La French Tech Méditerranée à la rencontre du Biterrois

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© HJE2019, Daniel Croci

En signant une convention avec le réseau GDE présidé par Guy Martimort, la French Tech Méditerranée de Clément Saad ouvre une nouvelle page de son histoire et réalise une première en France : l’adhésion d’un syndicat patronal à un réseau French Tech local, et la signature d’une convention de partenariat entre les deux structures.

Clément Saad (PDG Pradeo), président de la French Tech Méditerranée (FTM), s’est dit impressionné par l’enthousiasme montré par les entreprises du Biterrois. Il était le jeudi 14 novembre à Béziers pour présenter son réseau, désormais piloté par les chefs d’entreprise et qui regroupe, depuis l’obtention du label Capitale French Tech, les territoires de l’Hérault, du Gard et du sud de l’Aveyron. « Le mot clé, c’est l’innovation, a-t-il dit. On veut que ça bouge. L’objectif est de créer une vague pour recouvrir le territoire » et surtout l’aider à se développer. « Etre French Tech, c’est être porteur d’une innovation, être porteur d’une vraie ambition. » Guy Martimort, le président du réseau biterrois (100 adhérents), est en convergence. Béziers, « Territoire d’industrie », veut surfer sur cette vague d’innovation et bénéficier des relais que peut apporter le réseau French Tech. « Nous sommes un territoire en souffrance, mais qui a un formidable potentiel » a-t-il assuré.

Une passerelle entre économie traditionnelle et nouvelle économie

Alain Krzyzanowski, PDG de la société Everlia basée à Saint-Thibéry, en est convaincu. Délégué biterrois de FTM, il est membre du directoire chargé notamment de l’organisation du train French Tech vers l’Espagne qui mettra en lumière des start-up occitanes et espagnoles tout au long d’un parcours balisé par l’échange. Un programme qui se construit avec l’aide de la French Tech Perpignan, entre autres. « Il faut que l’on montre que le Biterrois est prêt à accueillir la FTM » a-t-il ajouté. Son projet d’entreprise, qui porte sur la réalisation de maisons individuelles à partir de containers, pourrait générer à terme 200 emplois potentiels. Il recherche des financements pour s’implanter sur 40.000 m2. Clément Saad confirme : « L’objectif French Tech est de soutenir la démarche d’innovation et de créer des demi-licornes. Le terme, un peu étrange, signifie une réelle dynamique à développer avec ambition sur nos territoires »

Un premier pas a été franchi avec la remise d’un chèque pour l’adhésion du groupement biterrois GDE, qui s’est lui-même rapproché récemment de la CPME 34 présidée par Grégory Blanvillain. « Notre groupement a beaucoup apporté aux startuppers, et inversement, a lancé Guy Martimort, son président. C’est comme une passerelle lancée entre le monde économique traditionnel et le nouveau monde entrepreneurial, celui du numérique, des levées de fonds impressionnantes, de l’agilité… » Il s’agit d’une première en France, selon Clément Saad : « A ma connaissance, le réseau FT français  n’avait jamais accueilli de syndicat patronal dans son réseau ». Et le président de GDE d’ajouter : « On a toujours besoin les uns des autres, quels que soient l’âge et la génération. Se syndiquer c’est aussi agir pour les entrepreneurs. GDE et la CPME 34 font le pari de rapprocher les start-up du syndicalisme. A vous, start-up, de nous insuffler votre énergie ». Clément Saad confirme : « Nous devons faire la preuve que ce n’est pas l’ancien monde contre le nouveau, afin d’être dans le partage de l’information pour la défense des intérêts et le développement de nos entreprises ».

Recrutement, international, innovation et financement

Laurent Biasetti, directeur général de la French Tech Méditerranée, a rappelé les 4 axes prioritaires de son réseau. Tout d’abord développer les talents et les compétences, c’est-à-dire aider à recruter efficacement et rapidement à l’international – en moins de 3 semaines – grâce au French Tech Visa. Un job board va d’ailleurs voir le jour prochainement au sein du réseau pour faciliter la mise en relation entre demandeurs et offres d’emploi. Deuxième axe : la deep tech – innovation de rupture et transfert de technologie – en favorisant le lien entre les entreprises et les laboratoires de recherche. « Le 9 janvier, le Deeptech Tour sera d’ailleurs à Montpellier » a-t-il indiqué. Autre axe : l’international. Une mission French Tech vers la Silicon Valley est en programmation. Elle s’appuiera sur les ambassadeurs French Tech déjà implantés en Californie. La mission permettra de rencontrer les groupements et acteurs français à l’international, ainsi que les décideurs et grands comptes américains de la Silicon Valley. Quatrième axe et non le moindre : le financement. La French Tech sert de relais et de prisme pour mettre en avant les besoins financiers des start-up et susciter l’intérêt des fonds nationaux et internationaux. « Il faut éviter les petits tours de table qui font perdre aux créateurs d’entreprise la gouvernance de leur structure. C’est le mal francais. Nous sommes un pays d’ingénieurs, mais nous avons du mal à valoriser notre savoir-faire ». Autre point intéressant, la mise en place du French Tech Central, un dispositif lancé par l’Etat qui permet d’entrer en contact avec les administrations en recherche d’innovation, et de participer aux appels d’offres (Urssaf, douanes, DRFIP, Bpi…).

French Tech Méditerranée regroupe à ce jour 150 entreprises adhérentes, dont 54 start-up et 10 grands groupes, et compte franchir rapidement le cap des 300 adhérents.

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