Accompagnement des chefs d’entreprise : Initiative Cœur d’Hérault recherche parrains et marraines expérimentés

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Le 22 juillet, à l’occasion d’un afterwork organisé dans le splendide château de Malmont, près de Clermont-l’Hérault, Initiative Cœur d'Hérault (ICH) a rappelé ses missions et lancé son Club Parrainage.

La volonté de la plateforme – qui attribue des prêts d’honneur après sélection et accompagne les lauréats dans la création et le développement de leur activité – est d’apporter aux bénéficiaires ICH une écoute et une entraide privilégiées, afin de briser l’isolement du nouveau chef d’entreprise dans ses prises de décision.

“Le Club Parrainage lancé par l’ICH n’est pas un club d’affaires.” Sylvie Painvin, présidente de la plateforme, précise : “Initiative Cœur d’Hérault a pour vocation de permettre aux femmes et aux hommes de réaliser leur rêve de création d’entreprise ; et de permettre à ceux qui rêvent encore, malgré les masques et le contexte de crise sanitaire, de développer leur activité. Le Club Parrainage vient en soutien de ces actions”. 

© HJE, D. Croci

Valeur humaine

Pour la création du Club Parrainage, le fil conducteur – déjà bien présent dans l’ADN de l’ICH – est la valeur humaine, à laquelle s’ajoute l’expertise. “Nous sommes des professionnels – experts-comptables, banquiers, chefs d’entreprise expérimentés – et nous sommes toujours en quête de nouvelles compétences pour élargir la vision et l’acuité de cette expertise” analyse la présidente. 

 

Pour professionnaliser davantage son accompagnement, la plateforme s’est structurée en différents pôles : le pôle finance, le pôle stratégie et pilotage, le pôle développement (afterworks, réseaux sociaux, soirées lauréats) et le pôle production (Club Parrainage, action QPV Lodève, comités de sélection). 



Vingt ans d’actions

Les résultats sont là. Depuis la création de la plateforme et en vingt ans d’actions, 495 entreprises ont été aidées financièrement (1 053 emplois) pour un effet levier de 10,7 ! Plus de 2,7 millions d’euros ont ainsi été attribués en prêts d’honneur, qui ont permis de lever 31 millions d’euros auprès des banques en prêts associés. Mais l’effet ICH n’est pas seulement financier. Les entreprises accompagnées montrent un taux de pérennité de 75 %. Ce taux est même de 88 % trois ans après la création. 

Au premier semestre 2020 et durant la crise du Covid, l’ICH a continué à attribuer des prêts d’honneur. Sur la période, 15 entreprises ont bénéficié de prêts d’honneur pour 81 000 euros et plus de 1,1 million d’euros en prêts bancaires associés. Fanny Jeanjean, permanente de l’ICH, confirme : “Nous voyons en moyenne plus de 150 créateurs par an”. L’intérêt de l’ICH ne se dément donc pas, même en période de crise sanitaire.



Une charte « parrainage »

Les premiers parrains et créateurs soutenus par l’ICH ont tenu à témoigner lors de cette soirée de lancement du Club Parrainage. Cyril Bouty, de C2B Clôtures ; Nicolas Portales, d’O2 Care Services ; Benjamin Corallo du restaurant Levidence ; Jacques Beauclair (ES Embouteillages Services – Le Château de Malmont) ou encore Damien Perez (Darty, M. Bricolage) et François-Régis Boyron (cabinet d’assurances Allianz) l’un des tout premiers parrains… Tous sont unanimes sur leur parcours création : “Il m’a manqué un parrain, quelqu’un avec qui parler”. Jacques Beauclair – également président du Club entreprises du Cœur d’Hérault – analyse : “Le métier d’entrepreneur, c’est gérer la peur en permanence… On ne peut avancer seul”. Anne, marraine ICH et serial entrepreneuse, souligne : “lors de mes multiples créations, j’aurais aimé pouvoir me confier ou partager les décisions importantes avec quelqu’un d’expérimenté”.

Tous s’accordent aussi à dire qu’il est essentiel que les chefs d’entreprise aguerris fassent “quelque chose” pour leurs nouveaux confrères ou consœurs. “Une région économique n’avance que si tout le monde s’y met. Les Business Angels mettent de leur argent. Nous, nous donnons du temps pour qu’un créateur évite les erreurs et réussisse au mieux son entreprise.” Pour baliser les contours de ce parrainage, l’ICH a édité une charte de bonne conduite. Elle permettra d’encadrer dans les meilleures conditions cet accompagnement de proximité. Les parrains s’engagent a minima à suivre leur “poulain” et partager 3 repas par an et 3 temps d’échange avec lui. Avis aux amateurs, l’ICH lance un appel à compétences et à l’entraide…

Contacter Initiative Cœur d’Hérault : https://www.facebook.com/InitiativeCoeurHerault/


© HJE, D. Croci

Questions à Sylvie Painvin

HJE : Combien de parrains et marraines sollicitez-vous ? Quel profil recherchez-vous ?

Sylivie Painvin : “Nous recherchons des chefs d’entreprise expérimentés et n’avons pas d’objectif chiffré. La plateforme s’était donné un horizon de 100 créations accompagnées par an, puis le Covid est arrivé… Nous venons de connaître un stress sanitaire inédit. Par notre métier, qui est la finance et l’économie, nous constatons aussi un stress économique très important. Avec ces parrains et marraines, nous voulons vraiment aider les créateurs d’entreprises de façon très qualitative. Ces parrainages doivent être utiles dans un échange donnant-donnant. Les parrains et marraines vont donner d’eux-mêmes, mais aussi quelque part se rassurer eux-mêmes. L’échange est important dans les deux sens. Ils vont se rendre compte de toute la richesse que l’on reçoit quand on accompagne un créateur ou que l’on participe aux comités d’ICH. Nous recherchons donc des personnes bienveillantes, qui ne soient pas dans l’idée de faire du réseautage et disposant d’une forte expérience en entrepreneuriat. L’ICH se positionne sur l’entraide et l’accompagnement désintéressé…”

HJE : Comment le tissu économique du Cœur d’Hérault se porte-t-il ?

S.P. : “Certaines entreprises sont en souffrance ; c’est incontestable. Surtout les entreprises en création. Elles disent toutes que 2019 a été une jolie année et qu’en plein essor, et avec beaucoup d’espoir sur l’avenir, l’arrêt net lié au Covid a impacté leurs ambitions. La crise joue forcément sur le moral, et a joué sur la crainte et la consommation. Mais il est un peu tôt pour savoir si le tissu local va fonctionner ou si le tourisme littoral va se rabattre sur notre territoire et contribuer à sauver l’économie locale. J’ai toutefois l’impression, non encore chiffrée, qu’un réamorçage s’opère. Par exemple, l’activité loisirs, qui a beaucoup souffert, doit absolument trouver de nouveaux clients venus du tourisme. Il faut rattraper le chiffre d’affaires perdu. On en saura plus notamment avec le bilan de l’activité touristique en septembre prochain.”

Propos recueillis par Daniel CROCI



 

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