Marie-Thérèse Mercier : la Cité de l’économie et des métiers de demain sur les rails

Par |
© HJE Archives, D. Croci

Conseillère régionale et vice-présidente de l’Agence de développement d’Occitanie (Ad’Occ), Marie-Thérèse Mercier pilote le projet de Cité de l’économie et des métiers de demain, qui ouvrira ses portes à Odysseum Montpellier en septembre prochain. Elle explique la raison de la création de ce nouvel outil et met en lumière les principes selon lesquels il fonctionnera.

A quelle logique la création de la Cité de l’économie et des métiers de demain

répond-elle ?

« Avec l’intelligence artificielle, la digitalisation et les évolutions technologiques dans tous les secteurs d’activité, les métiers vont profondément évoluer et nombre d’entre eux vont disparaître, tandis que d’autres émergeront. Pour les entreprises – que ce soient les grands groupes ou les TPE/PME – toutes savent qu’elles vont être impactées. Mais elles ne savent pas par quel bout prendre le sujet. Nous vivons une révolution technologique que tout le monde estime plus forte et plus rapide que les révolutions industrielles précédentes. Mais nul ne sait quel sera son apport réel. Dans ces conditions, le moyen plus efficace consiste à favoriser la participation à la réflexion entre les différents acteurs de l’économie et de la société. C’est pour cela que le rôle de la collectivité est important. Il s’agit, grâce à l’action publique, de mettre en place les conditions pour aider au mieux ces acteurs à se concerter et à coopérer entre eux. La création de la Cité de l’économie et des métiers de demain s’inscrit dans cette logique. La question des métiers nous concerne d’autant plus, au conseil régional, que nous avons le rôle de l’orientation des jeunes. Il est donc important de leur ouvrir des perspectives pour leurs emplois dans l’avenir. »

Quels seront les axes de travail développés au sein de la Cité ?

« La Cité mènera un travail prospectif sur les tendances lourdes et leurs incidences sur l’évolution des métiers ainsi que sur le rapport au travail. Dans ce but, elle fera appel à des entreprises, à des scientifiques et aussi à des sociologues et des philosophes. Plusieurs réalisations sont au programme dont, entre autres, un observatoire des métiers de demain et un livre blanc qui sera publié chaque année. Aux côtés de ce premier axe confié au « Lab Prospectif », le « Lab Transfo » aura pour vocation l’accompagnement individualisé des entreprises, l’expérimentation des innovations, l’organisation des ateliers collectifs et des événements ainsi que le « Hub Talents. » Ce dernier mobilisera une équipe traitant des problèmes de recrutement, d’insertion professionnelle, d’adaptation à la formation avec pour objectif de travailler à une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences. De nombreuses entreprises d’Occitanie ont exprimé ce besoin, dont Horiba ABX, Airbus, Sigfox, Renault Software, In Vivo, Septeo… »

« Il s’agit d’expliquer au plus grand nombre le contenu concret des métiers de demain. »

Vous mettez aussi en avant l’implication des citoyens. Comment l’appréhendez-vous ?

« Les sujets traités par la Cité ne concernent pas les seuls spécialistes et entreprises, mais toute la population. Ce sera là la vocation du « Lab citoyen. » Les gens auront la possibilité de découvrir les mutations sur les formations et sur les métiers de demain sous forme d’expositions pédagogiques et ils auront aussi accès au showroom qui permettra aux entreprises, clusters et organisations professionnelles de tester et/ou de mettre en avant leurs innovations technologiques. Il s’agit d’expliquer au plus grand nombre le contenu concret des métiers de demain pour rendre attractives les filières en devenir. Des ateliers participatifs seront également organisés. »

Comment fonctionnera concrètement la Cité ?

« La Cité, installée dans un bâtiment de 3.000 m2 sur 4 étages, située à Odysseum, à côté de la clinique du Millénaire, hébergera en permanence des professionnels, dont l’Agence de développement économique d’Occitanie (Ad’Occ) et des associations partenaires. Elle offrira également divers espaces pour l’accueil temporaire de porteurs de projets et de formations innovantes. Des espaces de coworking, une plateforme collaborative et des espaces de convivialité seront mis à disposition. Quel que soit le domaine abordé, il est fondamental de faire travailler ensemble sur un même sujet des personnes aux profils différents. Par exemple, une entreprise qui aura décidé du thème sur lequel elle souhaite travailler, aura besoin de s’appuyer sur des scientifiques, des universitaires et aussi des sociologues. Dans la société de demain, l’interrogation ne sera pas seulement d’ordre technique, mais elle devra impérativement intégrer les aspects d’organisation du travail et d’impact social. »

Qu’attendez-vous de la journée Réso 2019 ?

« Avec le grand nombre de participants (plus de 1.100 personnes inscrits) et la qualité des intervenants, cette journée RESO 2019 va remuer les esprits et faire bouger les lignes. De nombreuses personnes présentes vont être incitées à participer à ce projet de Cité de l’économie et des métiers de demain. Il s’agit d’une « première » qui mobilise des intervenants venant de toute la France. Elle nous permet du même coup de montrer au niveau national la capacité de l’Occitanie à se tourner vers l’avenir et à se mobiliser pour l’innovation. Cette journée RESO va devenir un rendez-vous annuel, et rapidement, nous avons bien l’intention de la transformer en rencontres internationales. »


A lire

Nos articles sur Occitanie

Commentaires

Vous devez être abonné pour commenter.

Abonnement newsletter

L’actualité juridique et économique de l’Hérault toutes les semaines dans votre boite mail.

En renseignant votre adresse email, vous accepter de recevoir nos derniers articles par email et vous prenez connaissance de notre Politique de confidentialité