Bio 3/3 : une production bio en mouvement

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Après les deux premiers volets consacrés à la consommation puis la distribution, l’HJE s’intéresse à la production. Avec des données issues d’une visio de l’Agence Bio en juillet dernier sur les chiffres 2019 de ce secteur d’activité. « Une production en mouvement… on ne peut pas mieux dire » explique Gérard Michaut, président de la Commission de l’Observatoire national de l’Agriculture bio. Les surfaces conduites en bio ont en effet progressé  sur tous les segments de marché.

En 2019, on dénombrait 47 196 producteurs bio en France, pour 2,24 millions d’hectares établis en surfaces bio ou en conversion (565,5 hectares). L’engouement des ménages français pour une alimentation « healthy » n’en finit pas  de bousculer les statistiques. Les surfaces conduites en bio ont progressé l’an dernier de façon proportionnelle au nombre de fermes engagées dans cette démarche. Soit respectivement de +13,1 % et +13,4 %, concernant  toutes les grandes catégories de cultures.

Si les surfaces fourragères – qui occupent plus de 60 % de  la sole bio – sont les moins dynamiques (+10 % par rapport  à 2018), le vignoble se convertit rapidement en bio avec
à la clef une progression des surfaces de +23 % liée à des conversions initiées en 2018 et renforcées en 2019. On note ainsi le passage l’an dernier de près de 21 000 hectares  en première année de conversion, soit nettement plus que  les 14 000 hectares engagés l’année précédente.



La très forte évolution des surfaces en conversion, liée au nombre croissant des domaines viticoles intéressés, montre un engagement bio essentiellement concentré dans le Bordelais et le Languedoc. Cette dynamique porte à plus de 14 % la part du vignoble de France conduite en bio.

Les surfaces cultivées en légumes frais bio atteignent pour leur part 34 668 hectares, soit une augmentation de +20 % par rapport à 2018. Les grandes cultures bio maintiennent leur élan de conversion en 2019 avec de nouveau plus de 100 000 hectares en première année de conversion. En cinq ans, ces surfaces ont été multipliées par 2,5. Les légumes secs voient leur part en bio augmenter considérablement (+34,5 %). Au final, 4,9 % des surfaces de grandes cultures françaises sont cultivées en bio en 2019.

Le verger fruitier a aussi initié une vague de conversions  en 2018 qui se confirme en 2019 : un tiers de ses 51 668 hectares (soit 16 % de plus par rapport à 2018) conduits en bio sont en conversion.

Les cultures de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) sont toujours largement concernées par le mode de culture biologique (tisanes, huiles essentielles…)  et connaissent un développement comparable sur cinq ans  à l’ensemble des cultures bio. En 2019, 18 % des surfaces  de PPAM étaient cultivées selon le mode biologique.



Elevage bio : un œuf coquille consommé en France sur trois est bio !

Entre 2018 et 2019, la conversion et l’installation d’élevages porcins et avicoles se sont montrées toujours dynamiques avec notamment une progression de +17,8 % des mises en place de poules pondeuses et +27 % des cheptels de truies. En 2019, environ 16,1 % des poules pondeuses du cheptel national total étaient bio (+3 points versus 2018), pour répondre à la demande toujours plus forte des consommateurs qui mangent plus d’un œuf coquille sur trois en bio. Les cheptels de vaches laitières et les chèvres bio connaissent une évolution à 2 chiffres de respectivement +10 % et +12 %, mais moindre par rapport à celle connue entre 2017 et 2018. La progression des bovins viande et des ovins bio, déjà en retrait en 2018, est inférieure à +5 % en 2019. Pour cette viande, la part des cheptels conduits en bio reste à des niveaux équivalents à ceux de 2018.

Cocorico pour l’Occitanie !

Parmi les grandes régions de France qui mènent une conversion active de leurs productions, l’Occitanie arrive en tête. Environ la moitié des fermes et des surfaces conduites en bio se trouvent dans trois grandes régions françaises : l’Occitanie avec 10 663 fermes et 503 026 hectares ; la Nouvelle-Aquitaine avec 6 996 fermes et 289 468 hectares ; et  l’Auvergne-Rhône-Alpes avec 6 581 fermes et 274 094 hectares. Ces 3 régions comptabilisent aussi près des deux tiers des entreprises françaises de l’aval certifiées bio. Avec les régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur, densément peuplées, elles représentent  à elles cinq 60 % de ces entreprises.

Si plus du tiers des surfaces fraîchement converties se situent en Occitanie (+51 000 hectares) et en Nouvelle-Aquitaine (+39 000 hectares), l’est de la France se montre très dynamique avec plus de 27 000 hectares convertis  à la fois dans le Grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté.



L’Hérault en pointe pour la production bio

Le club des départements dépassant 1 000 agriculteurs bio s’est considérablement élargi avec 10 départements en 2019, alors qu’ils n’étaient que 4 en 2018. Derrière le Gers (1 577 producteurs) et la Drôme (1 415), le département de l’Hérault pointe à la 3e position (1 211) avec 18 % de sa surface agricole utile totale conduits en bio ; mais c’est le 20e département pour ses surfaces bio ajoutées à celles en conversion, et le 14e pour les surfaces en conversion seule. On dénombre 494 opérateurs aval, ce qui positionne l’Hérault en 8e position nationale (Paris étant en première position avec 909 opérateurs aval).

Cartographie bio en cours

Lancé en 2020, le projet CartoBio mené par l’Agence Bio, cofinancé par le programme d’investissements d’avenir et l’Inao, a pour ambition de cartographier les parcelles engagées en bio. Ce projet permet à l’Agence de fiabiliser les statistiques et ainsi d’ajuster les surfaces bio. L’observatoire national de l’agriculture biologique estime que 50 000 hectares environ ne sont pas comptabilisés dans les données transmises par les organismes certificateurs. Ces surfaces bio sont principalement situées dans l’ouest de la France, sur des productions fourragères et de grandes cultures. Ainsi, en 2019, les surfaces bio peuvent être estimées à 2,3 millions d’hectares, soit  8,5 % de la surface agricole utilisée française.



Les fermes biologiques emploient plus de main-d’œuvre que les fermes conventionnelles

Selon le recensement agricole de 2010, les fermes bio employaient en moyenne 2,41 unités de travail par an au lieu de 1,52 dans les exploitations conventionnelles. A court terme, l’agriculture bio génère 180 000 emplois. Les emplois des filières bio concernent tous les stades des filières ainsi que différents secteurs. Leur nombre a été multiplié par 1,5 depuis 2016. En 2019, on estime que le secteur bio a employé directement plus de 179 500 équivalents temps plein (+15 % par rapport à 2018), dont 113 740 emplois directs dans les fermes (+13 % par rapport à 2018). L’agriculture biologique concerne désormais 10 % de l’emploi agricole.

 

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