Steve Amat analyse le baromètre CNCC-Opinion Way sur le risque en entreprise

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Steve AMAT président de la CRCC de Montpellier © HJE 2017, D. Croci

A l’occasion des 30es Assises de la profession, qui se sont tenues le 21 novembre au Palais des Congrès de Paris, la Compagnie Nationale des Commissaires aux comptes (CNCC) a publié la première édition de son baromètre économique, désormais semestriel, réalisé par Opinion Way auprès de 500 dirigeants d’entreprises de 10 à 249 salariés. Les grands enseignements de ce baromètre vus par Steve Amat, président de la CRCC de Montpellier, en charge de cette étude.

Les 13 500 commissaires aux comptes, qui accompagnent 180 000 petites et moyennes entreprises et signent près de 230.000 rapports financiers chaque année, ont souhaité mettre en place un dispositif d’analyse sur la perception qu’ont ces dernières des risques auxquels elles sont confrontées et leurs natures. De cette étude originale se détachent plusieurs points-clés. Premier enseignement, 91% des dirigeants interrogés affirment que leur entreprise sera présente sur le marché dans cinq ans. C’est, pour la CNCC, un message optimiste d’expression d’un retour à la confiance. Néanmoins, ils sont attentifs pour 61% d’entre eux à l’évolution de leur marché et pour 58% à l’incertitude du cadre réglementaire dans lequel ils évoluent. Enfin, 28% des dirigeants seulement jugent que leur entreprise pourrait être confrontée à un risque lié à la transformation numérique. 36% seulement se disent inquiets face à ce risque.

Pour Steve Amat, membre du bureau de la Compagnie nationale et président de la Compagnie régionale de Montpellier en charge de cette étude : « les entrepreneurs ont une vision optimiste, mais profondément lucide, de leur environnement le plus traditionnel ou historique. Ils manquent sans doute de critères d’observation objectifs sur les risques nouveaux, comme le numérique et la cybercriminalité… Il est préoccupant de voir des prises de risques majeures – comme un changement de stratégie ou une augmentation de capital – jugées moins lourdes que l’embauche d’un CDI. Les chefs et cadres dirigeants de PME sont naturellement moins disponibles et clairvoyants pour des
sujets qu’ils ne maîtrisent pas. »

Confiance dans la stabilité

Ainsi, si 91% des dirigeants interrogés affirment que leur entreprise sera présente sur le marché dans cinq ans, 80% d’entre eux pensent qu’elle ne sera pas confrontée à une nouvelle crise économique au cours des deux prochaines années. Pour les commissaires aux comptes, au-delà du retour à la confiance dans la dynamique de croissance du pays, les dirigeants affichent une véritable confiance dans la stabilité de leur propre business.

La perception du risque pour une embauche de CDI

Néanmoins, les entrepreneurs apprécient différemment le risque qui les environne et leurs prises de risques. C’est ainsi qu’ils sont 61% à s’inquiéter de nouvelles concurrences et respectivement 46% et 40% à s’interroger sur le risque financier ou lié aux ressources humaines. L’embauche d’un salarié en CDI constitue pour 51% d’entre eux une prise de risque nouvelle, comme l’est pour 41% d’entre eux le changement de leur stratégie. La CNCC constate ainsi un réel décalage de perception entre les risques sociaux et de compliance et les autres risques.

Cette prise en compte insuffisante  pourrait peut-être s’expliquer également par la charge administrative constante qui pèse sur les épaules des dirigeants de PME et par l’instabilité réglementaire de ces dernières années, qui les ont détournés de problématiques pourtant croissantes. Ainsi 59% d’entre eux estiment consacrer trop de temps aux démarches administratives pour être conformes aux réglementations et aux normes, par rapport à leur activité économique, et 66 % ressentent le besoin d’être aidés pour comprendre les obligations légales, les normes et les certifications auxquelles leur entreprise est soumise.

La politique gouvernementale est-elle de nature à diminuer leurs risques ?

Pour 49% des chefs et cadres dirigeants d’entreprises, le gouvernement est à l’écoute des dirigeants de PME, 47% pour les entreprises de moins de 50 salariés, 57% pour les plus de 50 salariés. Pour 77% d’entre eux, la présence au gouvernement de personnalités du monde de l’entreprise permet que les intérêts des entreprises soient mieux compris, 74% pour les entreprises de moins de 50 salariés, 91% pour les plus de 50 salariés. Mais seuls 39% des dirigeants évaluent positivement l’action du gouvernement (note de 6 à 8). Pour 44% d’entre eux, la loi travail va leur permettre de mieux anticiper les risques, pour 48% leur garantir une meilleure sécurité juridique et pour 26% les inciter à créer des emplois. Les priorités à inscrire dans la loi Croissance de 2018 sont pour nos dirigeants : soutenir les PME en cas de crise (77%), faciliter les démarches administratives (67%), réduire les délais de paiement (33%) et enfin sécuriser l’investissement (26%).

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