Jacques de Larosière : « On peut diminuer la dépense publique sans sabrer dans le social »

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À l’occasion de la sortie de son livre Les 10 préjugés qui nous mènent au désastre économique et financier, entretien avec Jacques de Larosière, ancien président du FMI et ex-gouverneur de la Banque de France.

Né en 1929, Jacques de Larosière a fait toute sa carrière au sommet des institutions financières : il a d’abord dirigé le Fonds monétaire international (1978-1987), avant de devenir gouverneur de la Banque de France (1987-1993), puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le dévelop­pement (1993-1998). Il est conseiller auprès du président de BNP-Paribas. Il est aussi membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Votre ouvrage est en préparation depuis longtemps. Sa sortie correspond-elle à un moment particulier ? Jacques de Larosière : « C’est une analyse que je conduis depuis pas mal d’années et qui m’amène à penser que des présupposés qu’on voit partout ne sont pas fermement établis. Je pense qu’il faut dénoncer les erreurs. Je n’avais aucune raison de retarder la sortie de ce livre, parce que ce sont des erreurs qui nous coûtent cher. Je le médite depuis un certain temps, et il fallait le finir. » Vous remettez en cause l’analyse keynésienne, tout en recommandant de s’appuyer dessus pour relancer l’économie… J.d.L. : « Si je peux me permettre, je n’ai pas mis en cause l’analyse keynésienne. Au contraire, j’ai montré qu’elle a apporté un souffle nouveau à l’économie. La stimulation de la demande interne a été très positive. Ce que je remets en question, c’est l’usage, depuis Keynes, qui s’est établi : à savoir, faire durer la stimulation. Keynes était un économiste qui voulait lutter contre les baisses de conjoncture, mais pas de manière pérenne. Après la stimulation, on s’arrêtait, puis le cycle économique reprenait. Ce que je conteste, c’est de faire cela tout le temps, parce que si vous faites cela, vous avez un problème d’endettement. Keynes était très prudent sur l’endettement public ; il était très conservateur. Pas de prélèvement obligatoire au-dessus de 25 % du PIB. Or, on est à 45 %, donc très loin de...

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