Les experts-comptables en AG au Cap d’Agde. Philippe Lamouroux, l’interview

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Philippe Lamouroux, le président des experts-comptables de la région de Montpellier.

En assemblée générale ce vendredi 11 septembre au Palais des congrès du Cap d’Agde, le président de l'Ordre des experts-comptables de la région de Montpellier précise pour l’HJE, les modalités de cette AG et évoque la période actuelle à la fois pour l’économie des entreprises et pour les cabinets d’expertise comptable… Interview.

HJE : Quelle organisation avez-vous prévue pour cette assemblée générale, au vu du contexte sanitaire ?

Philippe Lamouroux : « Nous l’avons maintenue. Nous avons plus de 500 inscrits. Le côté anxiogène lié à l’expansion nouvelle du Covid n’a pas freiné les bonnes volontés. La salle du nouveau Palais des Congrès peut contenir 1 200 personnes. Cela permet de maintenir la distanciation physique préconisée par le préfet. Et nous avons supprimé l’espace partenaires. Nous avons prévu l’assemblée générale l’après-midi, mais la soirée en plein-air sur la terrasse du Palais des Congrès, et qui domine la ville, est annulée selon les recommandations des services de la préfecture. »

HJE : Quel est le programme de l’AG ?

Philippe Lamouroux : « Il s’agit d’un programme concentré par rapport à une assemblée générale habituelle, du fait des contraintes sanitaires. A 11h00, le bureau invite nos partenaires commerciaux – qui ne peuvent pas faire de Village des Partenaires – à une conférence sur l’évolution territoriale et fondamentale de la profession, en présence de notre président national, Charles-René Tandé. Ils ont besoin de savoir où nous allons. Nous déjeunons bien entendu avec eux. L’après-midi débutera par un café gourmand, pour accueillir les experts-comptables de façon conviviale.



De 14h00 à 15h00, Florence Servan-Schreiber proposera une conférence d’ouverture basée sur son ouvrage Power Patate. De quoi donner du peps à l’auditoire ! Puis nous passerons à la partie régalienne de l’assemblée générale, avec le rapport moral, l’intervention du président Tandé sur l’évolution de la profession, l’intervention de notre commissaire du gouvernement et le vote des résolutions. Nos accompagnants, qui seront allés visiter la villa Laurens à Agde, nous rejoindront alors. Nous remettrons un chèque de plus de 30 000 euros à la Fondation Saint-Pierre, qui était notre objectif de mécénat l’an dernier. Et nous lancerons notre action de mécénat 2020, au bénéfice de la réhabilitation de la Villa Laurens à Agde.

Nous reprendrons notre programme à 17h30 avec une conférence extraordinaire sur le management – que j’ai déjà eu l’occasion de voir – du chef d’orchestre Philippe Fournier, de l’Orchestre symphonique Confluences à Lyon. Je pense que les participants seront surpris par son parallèle entre le management d’un orchestre et le management d’une entreprise et d’une organisation. Il est incroyable. Il fait venir sur scène des gens qui n’ont jamais fait de musique et les fait jouer avec l’orchestre. Il y aura trois quarts d’heure de concert à l’issue de la conférence.

Le grand cocktail dînatoire prévu sur la terrasse de 700 m2 du Palais des Congrès du Cap d’Agde est malheureusement annulé, pour cause de sécurité sanitaire. »



HJE : Il s’agit de la dernière assemblée générale du Conseil régional de Montpellier…

Philippe Lamouroux : « Nos élections professionnelles auront lieu la deuxième quinzaine de novembre, et l’installation du nouveau conseil régional d’Occitanie prendra effet le 8 décembre. »

HJE : Quelle sera l’organisation de cette nouvelle entité Occitanie ?

Philippe Lamouroux : « Le conseil régional de l’Ordre des experts-comptables siégera à …

Bonus Accès numérique : Suite de l’interview de Philippe Lamouroux : « Une profession éreintée, mais grandie »

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… à Toulouse, et une représentation territoriale ordinale siégera à Montpellier. De 48 représentants actuellement (24 + 24), nous allons passer à 36 élus pour toute l’Occitanie, ce qui risque de s’avérer délicat. Nous étions déjà débordés. Je ne sais pas comment nous ferons pour gérer toutes nos missions. Cela fait partie des éléments que nous allons découvrir durant les premières années. »

HJE : Qu’en est-il du congrès national des experts-comptables, qui doit se tenir à Montpellier en 2021 ?

Philippe Lamouroux : « Du fait du Covid, celui qui était prévu à Bordeaux cette année est reporté à 2021 ; en 2022, c’est au tour de Paris de recevoir le congrès. Le congrès national de Montpellier est donc repositionné en 2023. Cela laisse un délai à la nouvelle structure Occitanie pour prendre ses marques et bien s’organiser. A priori, dans l’entente que nous avons avec Toulouse, sur un mandat de quatre ans, pendant les deux premières années le président sera toulousain, et les deux années suivantes le président sera montpelliérain. Ainsi, au moment du congrès national des experts-comptables à Montpellier, c’est un président montpelliérain qui accueillera les 6 000 experts-comptables attendus. »



HJE : Quelles missions seront dévolues à la représentation territoriale ordinale (RTO) de Montpellier ?

Philippe Lamouroux : « Tout ce qui est régalien sera instruit au niveau de la RTO de Montpellier : instruction des dossiers (statuts…), litiges. Le contrôle qualité sera fait à Montpellier et à Toulouse… Les décisions seront prises à Toulouse. Tout ce qui concerne la chambre de discipline sera à Toulouse. Les paiements de cotisations seront faits directement à Toulouse. Nous mettrons certains événements en commun, comme notre EcoZoom, qui intéresse beaucoup Toulouse. Mais nous ne pouvons pas envisager de faire un seul événement à Toulouse, car les Montpelliérains n’iraient pas, ou à Montpellier, car les Toulousains ne viendraient pas. L’idée serait plutôt de faire un événement à Montpellier, qui soit refait le lendemain à Toulouse, par exemple. Ou inversement. Mais beaucoup de choses restent à inventer. Les jeunes qui vont prendre la suite seront tout à fait créatifs pour mettre tout cela en place. Je leur fais confiance. »

HJE : En avril dernier, vous expliquiez dans nos colonnes que les experts-comptables étaient les médecins généralistes de l’entreprise. Sont-ils devenus des urgentistes avec la crise du Covid ?

Philippe Lamouroux : « Absolument. Nous avons été des urgentistes car il a fallu tenir à bout de bras les entreprises lors du remplissage des dossiers d’activité partielle. Dès la première semaine de confinement, toute la profession s’est mise en télétravail pour accompagner les clients. Finalement, nous constatons que nous ne sommes pas du tout en retard sur le plan des outils numériques. Comme l’a dit François Asselin, président de la CPME nationale, si les experts-comptables n’avaient pas été là, la plupart des TPE et PME n’auraient pas été capables de faire des dossiers d’activité partielle.



Après avoir été les urgentistes, nous devons être plutôt les accompagnateurs des entreprises, parce que l’offre est un peu moindre, l’activité baisse, il faut travailler en mode dégradé avec des coûts supplémentaires donc une rentabilité moindre, et à un moment ou à un autre, les reports de charges et les PGE vont devoir être remboursés pour certains secteurs…

Nous nous attendons donc à un double mur. Un premier mur économique cet automne 2020 si l’activité économique ne repart pas de façon plus soutenue et franche, et un mur financier plus embêtant au printemps 2021, au moment de la sortie des bilans 2020, qui seront forcément médiocres, et à la fin de la première année de PGE. Comment réagiront les banquiers à ce moment-là ? Nous sommes inquiets car ils verront de mauvais bilans et il faudra rembourser les PGE… Nous devons être vigilants et être en amont. Nous avons fait des propositions à Bercy, à sa demande*. »

HJE : Que pensez-vous de la fourchette de taux de 1 à 3 % à la sortie de la première année du PGE, évoquée par le ministre des PME Alain Griset ?

Philippe Lamouroux : « Que les taux soient encadrés, c’est bien. Mais il faut savoir que le PGE est une dette financière. Si le banquier l’analyse comme une dette, cela diminue la capacité d’endettement si l’entreprise veut développer son activité. J’aurais souhaité que le PGE soit « capitalisé » ; qu’il soit remonté au niveau du bilan en quasi-fonds propres et ne soit pas considéré comme une dette financière par le banquier. Il faudrait aussi laisser plus de temps aux entreprises pour rembourser. Le Premier ministre a annoncé la baisse des impôts de production (CVAE, taxe foncière pour les industriels…). C’est intéressant pour l’industrie productive. Il va falloir trouver des solutions pour les campings, les entreprises de l’événementiel, de la culture… »



HJE : Quels sont les prochains événements de la profession ?

Philippe Lamouroux : « A part notre AG du 11 septembre, nous nous réunirons le 14 octobre à Verchant pour notre Fiscal Zoom traditionnel (rencontre fiscale annuelle avec la DRFiP, la DDFiP, un avocat fiscaliste et la profession), suivi des prestations de serment des nouveaux experts-comptables qui se dérouleront en présence d’Agnès Bricard, ex-présidente du Conseil supérieur de l’Ordre et marraine de la future promotion.

Le 19 novembre, au Domaine des Grands Chais, nous ferons un fac-similé de notre Ecozoom traditionnel, que nous faisons normalement en mars et qui a été annulé. Avec en ouverture une conférence de Marc Touati, puis des keynotes et une intervention de Catherine Barba. Nous inviterons ensuite nos partenaires et des VIP à un cocktail pour la dernière soirée montpelliéraine du Conseil régional de l’Ordre de Montpellier. En espérant que le contexte sanitaire le permette… »

HJE : Quels sont les prochains événements de la profession ?

Philippe Lamouroux : « A part notre AG du 11 septembre, nous nous réunirons le 14 octobre à Verchant pour notre Fiscal Zoom traditionnel (rencontre fiscale annuelle avec la DRFiP, la DDFiP, un avocat fiscaliste et la profession), suivi des prestations de serment des nouveaux experts-comptables qui se dérouleront en présence d’Agnès Bricard, ex-présidente du Conseil supérieur de l’Ordre et marraine de la future promotion.



Le 19 novembre, au Domaine des Grands Chais, nous ferons un fac-similé de notre Ecozoom traditionnel, que nous faisons normalement en mars et qui a été annulé. Avec en ouverture une conférence de Marc Touati, puis des keynotes et une intervention de Catherine Barba. Nous inviterons ensuite nos partenaires et des VIP à un cocktail pour la dernière soirée montpelliéraine du Conseil régional de l’Ordre de Montpellier. En espérant que le contexte sanitaire le permette… »

HJE : Comment se porte la profession, et quel est son avenir ?

Philippe Lamouroux : « Nous ressortons éreintés mais grandis de cette période, bien positionnés vis-à-vis de nos clients, qui ont pu apprécier notre rôle de conseils en pleine crise, et vis-à-vis des acteurs économiques, car nous avons été conviés à participer aux cellules de crise (préfet Direccte, DGFiP…) pour donner notre expertise de terrain. Nous avons été très appréciés par l’administration locale. Mais par l’administration centrale [NDLR : Bercy], c’est moins certain, même si elle s’est reposée sur nous en tant que relais territoriaux.

Et pendant le confinement, les médias ont parlé des éboueurs, mais pas des experts-comptables. Faire reconnaître notre rôle est un travail de longue haleine. En parallèle, le périmètre d’intervention de notre profession évolue. Les élections professionnelles seront l’occasion d’un grand débat national sur l’avenir de la profession, sur notre environnement économique et sur notre tutelle. »

Propos recueillis par Virginie MOREAU
vmoreau.hje@gmail.com

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