », nous a dit Michaël Delafosse (cf Interview HJE), signifiant que l’urbanisation diffuse à la parcelle, c’était « terminé ! ». Il reste à mettre en forme une équation complexe, entre la nécessité de construire, la volonté de préserver et de développer les espaces nature, et le souci de satisfaire les aspirations légitimes des petits propriétaires fonciers privés ; tout ceci sur fond de mobilité douce, mais non contraignante pour les autres usagers de la route.



Realpolitik négative

L’heure est donc à l’ouverture de la pensée et à l’analyse pragmatique. D’abord celle d’un échec. L’échec de la stratégie d’un homme hors partis mais qui aurait bien voulu faire quelques pas avec LREM. Ses adversaires politiques ont, eux, régulièrement dénoncé un comportement clivant et isolationniste vis-à-vis des autres instances territoriales, de certains maires de la métropole, de certains membres du conseil municipal… Certaines décisions brutales aussi, comme le limogeage de collaborateurs et de personnalités souvent remarquables, à l’exemple de Numa Hambursin, dont le travail culturel au Carré Sainte-Anne avait pourtant connu un important retentissement. Dans les causes – qui génèrent toujours des effets induits – les politologues avisés évoqueront sans doute une surmédiatisation boursoufflée par voie de supports de communication dociles et de réseaux sociaux ineptes, qui semble avoir d’abord amusé puis rapidement lassé la population. N’est pas un non-stop people qui veut… évidemment. Une surmédiatisation dispendieuse de surcroît – dénonçait Mohed Altrad – qui aura montré ses limites électorales et celles d’un marketing politique flatteur et désuet, qui ne trompe plus l’électeur. Entouré pourtant de belles personnalités comme Chantal Marion à l’économie ou Isabelle Marsala à la petite enfance puis à la culture, le rejet est consommé. 11,48%* des électeurs inscrits favorables au programme Saurel, cela reste particulièrement faible pour un maire sortant.

Mais ce sont sans doute l’incohérence de la démarche globale, les indécisions et les décisions surprises qui ont tranché le cap du maire sortant : du long réexamen du tracé de la ligne 5 à l’annonce d’un investissement de 100 M€ pour la place de la Comédie, en passant par l’abandon opportun entre-deux tours du projet Frey de Shopping Promenade® (Ode à la Mer), ou encore ces pistes cyclables sorties de nulle part qui ont désarçonné à la fois les cyclistes par tant d’opportunisme politique, et les usagers de Montpellier pour ces embouteillages supplémentaires dans une ville déjà saturée.

Pourtant, la Municipalité avait engagé une démarche expérimentale intéressante avec la non-progression des taux d’imposition – et même une baisse annoncée pour ce mandat potentiel, mais qui n’a pas convaincu – ou encore la concertation des riverains tous azimuts, via plus de 200 réunions de quartiers. Cette volonté de transparence et de dialogue ne se sera finalement pas retrouvée dans les urnes, et doit laisser comprendre que la démocratie participative ne garantit pas une élection.

A suivre…

  • Source : préfecture de l’Hérault.

 

 


Qui est Michaël Delafosse ?  – Il se présente ICI


Interview de Michaël Delafosse : « Je veux être le premier maire écologiste de Montpellier » A lire ICI


 

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