Cobaty Montpellier, Abdel Ameur : du LAb-Aéroport à Beyrouth

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En marge du Printemps des réseaux qui aura lieu le 2 juillet à l'hôtel du département à Montpellier, rencontre avec le président du Cobaty Montpellier Méditerranée (CMM) qui évoque les projets de son association.

Interview. Président du Cobaty Montpellier Méditerranée (CMM) depuis juin 2018, Abdel Ameur, 56 ans, agent immobilier et syndic de copropriété à Montpellier, évoque pour l’HJE l’actualité de son association qui fédère 76 adhérents. Le CMM va parrainer la création du Cobaty Côte d’Ivoire et lance une étude…

Que représente le Cobaty à Montpellier ?

Abdel Ameur : « L’association mène depuis soixante ans son action de fédération de l’ensemble des acteurs économiques parties prenantes de l’acte de bien construire, des architectes aux professionnels du BTP, des professions juridiques aux experts de l’urbanisme et de l’environnement. La délégation montpelliéraine compte 76 adhérents – un seuil maximal qu’il sera difficile de franchir afin d’éviter une gestion trop complexe, malgré l’afflux régulier de demandes de candidatures. »

Que propose votre association ?

A. A. : « Son objectif est de contribuer à améliorer l’habitat d’aujourd’hui avec une vision prospective. Il s’agit d’initier collectivement et collégialement des réflexions liées à la construction, à l’urbanisme, à l’environnement et de participer à des événements régionaux, nationaux, voire internationaux. Les valeurs du Cobaty, c’est aussi la valorisation de l’apprentissage et la transmission du savoir de l’acte de bâtir. L’association mène également des actions de terrain. »

Vous faites allusion au récent « A » de l’aéroport de Montpellier ?

« Par exemple. À travers un projet mixant marketing et environnement, cette action vient de redonner de la vigueur au fameux « A » signalétique de l’Aéroport Montpellier Méditerranée, à l’entrée de la zone aéroportuaire. Le lancement officiel du projet, avec la pose de la première pierre sur le nouveau site d’implantation du « A », s’est fait en présence d’Emmanuel Brehmer, le président du directoire de la SA AMM (Aéroport Montpellier Méditerranée). Il a eu lieu le mardi 21 mai. C’est un projet ambitieux, tant dans sa finalité que dans le mode opératoire retenu. Il est mené en partenariat avec le monde éducatif. L’objectif a été d’associer sur une durée longue (2018-2019) les milieux entrepreneurial, scolaire et viticole. Les étudiants du lycée des Métiers de l’Ecoconstruction et du Bâtiment Léonard-de-Vinci de Montpellier, encadrés par des entreprises membres du Cobaty Montpellier et leurs enseignants, ont ainsi réalisé la remise en état de la structure, la fabrication de nouvelles pièces et le massif de fondation. »

Le futur « A » à l’entrée de la zone aéroportuaire, à Mauguio. © Esquisse : Vincent Pedreno, dessinateur et graphiste en architecture.

 

Pourquoi associer le monde viticole ?

« C’est un apport agro-environnemental qui correspond bien à notre territoire, où paysages agricoles et naturels participent à l’attractivité touristique. Avec le concours du Département de l’Hérault, du CIVL, de Coop de France Occitanie, de l’Inra/ IFV et de la chambre d’agriculture de l’Hérault, les apprenants du CFA/CFPPA Agricole de l’Hérault, encadrés par leurs enseignants, ont pu assurer la plantation de près de 400 pieds de « cépages résistants » issus des recherches de l’Inra Occitanie-Montpellier. En parallèlement est mené un projet de plantation de végétaux d’ornement d’essences méditerranéennes pour l’aménagement en biodiversité de la parcelle sur laquelle sera posé le « A ». »

Il est aussi question d’un LAb-Aéroport ?

« Sous l’expertise de Cobaty Montpellier, associé à la Fondation Dioguardi et à l’Institut Condorcet Montpellier- Occitanie, un espace physique installé dans les locaux du CESI Campus de Montpellier prévoyait d’accueillir un laboratoire de quartier appelé « Le LAb–Aéroport », programmé pour devenir un point de communication multiple et évolutif. »

Votre association est partie prenante du CobatyMed…

« Oui. La Méditerranée est dans notre ADN. Emanation du Cobaty, le CobatyMed organise tous les deux ans un congrès sur l’évolution du littoral en mer Méditerranée. L’an dernier en mai, le CMM avait aidé à coorganiser, à LLoret del Mar, cet événement porté par le tout jeune Cobaty Barcelone. Le succès a été au rendez-vous de cette 6e édition qui a réuni plus de 200 participants, organisée sur la thématique “Explosion démographique, préservation du littoral, croissance bleue : quelles solutions pour la Méditerranée ?”. Fort de son expérience, aujourd’hui, le CMM soutient et contribue à l’organisation du prochain congrès du CobatyMed, qui aura lieu à Beyrouth en mai 2020. La délégation montpelliéraine recevra d’ailleurs le 28 juin M. Nassib Nasr, le président de l’association libanaise, afin de partager son expertise en la matière et de contribuer au succès de ce prochain événement. »

Le prochain congrès national des Cobaty se tiendra à Paris…

« Il se tiendra du 10 au 12 octobre 2019 à Paris et aura pour thème : “ De la ville qui subit à la ville désirée. De la ville à la mégapole : où et comment vivrons-nous demain ? ”. Une vision prospective donc. Ce congrès annuel qui accueille en moyenne de 1 200 à 1 300 “Cobatystes” aura lieu à Bordeaux en 2020, et à Toulon l’année suivante.

Vous vous intéressez également à la Côte d’Ivoire…

« C’est un autre moment important. L’association parraine la création du Cobaty Côte d’Ivoire, portée par Danilo Faggioni, personnalité bien connue de la communauté italienne locale et des instances consulaires. Il en sera le président. Les statuts de la nouvelle entité viennent d’être déposés. »

Quelle est votre vision sur l’avenir du littoral ?

« C’est une question importante. Il va falloir se pencher sérieusement sur ce sujet. Le Cobaty Montpellier participera dans ce sens au Salon du Littoral programmé les 25 et 26 octobre prochains au parc des expositions de Montpellier. Notre littoral est menacé. On note une expansion de la démographie. Et si de nouvelles lois balisent l’urbanisme de cet espace sensible, il va falloir penser différemment son rôle et son devenir. C’est aussi vrai pour nos villes. En matière d’urbanisme, la multiplication des tours comme L’Arbre blanc ou Higher Roch est un signe qui n’est pas anodin. Le manque de foncier disponible, l’attirance pour les villes – 55 % de la population mondiale vit en milieu urbain, et plus des deux tiers à l’horizon 2050 – doivent nous inciter à envisager d’autres modes de construction, comme l’habitat flottant par exemple, tout en préservant notre littoral, précieux et menacé. Nous lançons d’ailleurs, en partenariat avec Sylvain Pioch, docteur en géographie et aménagement du territoire, ingénieur écologue (AFIE) et maître de conférences à l’université Paul-Valéry Montpellier III, une étude confiée à ses étudiants sur l’avenir du littoral méditerranéen. Ils apporteront leur étude à notre vision. »

Propos recueillis par Daniel CROCI

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