Jean-Paul DELEVOYE / Intervention au Congrès du CJD Montpellier 2012

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Article de Daniel CROCI paru dans l’Hérault Juridique & Economique du jeudi 2 août 2012. Abonnement

Justes combats ou justes causes ?

C’est ainsi que Jean-Paul DELEVOYE a débuté sa conférence. Extraits.

…” Nous devons être particulièrement attentifs à un moment extrêmement compliqué où l’ensemble des forces représentatives est souvent enclin à défendre ses intérêts au lieu de se battre pour des causes. Et c’est un des révélateurs de notre société moderne où le chacun pour soi l’emporte sur le chacun pour tous. Je disais récemment, il ne faut pas défendre les agriculteurs, il faut défendre l’agriculture. Et si la société comprend l’importance de l’agriculture, elle défendra les agriculteurs. Il faut défendre l’Entreprendre. Et si l’on a la culture de l’entreprendre, on défendra l’entrepreneur. Vous êtes beaucoup plus pertinents dans votre analyse (NDLR : vous les CJD) que vous ne l’imaginez. Je suis de ceux qui pensent que nous ne sommes pas en crise mais en métamorphose. Quand on sort de la crise, on retrouve la situation initiale. Chacun sait qu’après avoir surmonté les difficultés que nous connaissons sur le plan financier, sur le plan social, sur le plan économique… la société dans laquelle nous allons vivre n’aura plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui

(…/…)

Dans notre histoire, à chaque fois où il y a eu un renouvellement des énergies – nous en sommes à la troisième crise de ce type – accompagné simultanément d’un renouvellement des modes de transmission, les muta tions de société ont été rapides, brutales avec des chocs politiques, sociétaux, philosophiques, familiaux… extrêmement difficiles. C’est la raison pour laquelle, à la tête du Conseil Economique, Social et Environnemental, je n’ai de cesse de demander à chacun et chacune qui le compose, de bien vouloir réfléchir à la notion du temps long (…) le temps, est peut-être un des sujets sur lequel il faut que nous réfléchissions le plus. Nous étions dans une projection naturelle du passé qui construisait notre présent et participait à imaginer notre futur. Pour la première fois, notre futur sera la remise en cause de notre présent. (…)

Nos sociétés se construisent autour de trois grandes familles de sentiments…

…les peurs, les humiliations et les espérances. Nous sommes paradoxalement à un moment où les espérances collectives disparaissent. L’espérance communiste a pris fin avec la chute du mur de Berlin ! Les espérances libérales avec la chute de Lhemann Brothers ! Les espérances religieuses sont souvent rejetées par le poids des intégrismes et l’avancée des sciences. Et les espérances politiques apparaissent plus aujourd’hui comme des projets de conquête des pouvoirs qu’un pouvoir au service d’un projet de société. Quand il n’y a plus cette exploitation d’espérances collectives qui se traduit par une acceptation de conditions de vie plus difficiles – sans cette motivation – je suis victime de ceux qui exploitent les peurs – généralement les Droites – ou les humiliations – généralement les Gauches. Mais aujourd’hui, ces peurs et humiliations ne sont plus nourries par le politique mais par l’économique comme par exemple avec la peur de la disparition d’une entreprise. (…) Nous sommes sur une ligne de crête. (…) Nous avons aujourd’hui à réfléchir à la notion de résilience sociétale. Comment faire en sorte qu’une société puisse absorber, digérer et se reconstruire après des chocs terribles (…) La résilience sociétale n’a de ressources que dans la vitalité sociale, celle du terrain, celle de l’innovation prenant en compte les attentes, sachant comment les mobiliser… Ayant demandé au politologue Gilles KEPEL de questionner les jeunes des banlieues pour savoir quelle était l’administration pour laquelle ils avaient le plus de rejet, j’attendais comme beaucoup : un, la Police. La réponse fut : un, l’Ecole… ”.

> Extraits de l’intervention du 28 juin 2012 / Congrès 2012 du CJD, Montpellier. Retranscription : Daniel CROCI

Retrouvez l’intégralité de cet article dans l’HJE du 2 août 2012 n°2901. Voir le sommaire

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