Les premières Assises sciences-sociétés à Montpellier

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© Yves Topol, HJE 2017

Organisées par l’association Alliance Sciences Sociétés (Alliss) et la Maison des Sciences de l’Homme Sud (MSH Sud) du 3 au 5 juillet 2017 à Montpellier, les premières Assises sciences-sociétés ont ouvert la voie à un dialogue co-constructif entre le monde de la recherche et la société civile. Objectif : impulser des coopérations équitables entre les acteurs et renforcer le rôle de l’innovation dans le progrès social.

 

Exit la tour d’ivoire qui, traditionnellement, abritait les scientifiques, chercheurs ou professeurs d’université. L’habituelle diffusion des connaissances scientifiques du haut vers le bas, des « sachants » vers les « apprenants », inséparable d’un clivage hiérarchique, doit être aujourd’hui dépassée. Tel est le credo des premières Assises sciences-sociétés, réunies à Montpellier du 3 au 5 juillet. Lors des ateliers réunissant les chercheurs et scientifiques d’un côté, et les représentants de la société civile au sens large (associations, entreprises, syndicats, élus…) de l’autre, les questions « Comment construire ensemble la connaissance ? », « Comment construire ensemble l’action ? » se sont imposées. Des dispositifs participatifs ont pu être établis, et la capacité des organisations du monde socio-économique à mener elles-mêmes des recherches et à développer des innovations notamment sociales a été pleinement reconnue.

Une société du savoir transversal

Comme le souligne Philippe Augé, président de l’université de Montpellier, « l’heure est au décloisonnement de la recherche universitaire », ce décloisonnement devant être entendu non seulement comme une approche multidisciplinaire des phénomènes étudiés, mais aussi comme celui entre la recherche universitaire au sens large et la société civile. « C’est à un véritable dialogue qu’il faut aujourd’hui donner toute sa place. La recherche universitaire a aussi à apprendre de la société civile. Nous sommes aujourd’hui dans une société du savoir transversal », explique Frédéric Rousseau, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme Sud (MSH Sud) et professeur d’histoire à l’université Paul-Valéry.

Il précise que le « Sud » de MSH Sud signifie « Sciences unies pour un autre développement » et qu’il renvoie non seulement au sud de la France mais aussi aux rapports Nord/Sud. La réflexion porte donc également sur la mise en cause du modèle de développement tel qu’il s’est imposé au Nord. Dans leur dialogue avec les chercheurs et les scientifiques, les acteurs du Sud doivent se réapproprier leur avenir et indiquer la direction qu’ils veulent suivre.

© Yves Topol, HJE 2017

Cinq axes de recherche

Pour établir les thèmes des ateliers, les organisateurs ont fait appel à une démarche participative. Raphaëlle Anginot, chargée de mission Assises sciences-sociétés à la MSH Sud, explique : « Nous avons recensé une centaine de propositions émanant aussi bien des chercheurs que des associations Les grands thèmes de réflexion ont pu être identifiés et la synthèse a alors permis d’établir le programme selon cinq axes de recherche ». Ils étaient ainsi définis : construire des espaces de coopération ; renforcer les capacités de recherche-action de l’ensemble de la société ; faire de la connaissance un bien commun ; repenser le progrès ; et explorer et incuber de nouvelles propositions.

 

 

 

Inscrire la démarche dans le temps

Plus généralement, la démarche fondée sur le dialogue engagée à Montpellier du 3 au 5 juillet derniers doit être inscrite dans le temps. Lionel Larqué, délégué général d’Alliance Sciences Sociétés (Alliss), le dit avec force : « Il faut aujourd’hui convaincre les acteurs économiques et sociaux de leur légitimité à connaître les résultats du travail scientifique et à en discuter. Et il faut aussi convaincre les responsables politiques d’inscrire dans la durée le dialogue entre sciences et sociétés ». Les participants aux ateliers en sont déjà convaincus puisqu’à l’issue d’un sondage réalisé le 5 juillet, 100 % d’entre eux disaient ressentir le besoin de poursuivre cette démarche. D’autres Assises Sciences-Sociétés auront donc lieu. Peut-être tous les deux ans. Les modalités restent à fixer.


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