Premier conseil de Michaël Delafosse, 62e maire de Montpellier : ce qu’il faut retenir…

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© Ville de Montpellier et métropole

Les premières grandes lignes du mandat Delafosse ont été esquissées samedi 4 juillet à l'occasion de l'installation du nouveau maire. Le conseil métropolitain aura lieu le 15 juillet. Les conseils municipaux se tiendront le lundi matin selon le souhait du nouveau maire. Un agenda des premières mises en œuvre sera fixé. Les indemnités des élus vont baisser de 5 %, la gratuité des transports pour certaines catégories sociales sera rapidement mise en place. Il y a urgence pour le vote du budget de la 7e ville de France, car il existe un risque juridique, a indiqué Michaël Delafosse.

Article de Virginie MOREAU et Daniel CROCI

Michaël Delafosse, 42 ans, professeur d’histoire et géographie, marié et père de deux garçons, est donc le 62e maire de Montpellier. Le conseil d’installation s’est tenu le 4 juillet au matin, en présence du maire sortant – qui s’est éclipsé après la remise de l’écharpe républicaine – et en l’absence de Mohed Altrad, excusé. Plusieurs personnalités y ont assisté, dont Hélène Mandroux, maire de Montpellier de 2004 à 2014 ; André Deljarry, le président de la CCI Hérault ; ou encore Numa Hambursin et Régis Penalva, deux exclus de la mandature Saurel œuvrant à la culture. A sa demande, l’écharpe tricolore a été remise au nouveau maire par les benjamins de la nouvelle assemblée, dont un lycéen marcheur pour la planète.  


Revoir la séance du conseil et le discours du nouveau maire sur le site de la Ville de Montpellier ICI


Gravité, espérance, reconnaissance

Dans son discours, Michaël Delafosse a insisté sur la gravité de la charge et de la situation, et sur l’espérance que suscitait cette élection pour la ville. « J’ai espoir dans les ressources, idées, volontés des habitants de Montpellier, a-t-il souligné. Lorsqu’il est fait appel à l’intelligence, l’intelligence répond. » Il a exprimé sa reconnaissance pour cette ville dont il n’est pas natif, où il est arrivé en 1990, et qui lui a donné « les conditions idéales » pour se réaliser personnellement, professionnellement et politiquement. Il a réitéré ses engagements de campagne pris devant les Montpelliérains et Montpelliéraines et affirmé sa volonté de « rebâtir une ville apaisée et active, écologique et innovante, plus sûre, qui apporte son aide aux personnes fragiles ». Avec une pensée émue pour Georges Frêche et un très bref salut républicain au maire sortant, mais un long témoignage d’affection et de respect pour l’ancienne maire Hélène Mandroux.

Très touché, la voix prise par l’émotion, le nouvel édile s’est ensuite centré sur les prochaines mises en œuvre de son début de mandat et sur la nécessaire exemplarité que devront manifester à la fois les élus et les agents de la collectivité. Indiquant vouloir partager la rigueur du débat public dans le respect, il a réitéré l’obligation d’une indispensable probité morale et d’une rigueur de comportement face à l’abstention grandissante et à la décrédibilisation de la classe politique, faisant même signer une charte aux élus. « Je serai un maire de dialogue et non de conflit, œuvrant pour le bien commun, dans le respect des personnes et des idées », a-t-il rappelé, en martelant trois fois vouloir avoir pour seule ligne de conduite le « sens du service public ». Insistant sur l’importance des enjeux à relever, le nouveau maire de Montpellier a cité Jean Jaurès : concernant l’honnêteté intellectuelle face à la vérité, « le courage c’est de chercher la vérité et de la dire ». Il a également par trois fois rappelé l’importance de la liberté de la presse, évoquant à l’appui l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

Michaël Delafosse s’est dit à l’écoute de la population. Il sera notamment « à l’écoute de ceux qui entreprennent pour répondre à l’urgence écologique, climatique, sociale et économique ». « Je serai un maire actif, résolu et volontaire, présent aux côtés des entreprises, des artisans, des professions libérales et des commerçants », a-t-il insisté. L’élu souhaite renouer avec un esprit de coopération avec la Région (Carole Delga) et le Département (Kléber Mesquida) (ce qu’il avait affirmé lors de notre interview avant le second tour) car, a-t-il assuré : « Isolés, nous ne pouvons rien ».

« J’aime Montpellier et ses ruelles tortueuses et pierreuses, sa lumière, son dynamisme, son ouverture d’esprit. Je suis toutefois conscient des difficultés, de la sécurité, des incivilités », a-t-il déclaré avec fougue.

Il a martelé l’importance de l’éducation, de la culture, du sport, répétant qu’il aurait le même engagement pour tous les quartiers sans exception.

 

Submergé d’émotion, prenant une grande inspiration avant de prononcer son discours, Michaël Delafosse venait tout juste de ceindre l’écharpe républicaine ce samedi 4 juillet 2020. © Daniel Croci

 

La double anecdote

En préambule à l’installation du nouveau maire, Max Lévita – grand argentier notamment de la mandature Saurel, doyen de l’assemblée (82 ans) – a listé un bilan et les futurs enjeux pour la collectivité. Avec un petit couac, du moins ressenti comme tel par la principale intéressée. Se défendant de vouloir faire un long discours à la Cuba, après avoir évoqué les précédents maires de Montpellier, il a lancé :  » Je salue Hélène Mandroux, qui n’est pas encore morte », suscitant étonnement et interrogation par sa saillie plus proche de l’humour à plat d’un Fidel Castro que de l’élégance de l’esprit des Lumières. L’ex-maire de Montpellier lui a adressé illico un SMS amusé – « Navrée d’être encore vivante (je plaisante) » – et indiqué : « je suis médecin, il est normal que je prenne soin de moi ». Autre anecdote, dans son discours, Michaël Delafosse a souhaité un bon anniversaire à sa mère, dont c’était l’anniversaire précisément le 4 juillet, et salué son père, présent dans l’hémicycle municipal.


Michaël Delafosse : qui est le nouveau maire de Montpellier ? 


Michaël Delafosse et Coralie Mantion, les colistiers appelés à présider aux destinées de la Ville et sans doute de la Métropole. © Virginie Moreau

 

Budget non voté, un risque juridique

Après son installation, le nouveau maire de Montpellier s’est exprimé sur les premières actions de son mandat : « Nous sommes la seule ville de France à ne pas avoir délibéré sur un certain nombre d’actes administratifs, dont notre budget. Je dois dire que cette situation crée un risque juridique pour Montpellier. Il y a donc là une responsabilité à y parer. Je dois construire dans l’extrême urgence un  budget – il y aura sans doute une session de budget supplémentaire – pour commencer à traduire les orientations. Il me faut aller très vite pour que le budget de la Ville soit adopté. Le 15 juillet [NDLR, il a dit « le 15 décembre », faisant ainsi un lapsus] se tiendra le conseil de métropole où je porterai ma candidature (…) Nous allons commencer à mettre en œuvre le projet. Une délibération fixera le calendrier de la mise en place de la gratuité des transports ; elle commencera les week-ends le plus vite possible. »

Parmi les priorités

Parmi les prochaines mesures qui seront adoptées, le nouveau maire a énuméré « La tarification sociale de la restauration, la tarification écoresponsable de l’eau, la mise en place du chantier de la mutuelle communale, des études urbaines pour préparer… » « Vous savez, j’ai siégé six ans dans l’opposition, où il y avait une quarantaine d’affaires inscrites (à chaque conseil). On va doubler pour mettre en œuvre les orientations. Il sera présenté un agenda des mises en œuvre pour lesquelles les Montpelliérains et les Montpelliéraines nous ont accordé leur confiance », a-t-il annoncé. Le maire souhaite « mettre Montpellier sur la voie de la transition écologique », en développant par exemple les déplacements doux (vélo…).

Fanny Dombre-Coste, ex-députée de l’Hérault, est nommée première adjointe, chargée de l’Education. © Virginie Moreau
Standing ovation dans l’hémicycle municipal. © Daniel Croci

 

Baisse des indemnités des élus

Michaël Delafosse a poursuivi :  « Dans le conseil municipal, dans le conseil de métropole, je vais proposer de délibérer sur la mise en œuvre des engagements programmatiques sur lesquels j’ai été élu. J’ai déjà commencé en démissionnant de mon mandat de conseiller départemental en raison du non-cumul des mandats. Au-delà des engagements, ce qui me semble important dans ce contexte, c’est de baisser de 5 % les indemnités des élus du conseil municipal. Il est normal que les élus bénéficient d’une indemnité, mais qu’ils la concilient avec une activité professionnelle. »


Les 25 adjoints à la Ville de Montpellier

La liste de Michaël Delafosse a obtenu 48 élus au conseil municipal de Montpellier. Vingt-cinq d’entre eux ont été nommés adjoints. L’ordre de présentation a été établi par le nouveau maire élu :

-Fanny Dombre-Coste, 63 ans / artisane, formatrice / PS (ex-députée de l’Hérault) / Première adjointe en charge de l’éducation. (Les délégations des autres adjoints seront annoncées à l’occasion du prochain conseil municipal),

Manu Reynaud, entrepreneur  informatique / EELV,
Maryse Faye (69 ans), architecte-urbaniste retraitée / PS,
-Hervé Martin (51 ans), professeur en Segpa /PCF,
Agnès Robin (49 ans), enseignante-chercheuse / société civile,
Michel Calvo (70 ans), retraité/PS,
Tasnime Akbaraly (44 ans), chercheuse à l’Inserm,
Sébastien Cote (48 ans), professeur en CPGE (classe prépa)/ PS,
-Séverine Saint-Martin (52 ans), directrice générale d’une SCOP/ société civile,
Michel Aslanian (60 ans), chef d’entreprise / société civile,
Marie Massart, cadre territoriale / EELV,
-Stéphane Jouault, conseiller principal d’éducation / EELV,
Emilie Cabello (38 ans), assistante de direction /PCF,
Charles Sultan (74 ans), professeur émérite de médecine / société civile,
Mylvia Houguet (47 ans), cadre de l’assurance maladie / PS,
Mustapha Laoukiri, conseiller en financement solidaire / société civile,
-Fatma Nakib, chargée de production spectacle vivant / société civile,
Roger-Yannick Chartier (52 ans), agent immobilier / société civile,
Véronique Brunet (57 ans), cadre associative dans le domaine sportif /PS,
Boris Bellanger (47 ans), greffier principal /PS,
Nicole Marin-Khoury (60 ans), agent administratif de la fonction publique / PS,
-Laurent Nison (46 ans), chef de projets informatiques / société civile,
Radia Tikouk (49 ans), assistante de direction communication /EELV,
Eddine Ariztegui, cadre en ressources humaines / PA
Agnès Saurat (53 ans), chargée de projets éducation et santé /PCF.

Les autres élus municipaux qui devraient intégrer le futur conseil métropolitain

En tête de liste figure bien sûr Coralie Mantion (architecte / EELV), qui devrait obtenir une délégation importante, en fonction de l’élection à la présidence de la métropole de Michaël Delafosse.

Puis : Julie Frêche (40 ans), cadre de la fonction publique /PS,
Christian Assaf (47 ans), cadre de la fonction publique /PS, ex-député de l’Hérault,
– Clare Hart (55 ans), chef d’entreprise / société civile (déjà présente sur la liste PS de Jean-Pierre Moure en 2014.)
– Christophe Bourdin (51 ans), avocat / société civile. 

Les autres élus de la majorité au conseil municipal

– Clara Gimenez (25 ans), doctorante / PCF,
François Vasquez, kinésithérapeute / société civile,
Bruno Paternot (35 ans), artiste / EELV,
Catherine Ribot, professeure d’université  / EELV,
Mikel Séblin (44 ans), cadre en hôtellerie et restauration / société civile,
-Sophiane Mansouria (27 ans), agent territorial / société civile,
Yves Barral (65 ans), retraité / PS,
Célia Serrano (38 ans), consultante stratégie mécénat / EELV,
Yvan Nosbé (49 ans), technicien dans la fonction publique /PS ,
Mickael Diore (47 ans), restaurateur commerçant /société civile ,
Nadia Akil (51 ans), demandeuse d’emploi / société civile,
Caroline Dufoix (63 ans), en formation / société civile,
Françoise Boutet-Waiss (64 ans), inspectrice générale de l’Education nationale / PS,
Jean-Dominique Delaveau, retraité de l’éducation populaire / place publique,
Georges Ardisson (71 ans), retraité / PCF
Elodie Brun-Mandon (42 ans), chargée de projet CAARUD /société civile.
-Hind Emad (38 ans), chef d’une start-up / société civile.



Les 11 élus au conseil municipal de la liste de Philippe Saurel

-Philippe Saurel (62 ans), chirurgien-dentiste,
Soune Serre (44 ans), cadre SNCF Réseau,
Max Levita (82 ans), professeur des Universités,
Joëlle Urbani (28 ans), infirmière,
Abdi El Kandoussi (46 ans), diplômé en architecture,
Isabelle Marsala  (61 ans), artiste peintre,
-Bernard Travier (69 ans), magistrat honoraire,
-Patricia Miralles (52 ans), fonctionnaire,
Luc Albernhe (59 ans), adjoint cadre hospitalier,
-Stéphanie Jannin (42 ans), architecte et maître de conférences à l’école d’Architecture
Mustapha Majdoul (59 ans), gérant de sociétés.



Liste de Mohed Altrad : 6 élus au conseil municipal

Mohed Altrad  (68 ans), chef d’entreprise, président du MHR,
Alenka Doulain, salariée du secteur associatif dans le domaine de la transition énergétique
Serge Guiseppin, conseiller en développement touristique et directeur de la campagne
Clothilde Ollier (45 ans), infirmière urgentiste
Salim Jawhari, référent sur l’Hérault de l’Union des démocrates et écologistes
Flora Labourier (38 ans), avocate et ancienne porte-parole du PS.

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