Le Cercle Mozart va organiser son grand débat

Par |
cercle-mozart-maillot-fromont
Michel Fromont et jean-Marc Maillot. © HJE 2019, Daniel Croci

Jean-Marc Maillot, 46 ans, est l’un des 7 membres fondateurs et le nouveau président du Cercle Mozart, qui compte 300 adhérents. Son emblématique past-président, Michel Fromont, en devient le président d’honneur. Il devrait également assurer la présidence de la future fédération des Cercles Mozart. Rencontre avec les co-présidents à l'occasion d'une conférence de presse…

“ Du sang neuf ”, dixit Michel Fromont ! En réponse, Jean-Marc Maillot assure : “ Chez nous, il n’y a pas de jeunisme et l’on n’est pas antivieux. On considère qu’il est bête de raisonner selon l’âge, mais qu’un renouvellement interne est parfois nécessaire. Ce sont les idées citoyennes qui comptent, pas l’âge de celui qui les porte… ” L’avocat spécialiste en droit public et maître de conférences des Universités, précise : “ Le Cercle est un superbe outil à vocation transversale qui casse le sectarisme politique et casse les lignes ; il permet de porter véritablement des projets. Il nous faut l’optimiser ”.

Dix ans déjà

“ Ces dix ans, on ne les a pas vus passer ” s’amusent à l’unisson le néo et le past-président. Le Cercle Mozart (CM) fête en effet une décennie d’existence. Présenté comme apolitique, il compte à ce jour environ 300 membres. Le profil des adhérents est large : “ Des start-uppers aux dirigeants de grands groupes, pour certains à la retraite. Professionnels libéraux, commerçants, dirigeants, représentatifs de divers secteurs de l’économie locale, de la santé au droit, en passant par le bâtiment… ”. La création du Cercle a précédé l’élection présidentielle de 2012, avec la volonté de porter des propositions concrètes aux décideurs politiques – essentiellement les députés – édictées par la représentation civile, “ pour avancer avec des décisions plutôt collégiales” et selon une charte éthique jugée “ rude ”.

Un grand débat en interne

Jean-Marc Maillot loue la transversalité du Cercle – qui n’est “ ni un club d’affaires, ni un club de services ”. Les membres issus de tous les secteurs d’activité – du privé mais aussi du service public – apportent leur représentativité, qui va au-delà des réseaux économiques traditionnels. Force de proposition pour l’intérêt général, le Cercle planche depuis longtemps sur des projets structurants comme le grand stade de Montpellier, les voies de circulation ou l’avenir de l’aéroport. La fusion des régions, la création de pôles métropolitains ou encore l’organisation d’un colloque sur les addictions ouvert au grand public font partie des dossiers menés par l’association.

Six commissions travaillent chacune sur un thème dédié : l’aménagement du territoire, la santé, les sports, le vin et la viticulture, l’entreprise… sans oublier la solidarité. La commission solidarité verse de 20.000 à 25.000 euros par an à des associations caritatives et projette le lancement d’une maison d’accueil des parents d’enfants hospitalisés dont les travaux sont en cours de réalisation. Parmi les prochaines actions, un grand débat national interne au club va être proposé aux adhérents. Les conclusions seront rendues publiques à l’issue de la concertation.

Cooptation

Pour entrer au CM, il faut être coopté, “ avec lettre de motivation et CV détaillé ”, ajoute Michel Fromont, et cotiser 700 euros par an pour pouvoir assister à une dizaine de réunions avec des invités prestigieux. Les repas sont inclus dans la cotisation, ainsi qu’une journée avec les épouses et les compagnes. Pour le parrainage, c’est le bureau qui décide in fine. Les doublons sont autorisés. Plusieurs avocats ou architectes et promoteurs font partie du cercle. Il n’y a donc pas d’exclusive. Le past-président confie : “ Avec 300 adhérents, on ne cherche pas de membres supplémentaires, mais c’est surtout pour une question de logistique et d’organisation ”. Parmi les prochains invités des réunions mensuelles du Cercle, on peut citer Christophe Barbier (le 15 février), Edwy Plenel (en avril), l’économiste Nicolas Bouzou en mai, Bertin Nahoum en juin. Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry sera invité le 12 septembre pour la rentrée du Cercle. Plus loin, trois des candidats majeurs aux municipales seront également conviés, “ mais aucun décideur politique de l’extrême droite ou de l’extrême gauche ”. En dix ans, 80 % des invités politiques du Cercle Mozart ont été plutôt de gauche, “ mais c’est le reflet de la répartition politique locale ”.

Franc-maçon et misogyne ?

La composante 100 % masculine du Cercle interpelle. “ Nous ne sommes pas un club misogyne, mais strictement réservé aux hommes ”… Comme en franc-maçonnerie ? D’ailleurs, curieusement, les nouveaux entrants sont appelés impétrants. Tiens ? “ Nous n’avons rien à voir avec la franc-maçonnerie ” affirme le nouveau président, ajoutant “ plus de 50 % de nos membres ne sont pas francs-maçons ”. “ Ce n’est pas une fraternelle. Être franc-maçon n’est pas un critère de choix, ni de refus d’ailleurs, pour entrer chez nous ” suggère l’ex-président, qui connaît par ailleurs parfaitement le sujet, d’où sans doute ce sentiment de confusion… Le Cercle Mozart serait simplement le miroir de la société civile d’une ville, Montpellier, qui compterait, selon une publication récente, environ 3.300 “ frères ”. “ Nous allons valoriser l’égalité femmes-hommes sans tomber dans la parité imposée”, promet de son côté Jean-Marc Maillot. En travaillant notamment avec les nombreux cercles féminins qui existent ici, comme Femmes d’action. “ La transparence sera totale ” affirme le nouveau président. “ Nous communiquions peu à l’extérieur ”, avoue Michel Fromont.

Le Cercle montpelliérain suscite les vocations

Le modèle du Cercle Mozart a été dupliqué à Nîmes avec le Club Mozart Terres de Camargue et de Méditerranée. Un second cercle homonyme a été créé, mais n’est “ en rien en relation avec celui de Montpellier. Nous essayons d’ailleurs de casser le dépôt de marque fait à l’INPI par ce cercle ” précise Jean-Marc Maillot. Une Fédération des Cercles Mozart est également en cours de constitution. Des demandes de créations sous statut du Cercle montpelliérain venues d’Aix-en-Provence et d’Aubenas sont à l’étude. Sète est un autre projet en cours. D’autres pourraient voir le jour prochainement.

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.

En renseignant votre adresse email, vous accepter de recevoir nos derniers articles par email et vous prenez connaissance de notre Politique de confidentialité