Philippe Coy : « Les buralistes doivent mettre en place un nouveau modèle »

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« C’est plus qu’une diversification que nous devons mener, c’est une véritable transformation de notre réseau », assure Philippe Coy, le président de la Confédération des buralistes. © Emmanuel Varrier / Les Tablettes Lorraines.

Une hausse continue du prix du tabac avec l’objectif du gouvernement d’atteindre les 10 euros pour un paquet de cigarettes d’ici 2020, un marché parallèle qui explose tout comme la concurrence des pays frontaliers… les quelque 24 500 buralistes de France n’arrêtent pas de tousser. Pour Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, le remède consiste en une transformation de la profession.

Philippe Coy, le président de la Confédération des buralistes, prône un changement complet. Selon lui, la diversification d’hier doit se muer en véritable transformation et un nouveau modèle doit être mis en place. Si le tabac demeure leur ADN, les buralistes entendent redevenir de véritables commerçants de proximité en s’affichant, en parallèle, comme des accompagnateurs de la politique de santé publique. Une prise de position paradoxale ? Loin de là, pour Philippe Coy…

Vous avez proposé à la ministre de la Santé que les buralistes deviennent acteurs du « Mois sans tabac » en novembre prochain. N’est-ce pas une demande un peu paradoxale ?

« Pas du tout ! La vente de tabac demeure notre ADN ; elle représente entre 60 et 70 % de notre chiffre d’affaires, mais nous avons également un rôle à jouer en matière de santé publique, même si cela peut paraître paradoxal, voire choquant pour certains. Nous avons décidé de nous engager dans une démarche inédite et résolument responsable pour accompagner la politique de santé publique sur le tabac et souhaitons être associés à l’opération Mois sans tabac. Depuis le mois de mars, dans tout le réseau [près de 24 500 buralistes : ndlr], nous accompagnons nos clients fumeurs, se posant légitimement des questions, vers les produits de vapotage. »

C’est un peu une manière de vous réapproprier le marché de l’e-cigarette. Vous avez raté le virage quand ces produits ont commencé à se démocratiser en France ?

« C’est vrai, il y a quatre ans, nous avons loupé le virage de l’e-cigarette. Nous sommes engagés aujourd’hui à assurer cette diversification de produits. Il est nécessaire d’intervenir sur ce marché, car ce sont les fumeurs qui basculent aujourd’hui vers l’e-cigarette. Cela nous permettra de garder une grande partie de nos clients actuels. »

Avec un prix du tabac qui a repris 1 euro en mars et l’échéance, d’ici deux ans, de voir le paquet de cigarettes atteindre les 10 €, la diversification est plus qu’une nécessité pour votre profession. Comment entendez-vous la mettre en œuvre ?

« C’est plus qu’une diversification, c’est une véritable transformation de notre réseau que nous nous devons d’orchestrer. Il s’agit de construire un nouveau modèle de commerce pour les buralistes répondant aux nouveaux besoins de proximité des Français. Il est indispensable pour nous de redevenir de véritables commerçants, et pas uniquement des distributeurs de tabac. »

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