La MBS, le dossier qui coince ? Le coup de gueule du président de la CCI Hérault

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André Deljarry, le président de la CCI Hérault. Crédit Marc Ginot

Mercredi 2 octobre, en conférence de presse, le président de la CCI héraultaise a rappelé les enjeux de la réalisation de la nouvelle Montpellier Business School (MBS) au sein du quartier Cambacérès, au sud de Montpellier. Un dossier qui tarde à être validé administrativement selon André Deljarry, également président de la MBS.

“ Vous le savez, ce projet me tient à cœur depuis le début de mon mandat. Je m’engage à le conduire avec détermination, car c’est un projet d’avenir pour notre territoire. ” Seul hic, la validation du projet par la Ville tarde à venir. “ Nous avons eu une réunion en juillet 2018, le 7 ou le 8, et depuis… ”

350 M€ d’investissements en attente

Si quelques arbitrages étaient encore à préciser, la municipalité semblait d’accord sur l’essentiel, explique le président de la chambre consulaire. André Deljarry s’est agacé de la lenteur de traitement du dossier : “ Au travers des différents chantiers prévus dans le cadre de la future MBS, près de 350 millions d’euros vont être injectés au profit des entreprises de BTP et de l’activité économique ! 350 millions d’euros qui ne coûtent rien à la collectivité (…) La SERM et la SA3M sont motivées, les financements sont bouclés, mais la décision du cabinet du maire se fait attendre… ” Il s’est étonné : “ Ce que l’on peut faire pour un stade de football, on ne peut pas le faire pour un campus étudiant qui va générer 350 millions d’euros d’investissement, et une école qui génère aujourd’hui 250 millions d’euros de retombées économiques chaque année ? ”. “ Il faut que les décideurs aillent vite maintenant ” a estimé André Deljarry, rappelant que le projet de nouveau campus avait été lancé sous l’ère Jean-Pierre Moure, prédécesseur du maire actuel.

Un nouveau campus indispensable

La nouvelle MBS – qui passera de 3 500 étudiants actuellement à plus de 5 000 – est sans aucun doute le projet le plus important mené par le président de la CCI de l’Hérault depuis qu’il s’est installé, d’abord à la présidence de la CCI de Montpellier il y a huit ans puis à celle de la CCI héraultaise, née de la fusion des trois chambres départementales de Montpellier, Sète et  Béziers. Le nouveau campus doit accueillir sur le même site la MBS, le siège de la CCI Occitanie, celui de la CCI Hérault et le CFA Sud Formation, cofinancé en partie par la Région (20 M€).

La Caisse des Dépôts et la Région Occitanie participeront également à hauteur de 20 millions d’euros en entrant au capital des structures porteuses. Ce projet d’ampleur qui nécessite 92 millions d’euros d’investissement sera financé par les ventes du site actuel d’Alco et du Mas Combet, mas agricole situé à Mauguio, près de l’aéroport. “ Il restera à financer 35 millions d’euros grâce à un prêt sur vingt ans. Les travaux doivent débuter en 2020 pour une durée de trois ans ” a estimé le président de la chambre consulaire.

1600 logements à construire

Les arbitrages évoqués par André Deljarry sont en fait de deux ordres. La vente du site d’Alco doit conduire à la réalisation d’un vaste projet équivalent à 800 logements de 60 m2, sur les 44 000 m2 accordés dans la DSP. L’investissement sera de 150 millions d’euros, ce qui représente une bouffée d’air frais pour l’économie locale de la construction. Sur ce site, l’arbitrage concerne la mise en place d’un PUP – Projet Urbain Partenarial – qui éviterait le prélèvement de la part communale (ou intercommunale) de la taxe d’aménagement pour une durée maximale de dix ans.

L’autre arbitrage concerne la demande de révision du quota de logements sociaux inclus dans le futur projet d’Alco. Le souhait serait d’obtenir une ventilation entre 20 % de logements sociaux, 30 % de logements en accession aidée et 50 % en libre. Enfin, un autre chantier prévu à Cambacérès, à 200 mètres de la future MBS, prévoit la réalisation de 800 logements étudiants pour 100 millions d’euros d’investissement. On s’en souvient, le plan bruit de l’aéroport a quelque peu déplacé ce projet, mais le problème est réglé, a affirmé le président de la CCI Hérault. “ Je ne voudrais pas voir ce dossier plus noir qu’il ne l’est ”, a-t-il dit, remerciant la SERM, qui a sensiblement baissé le prix du terrain pour la création du nouveau campus, de 5,5 à 3 millions d’euros.

“ Ce projet de campus est un très bel atterrissage, mais c’est le décollage qui est plutôt difficile. Il serait temps de se mettre en mode TGV ” a lancé André Deljarry. Sa crainte est que MBS – comme d’autres écoles dont celle de Tours, qui n’avaient pas prévu leur avenir – ne perde ses accréditations, vitales pour attirer les élèves et enseignants, et ne disparaisse faute d’ambition. Une bonne nouvelle ? La MBS avance malgré tout. Elle saura d’ici quelques jours (Lire Montpellier Business School obtient l’accréditation EQUIS et la « triple couronne ») : si elle obtient le label international EQUIZ pour un, trois ou cinq ans. Seulement 2 % des écoles internationales au monde ont réussi à l’obtenir.


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