Mobilité durable : Smart B (Montpellier) va opérer 4 programmes en France

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La start-up montpelliéraine va fournir l’infrastructure de ColisActiv’, un projet visant à décarboner la livraison de colis dans le dernier kilomètre, au sein de 4 territoires qui seront connus début octobre.

Par Anthony REY, journaliste

Smart B défend une vision plus durable de la  smart city, et plus encore, une autre approche  de la création de valeur : « l’économie d’impact ».

En vogue depuis quinze ans, la smart city s’est fait rattraper par le débat sur la collecte des données personnelles. Alors que les projets de cité intelligente se traduisent par la prolifération de capteurs dans l’espace urbain, de nombreux acteurs de la société civile s’interrogent sur la propriété des data et  la répartition des revenus générés. A Montpellier, la start-up Smart B est une émanation de l’association Civis Blockchain, qui promeut l’échange éthique de données. Elle utilise la blockchain pour rendre la smart city plus inclusive, et pour en faciliter le financement.



« Nous collectons les data produites sur le terrain, à partir des objets connectés, des applications activées par les utilisateurs, etc. Elles sont déposées dans notre blockchain sous forme de déclarations d’impact,  et après divers protocoles de vérification, elles deviennent  des preuves d’impact », décrit Mathieu Pesin, cofondateur  de Smart B. « Ce modèle permet aussi à une collectivité  d’engager des fonds dans ces projets auprès de partenaires, car les transactions ne démarrent que lorsque les preuves sont produites », poursuit son associé Zokama Sakanga.

Smart B a créé le service Mobilité.eco, visant à favoriser les modes de transport doux dans le plan de mobilité des entreprises.

Le contre-la-montre du changement climatique

En septembre 2019, Smart B a été sélectionnée par l’incubateur parisien Urban Lab pour expérimenter Mobilité.eco, une application incitant les salariés à choisir les modes de transport doux dans les trajets domicile/travail : la pépite montpelliéraine génère des preuves de mobilité (marche, vélo, covoiturage…) et, en retour, l’utilisateur perçoit une compensation.



« C’est la première appli de ce type que je vois permettant de visualiser l’impact des déplacements en CO2. Elle peut susciter un fort engagement grâce à la valorisation de l’entreprise ou la reconnaissance financière de l’utilisateur. C’est important, à l’époque où tout le monde s’interroge sur les leviers du changement et la façon de les activer », témoigne Marion Apaire, responsable de l’Urban Lab.

Par ailleurs, Smart B a été choisie, fin 2019, comme opérateur technique du programme ColisActiv’, qui veut accélérer l’abandon du véhicule thermique au profit de la mobilité non-thermique pour la livraison de colis dans le dernier kilomètre. Porté par la Fédération des usagers de la bicyclette, le projet associe le financeur Sonergia, spécialiste des certificats d’économie d’énergie, qui distribuera 5 millions d’euros de crédits pour subventionner le surcoût de la distribution de ces colis.

Quatre sites pilotes seront choisis pour déployer l’outil, début octobre, dans une liste de 20 territoires présélectionnés, dont trois en Occitanie (les métropoles de Montpellier, de Toulouse, et Le Muretain Agglo). La blockchain de Smart B permettra de valider les types de véhicules utilisés et produira des preuves de livraison. « L’objectif est de créer assez de volume pour rendre  les services de livraison à vélo compétitifs. En favorisant  les économies d’échelle, on rend économiquement possible l’installation de ces opérateurs dans une ville… Et il s’agit d’aller vite face au défi du changement climatique », analyse Mathieu Pesin.



L’ère du capital naturel

Fidèle à ses racines associatives, Smart B s’est structurée dès 2018 en SAS à capital variable tout en dupliquant les statuts d’une coopérative. Elle associe 22 fondateurs et 10 investisseurs depuis une première levée de fonds de 500 000 euros en 2019. Smart B se rémunère en prélevant un pourcentage sur chaque preuve d’impact qu’elle crée (environ 1 euro par preuve). Elle prévoit de gérer plus d’un million de preuves en 2021, et 5 millions de preuves en trois ans pour les projets déjà engagés (30 millions en étendant ce prévisionnel aux prospects).

Sous peu, Smart B se tournera vers des fonds à fort impact social et environnemental ou les banques de développement, chez qui elle espère lever « plusieurs millions d’euros » l’an prochain. En voulant s’imposer comme start-up référente dans la traçabilité d’impact, Smart B défend une autre vision de la création de valeur. « Nous entrons dans une logique de capital naturel. Le capital de la Terre est fini :  le préserver a un coût, et le rôle d’acteurs tels que Smart B  est de créer cette comptabilité », conclut Mathieu Pesin.

Anthony REY



 

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