Inclusion : le baromètre « Handicap et Emploi » du Club Etre pointe la complexité du cadre légal

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Ce réseau d’entreprises engagées en faveur de l’inclusion du handicap en entreprise vient de publier en exclusivité le baromètre "Handicap, Emploi et Prévention en Entreprise". Premier enseignement de cette étude : le recrutement de personnes en situation de handicap est jugé difficile, voire très difficile, par près de 70 % des décideurs…

Parmi les indicateurs les plus positifs de ce baromètre, on notera que les entreprises reconnaissent quasiment à l’unanimité (97 %) l’importance de la mise en œuvre d’une politique liée au handicap. Toutefois, 57 % des sondés estiment que d’autres priorités prennent le pas sur la mise en place d’actions en faveur de l’inclusion du handicap et de la prévention. 40 % des entreprises estiment au contraire qu’une politique relative au handicap est prioritaire et que leur entreprise doit agir concrètement. Ce taux atteint même 50 % pour les décideurs d’entreprises de plus de 250 salariés.

L’inclusion au quotidien

Comment l’entreprise aborde-t-elle au quotidien l’inclusion et la prévention du handicap ? En interrogeant les dirigeants, DRH, managers, responsables de politiques concernant le handicap, le baromètre établi par Club Etre apporte un éclairage inédit. Selon l’enquête menée par Kantar TNS*, le recrutement de personnes en situation de handicap est jugé difficile voire très difficile par près de 70 % des décideurs. Les difficultés de recrutement et le manque de moyens pour coordonner la politique handicap seraient les deux principaux freins à l’inclusion en entreprise. Le manque de candidats disposant des compétences attendues (83 %) et le manque de moyens humains en interne pour mettre en place la politique handicap (71 %) sont en effet mis en avant par les décideurs interrogés. Et pour seulement un responsable sur deux, la formationl’accompagnement des collaborateurs ou encore la prévention sont jugés « faciles » à mener.

Forte disparité des moyens mis en œuvre

Sans surprise, les moyens dédiés à l’inclusion font l’objet de fortes disparités entre petites et grandes entreprises. Les dirigeants (79 %), les responsables des ressources humaines (76 %), les acteurs de la santé au travail (69 %), les managers (69 %) et les autorités publiques comme l’AGEFIPH (68 %) sont considérés comme les acteurs ayant un rôle clé dans la conduite et l’animation de la politique handicap au sein de l’entreprise… Au contraire, 80 % des décideurs interrogés consacrent moins de 5 % de leur temps aux questions du handicap et de l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Ils sont seulement 5% à être en mesure d’y consacrer plus de 20 % de leur temps. Cette situation diffère en fonction du nombre de salariés. Au sein des entreprises de plus de 250 salariés, 38 % des personnes sondées allouent plus de 20 % de leur temps à la question du handicap, et 33 % sont tout autant disponibles pour l’accompagnement de leurs collaborateurs.

En attente d’une simplification des démarches et du cadre légal

Les décideurs « réclament » tout d’abord un meilleur dialogue avec les autorités institutionnelles comme l’Agefiph, la Direccte ou la MDPH. Cette amélioration des échanges est envisagée comme importante pour 84 % des sondés, et même indispensable par 41 % d’entre eux. La simplification des démarches et l’assouplissement du cadre légal sont aussi très majoritairement évoqués. Le cas de la RQTH, dont la simplification est jugée importante par 79 % des personnes interrogées, s’impose même comme l’un des points névralgiques parmi les attentes exprimées.

74 % des personnes interrogées sont en attente de solutions d’aides « clés en main » ou d’idées de mesures concrètes à appliquer au quotidien.

Parmi les enseignements édifiants de cette étude, une entreprise sur quatre déclare ainsi ne pas connaître les implications de la Loi Handicap de 2005. Mais un décideur sur quatre estime que la politique handicap contribue à l’amélioration des performances de l’entreprise. Ainsi, interrogées sur les vertus de la politique handicap pour l’entreprise et ses collaborateurs, les personnes sondées évoquent en tout premier lieu l’amélioration de la solidarité (citée à 76 %), un sentiment plus fort d’attachement à l’entreprise (54 %) et une meilleure réputation (46 %).

(Synthèse par Daniel Croci)

*Etude réalisée par l’institut Kantar TNS pour le Club Être auprès d’un échantillon national de 320 dirigeants, DRH, responsables de Mission Handicap ou plus généralement de personnes chargées de la gestion de la politique handicap, dans des entreprises de 20 salariés et plus.

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