Rencontre HJE : interview de François Asselin, président de la CPME

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De passage à Montpellier* pour la transmission de présidence de la CPME Hérault entre Bernard Cabiron et Grégory Blanvillain son successeur, François Asselin évoque, avec la rédaction de l'HJE, des points d'actualité et sa vision du syndicalisme patronal. Au programme : le grand débat national, la loi Pacte, le calcul de la représentativité syndicale…

Votre mandat à la présidence de la CPME va s’achever. Quel est votre état d’esprit ?

F. Asselin : « J’arrive en effet à la fin de mon premier mandat. Ce furent cinq années extraordinaires de ma vie. En fait, pour répondre à votre question, c’est un très beau mandat. C’est à la fois altruiste et égoïste de ma part, parce que je me suis enrichi humainement d’une façon incroyable. Je sais d’où je viens et je sais où je retournerai après. Je n’ai pas de question existentielle, ni de question sur l’après. Les coups d’adrénaline pourraient me manquer, mais à la réflexion, la vie d’entrepreneur n’en manque pas. C’est même du service continu. » [rires].

Vous vous déplacez régulièrement pour aller à la rencontre des adhérents. Est-ce votre marque de fabrique ?

« Je me déplace dans tous les territoires, donc je me déplace beaucoup. Un aller-retour par semaine, deux cette semaine, à Lyon et Montpellier*. C’est toujours l’occasion pour moi d’aller à la rencontre des adhérents, de les écouter sur des questions très concrètes concernant la CPME, et comment on pourrait améliorer les choses ensemble. Je ne viens pas pour enseigner mais pour apprendre. Savoir comment vont les entreprises, ce qu’attendent les chefs d’entreprise et les adhérents de la CPME. Je suis un dirigeant comme celles et ceux qui viennent à ma rencontre. La légitimité de mon mandat vient d’eux. C’est aussi l’occasion de faire un tour d’horizon. »

Pourquoi Montpellier ?

« J’arrive ici à un moment particulier. Je viens récompenser celui qui a donné [NDLR : Bernard Cabiron] et celui qui va donner [Grégory Blanvillain, le nouveau président de la CPME34 – Lire l’interview HJE]. Lorsqu’on est élu président d’une CPME territoriale, on ne devient pas le premier des notables mais le premier serviteur des entreprises, dans la proximité. Des femmes et des hommes qui s’engagent de façon désintéressée pour le bien commun, pour ce qui leur ressemble… Il faut les encourager. Et très sincèrement, je pense que notre syndicat a cette qualité militante dont, d’ailleurs, le pays a besoin. »

Justement au sujet de la nation, et sans entrer dans un grand débat, quelle est votre analyse ?

« Nous sommes, politiquement, à un vrai tournant du quinquennat [NDLR : d’Emmanuel Macron]. Nous avons exercé un virage avec François Hollande au moment de la mise en place de la politique de l’offre, en janvier 2013. Le constat ? Si le secteur marchand d’un pays ne s’en sort pas économiquement, le pays ne peut pas s’en sortir. Et le secteur marchand est composé à 99% de TPE et de PME. Parfois on me dit, « vous avez un président et un gouvernement pro business ».

 

« Les chefs d’entreprise ont l’impression d’être des risque-tout “enquiquinés” par des risque-rien… »

 

Mais, peut-on imaginer un président anti-entreprise ? Nous évoluons dans un monde globalisé, dans une économie de marché. Si l’on veut s’en sortir, nous sommes obligés d’accompagner, ou pour le moins de créer un environnement favorable aux entreprises et aux entrepreneurs. La richesse se crée dans l’entreprise. Il est donc, de fait, impossible d’avoir un exécutif anti-business. Après, évidemment, il faut faire de la politique, et la politique c’est faire des choix. Nous sommes à un moment où le président de la République va devoir poser des choix. »

La Loi Pacte va être mise en place…

« C’est plutôt un bon texte de loi, avec bien sûr quelques regrets, mais c’est la première loi où il n’y a pas de nouvelles obligations pour les entreprises ! C’est à souligner [rires]. Pour les bons aspects : l’abandon du forfait social est une excellente chose – il ne faut pas oublier que l’on revient à la situation d’origine. Comme quoi la fiscalité est une vraie maladie dans notre pays ! Le fait de gommer le seuil de 20 salariés est également une bonne nouvelle, et l’établissement d’une période de cinq ans…

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