#DigitAg, nouvelles convergences pour l’agriculture numérique

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© #DigitAg

Dossier - Robotique, agriculture de précision, agriculture connectée… Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication – les fameuses NTIC –, le secteur agricole connaît sa troisième révolution, dite « numérique ». Cette nouvelle vision d’une agriculture de « précision » devient ainsi un nouveau champ de recherche des plus prometteurs. L’Institut Convergences #DigitAg, dédié à l’agriculture numérique, a été inauguré à Montpellier en juin dernier. Son objectif est de créer les bases scientifiques pour le développement de l’agriculture numérique, en se basant sur une approche interdisciplinaire. #DigitAg a également pour ambition de devenir une référence mondiale dans ce domaine.

Les champs du possible entre agriculture et innovation s’ouvrent encore plus largement avec le récent lancement de #DigitAg. L’institut Convergences #DigitAg va accélérer et accompagner le développement de l’agriculture numérique. Notamment des entreprises de ce domaine, en France et dans les pays du Sud. Et ce, à partir de nouveaux outils, services et usages innovants.

 

L’institut est implanté à Montpellier avec une antenne à Toulouse et une autre à Rennes. Il a pour ambition de devenir une référence mondiale en matière d’agriculture numérique. Il est financé dans le cadre des Investissements d’Avenir. L’Institut réunit, dans un partenariat piloté par Irstea, 17 acteurs. Dont des organismes publics de recherche et d’enseignement, les acteurs du transfert et les entreprises.

 

#DigitAg est dirigé par Véronique Bellon-Maurel, directrice du département Ecotechnologies de l’Irstea. L’Irstea est l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (ex-Cemagref). Le directeur adjoint est Frédérick Garcia, directeur de recherche à l’Inra. Son inauguration a eu lieu le vendredi 30 juin 2017 à Montpellier.

 

Dans un contexte de forte concurrence internationale, l’innovation agricole doit se faire en couplant les connaissances. Des connaissances issues de communautés diverses ainsi qu’aujourd’hui peu interconnectées. #DigitAg met par conséquent en œuvre une solide interdisciplinarité. Elle se situe entre sciences agronomiques, sciences pour l’ingénieur (informatique, mathématiques, électronique, physique…), sciences sociales, économiques et de gestion et management. A ce jour, plus de 360 experts de ces domaines sont réunis au sein de l’institut. L’objectif est de produire les bases scientifiques et pédagogiques. Celles-ci seront nécessaires au déploiement d’une nouvelle agriculture numérique. Cet objectif concerne autant la France, que l’Europe et les pays du Sud.

 

Les ressources scientifiques de #DigitAg

 

Le nouvel Institut réunit des équipes de 17 membres fondateurs. Il agrège les potentiels de 4 organismes de recherche (Irstea, Inra, Inria et Cirad), 3 établissements d’enseignement supérieur (Université de Montpellier, Montpellier SupAgro, AgroParis Tech). Mais aussi de 2 structures dédiées au transfert et au développement (Acta, SATT AxLR). Et enfin, 8 entreprises : Smag, Fruition Sciences, Idate DigiWorld, ITK, Pera-Pellenc, Agriscope, Terranis et Vivelys).

Pour mener ces recherches, #DigitAg cofinance 56 doctorants avec les organismes de recherche (56 thèses seront labellisées), 18 années de postdoctorats avec les Labex Agro, Entreprendre et Numev, plus de 150 bourses de masters, dont 45 masters « entreprises membres », 72 mois d’accueil de scientifiques de haut niveau, 120 mois de développement informatique pour des démonstrateurs issus des résultats de thèses…

 

Le projet bénéficie des contributions de 9 structures Investissements d’Avenir. Il s’agit de l’i-site Muse, les Labex Agro, Numev et Entreprendre, les Equipex Geosud et Phénome. Mais aussi de deux projets Investissements d’Avenir Biotechnologies et Bioressources (BreedWheat et Amaizing) et la SATT AxLR. Il est soutenu par la Métropole Montpellier Méditerranée (French Tech Montpellier). Il est également labellisé par le pôle de compétitivité Qualimed.

 

147 millions d’euros sur sept ans

 

Vingt-cinq unités de recherche sont ainsi réunies autour de 6 axes de recherche, et de 8 défis sociétaux de l’agriculture (les « challenges ») à relever. Dans le cadre du Programme des Investissements d’Avenir, le Commissariat Général à l’Investissement a accordé 9,9 millions d’euros à la création de #DigitAg.

S’y ajoute 1,4 million d’euros sous forme de bourses de thèses par les organismes partenaires, qui prennent aussi en charge les salaires et le fonctionnement courant. Le budget total est de 147 millions d’euros en coûts complets, c’est à-dire avec les salaires. Enfin, un financement complémentaire de l’ordre de 800 000 euros est prévu par l’I-Site Muse.

 

Un dispositif thèses-masters lui aussi innovant

 

Chaque doctorant #DigitAg et chaque stagiaire de master #DigitAg bénéficieront d’un budget spécifique pour mener leurs travaux de recherche. Les résultats des thèses pourront être diffusés sous forme de démonstrateurs ou d’applications informatiques, grâce à une équipe de développeurs informatiques (l’équivalent de dix ans de développement est prévu).

La SATT AxLR – société d’accélération du transfert de technologie d’Occitanie – assurera des formations à l’entreprenariat pour tous les étudiants #DigitAg. Elle pourra accompagner et financer la maturation de projets innovants d’étudiants dès la fin du stage de master.

L’agriculture française. Selon les dernières données disponibles, en 2016, elle représente 18 % de la production agricole européenne, et est première devant l’Allemagne et l’Italie (12 %), et l’Espagne (10 %). 51 % de la surface de l’Hexagone est dédiée à l’agriculture. La France est notamment la première productrice européenne de céréales et de betteraves sucrières et la seconde productrice de bovins et de volailles derrière la Pologne. On y dénombre 970 000 agriculteurs (- 21 % en dix ans) dont une majorité ont plus de 50 ans. 73 % des agriculteurs sont des hommes, 27 % des femmes (contre 9 % en 1970), pour 490 000 exploitations agricoles (- 26 % en dix ans).

L’agriculture française a connu l’an dernier une année noire liée à une météo défavorable. Sa production s’est effondrée de 5,6 %, coûtant jusqu’à 0,2 point à la croissance française. La part de l’agriculture et des industries alimentaires dans l’économie française était de 3,5 % du PIB en 2014, contre plus de 6 % en 1980.

 

Un Mas numérique

 

Vingt-quatre masters, dont quatre nouveaux, constitueront la Graduate School #DigitAg. Ses formations initiales et professionnelles conjugueront sciences agronomiques, sciences sociales, économiques et de gestion, droit, sciences du numérique et mathématiques appliquées. Des dispositifs pédagogiques innovants viendront enrichir la Graduate School #DigitAg, comme l’Observatoire des Usages de l’Agriculture Numérique, le Mas numérique (un site de démonstrations pédagogiques des technologies pour l’agriculture porté par Montpellier SupAgro), des MOOCs, une quinzaine d’écoles-chercheurs et des hackathons annuels, comme le « #DigitAg Challenge » organisé en 2017.

La Graduate School #DigitAg associera au meilleur niveau formation et recherche. Elle est équivalente à une Ecole Universitaire de Recherche (EUR). Intégrée à l’i-Site Muse, elle s’articule avec les EUR présentées par le projet Muse porté par l’Université de Montpellier, qui entend relever trois défis majeurs pour le XXIe siècle :
nourrir, protéger et soigner.

 

Six axes majeurs de recherche

 

Les axes de recherche annoncés lors de la création de l’Institut sont : l’impact des technologies de l’information et de la communication sur le monde rural (axe 1) ; les innovations en agriculture numérique (axe 2) ; les capteurs, acquisition et gestion de données (axe 3) ; le système d’information, le stockage et le transfert de données (axe 4) ; la structuration du Big data agricole (axe 5) ; la modélisation et la simulation (systèmes de production agricole, axe 6). Ces axes de recherches soulèvent également des défis sociétaux ou challenges à relever par la communauté scientifique #DigitAg.

Au nombre de huit, ils se répartissent en deux groupes distincts. Les quatre premiers (1 à 4) visent à améliorer la production agricole. Il s’agit de relever les challenges de l’agroécologie, du phénotypage rapide, de la protection des cultures et de penser les productions animales durables. Les quatre challenges suivants (5 à 8) visent tous à mieux intégrer l’agriculture dans la société. Il s’agit pour #DigitAg de définir les services de conseil agricole de demain, de mieux appréhender la gestion des territoires agricoles, d’intégrer l’agriculture dans les chaînes de valeur et de favoriser le développement agricole au Sud.

 

Les acteurs économiques sollicités

 

L’agriculture est aujourd’hui confrontée à un défi alimentaire majeur. Les nouvelles technologies constituent un levier puissant en émergence pouvant favoriser le développement et le déploiement de l’agriculture numérique en France, en Europe et dans les pays du Sud. #DigitAg propose ainsi un projet de recherche interdisciplinaire fortement tourné vers la valorisation et l’enseignement supérieur. Il s’appuie sur une forte interdisciplinarité des Sciences Pour l’Ingénieur (SPI, en particulier l’informatique, les mathématiques, l’électronique, la physique), des sciences du vivant appliquées, des sciences sociales et de la gestion.

Il entérine également une implication des acteurs de l’enseignement que sont l’Université de Montpellier, Montpellier SupAgro, Agro ParisTech et Acta. Ceux-ci sont en relation avec les universités des pays du Nord comme du Sud. Enfin, une collaboration dès l’amont est envisagée avec les acteurs économiques. Comme la SATT AxLR, le pôle de compétitivité Qualimed, l’Idate, Agriscope, Fruition Science, ITK, l’entreprise Smag, Pera-Pellenc, Terranis et Vivelys… avec le soutien de la Métropole Montpellier Méditerranée (French Tech).

 

Parmi les cinq premiers Instituts de convergences

 

Le 7 juillet 2016, le Commissaire général à l’investissement a confirmé les cinq projets lauréats sur les trente-six déposés lors de la première vague d’appel. Il s’agit de : #DigitAg, le Centre Turing des Systèmes Vivants (Université d’Aix-Marseille), Changement climatique et usage des terres (Université Paris-Saclay), l’Institut Langage, Communication et Cerveau (Université d’Aix-Marseille) et l’Institut de Convergence de l’Emergence des Pathologies à Travers les Individus et les Populations (Institut Pasteur)… En mars dernier, quatre nouveaux Instituts de convergences avaient été retenus, ce qui porte leur nombre à neuf.

 

A lire Seconde partie du dossier #Digitag




 

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